Vous êtes ici

Pour bénéficier des alertes ou des favoris, vous devez vous identifier sur le site :

Vous avez déjà un identifiant sur stratégies.fr ? Identifiez-vous

Pas encore d'identifiant ? Créez vos identifiants

Splendeurs et galères du journaliste cannois

17/05/2007 - par Bruno Fraioli et Delphine Le Goff

Le Festival de Cannes est un des événements les plus médiatiques au monde. Ce qui peut transformer sa couverture en un parcours du combattant pour les journalistes.

Quelle est votre couleur ? Rose, bleu, avec ou sans pastille ? La question est cruciale au 60e Festival de Cannes, qui se tient du 16 au 27 mai. Votre badge est jaune ? Dommage : vous êtes le tiers état du Festival, estimez-vous heureux de décrocher un strapontin pour un film biélorusse. Rose ? C'est déjà mieux, vous attendrez moins dans les files. Sans pitié, le nuancier des sept couleurs déterminant les accréditations des journalistes s'échelonne entre grande galère et accès direct au monde des stars. « Le must, c'est le badge blanc : vous entrez partout, c'est celui des directeurs de rédaction », explique Sophie Grassin, rédactrice en chef de Première. Cruauté de la mondanité... Un simple coup d'oeil suffit donc à identifier le journaliste qui vaut le coup : badge rose, on vous regarde dans les yeux ; badge jaune, vous êtes transparent. Le système est quasiment plus subtil que l'étiquette de la cour de Versailles sous Louis XIV, mais il faut bien cela pour cadrer quelque 3 500 journalistes attendus à Cannes. Le Festival est en effet le deuxième plus gros événement médiatique mondial, après les Jeux olympiques.

Frédéric Cassoly, le responsable de la presse audio- visuelle, doit veiller sur plus de 2 600 journalistes TV et radio, chiffre qui inclut 400 photographes. Pas vraiment une sinécure. « Pendant le Festival, je suis rarement à mon bureau car il faut gérer les trois ou quatre " photos-calls " quotidiens, les montées des marches et les conférences de presse », explique-t-il. Ainsi que les demandes extravagantes... « Nous venons de refuser à un photographe de survoler le Palais en deltaplane. » Toutefois, depuis quatre ou cinq ans, le calme semble s'être installé chez les photographes. « Surtout depuis que nous sommes placés via un numéro », indique Mano, photographe de Télé star et Télé poche. Titulaire du 18, ce vétéran du Festival a connu les foires d'empoigne entre confrères devant les marches. « Il fallait s'installer très tôt et ne plus bouger, sous peine de se faire piquer sa place, explique-t-il. Il y avait beaucoup de bagarres. » Aujourd'hui, Mano est plus serein... et mieux placé. Mais avec son badge orange, il reste sur les côtés du tapis rouge et ne peut pas avoir accès aux marches, comme la dizaine de ses confrères, les « argentés », en raison de la couleur de leur accréditation, un sésame accordé aux principales agences de presse internationales... et à Nice Matin, le quotidien local.

Une ville envahie de « Gremlins »

Avec son smoking, « acheté chez Prisunic », Mano a également vécu la révolution numérique. « Avant, une fois la montée des marches réalisée, nos pellicules étaient confiées à un motard qui filait à l'aéroport de Nice pour trouver un voyageur sympathique susceptible d'apporter le colis à Paris. Maintenant, je trie les clichés, dix mille pris sur quinze jours, je les retravaille et les envoie via Internet à la rédaction. » Du coup, le dîner est à minuit. Autres temps, autres moeurs... Mano est nostalgique d'une époque, celle où l'on pouvait croiser Orson Welles sur la plage prenant son petit déjeuner. « Ce n'est clairement plus possible pour des raisons de sécurité », regrette le photographe. D'autant qu'il doit maintenant faire face à la concurrence des « Gremlins », ces festivaliers amateurs qui, l'appareil greffé à la main, connaissent mieux que lui les emplois du temps des stars.

Envoyer par mail un article

Splendeurs et galères du journaliste cannois

Séparer les adresses par des virgules
M’envoyer une copie par e-mail
Email this Article

Thank you for your interest in spreading the word about Stratégies.

NOTE: We only request your email address so that the person you are recommending the page to knows that you wanted them to see it, and that it is not junk mail. We do not capture any email address.