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Paris vaut-il une chaîne ?

12/04/2007 - par Bruno Fraioli

Pas moins de 28candidats espèrent décrocher l'une des 4fréquences de la TNT en Île-de-France. Le marché publicitaire sera-t-il suffisant pour faire vivre ces chaînes ?

Les dés sont jetés pour les 28candidats à l'une des 4fréquences sur la télévision numérique terrestre d'Île-de-France. Ils ont tous été auditionnés par les membres du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), qui feront leur choix dans les prochaines semaines, probablement après l'élection présidentielle. Les premières chaînes autorisées pourraient démarrer avant la fin de l'année. L'enjeu est de taille. Avec ses 11 millions d'habitants, la région parisienne est un marché incontournable pour les annonceurs. « C'est le premier bassin économique français », rappelle Éric Trousset, directeur marketing du pôle investissements publicitaires de TNS Media Intelligence. D'où le nombre élevé de candidats. Mais le gâteau publicitaire sera-t-il suffisant pour faire vivre 4 chaînes régionales ?

Trouver un modèle économique

Selon TNS Media Intelligence, les médias d'Île-de-France ont enregistré un chiffre d'affaires publicitaire de 1,4 milliard d'euros brut en 2006. L'essentiel est généré par l'affichage (635 millions d'euros) et la presse (586 millions), quotidiens gratuits inclus. Les décrochages locaux des radios ont, eux, recueilli un chiffre d'affaires plus modeste (209 millions). Quant à la télévision, c'est-à-dire uniquement quelques écrans publicitaires régionaux sur France 3, elle est quasiment inexistante : 4 petits millions. Cette part peut-elle grossir ?

« L'Île-de-France est un marché en attente d'offres nouvelles, répond Éric Trousset. Le succès des quotidiens gratuits le prouve. Mais je crains que les TV locales ne développent pas ce marché publicitaire francilien et qu'elles prennent plutôt des parts aux autres médias. » Une inquiétude qui, justement, a fait renoncer Le Parisien à son projet. « Le modèle économique est extrêmement difficile à imaginer, explique Jean Hornain, directeur général du quotidien. L'Île-de-France est une région qui n'a pas d'identité. C'est également la zone où la concurrence entre médias est la plus forte et la consommation TV la plus faible. » Mais le quotidien du groupe Amaury n'a pas tout a fait jeté l'éponge : il envisage d'apporter l'appui de ses bureaux régionaux à un opérateur, et sa régie publicitaire, Manchette, est aux côtés du projet IDF 1, porté par Jean-Luc Azoulay et Netgem.

Ce dernier est l'un des poids lourds des 28 candidats, avec C22 (TF1, La Poste), LTF (NRJ, Télif), Groupe Hersant Média associé à Lagardère, et BFM Paris TV. Tous ne ­seront pas élus. Le CSA devra trancher en prenant en compte deux facteurs : le pluralisme éditorial et la viabilité économique. Concernant le premier point, il devrait réserver au moins une fréquence à une chaîne associative (la moitié des dossiers présentés). Les projets, dont plusieurs tournent autour des problèmes de développement durable et de citoyenneté, pourraient se regrouper et se partager les horaires de diffusion.

Pour les autres fréquences, le choix promet d'être difficile car tous les dossiers ou presque proposent un traitement de l'information culture et loisirs et des débats de société. En raison de sa diversité et de son étendue, la région parisienne est sans doute le bassin d'audience qui se prête le moins à la définition d'une chaîne d'information générale régionale. Les principaux candidats tablent d'ailleurs sur des recettes publicitaires inférieures à 15 millions d'euros annuels d'ici à 5 ou 6 ans (à l'exception de TF1-La Poste, qui annonce 35 millions). Insuffisant pour un tel projet.

www.csa.fr

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