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Bienvenue aux clubs

06/09/2007 - par Delphine Le Goff

Après My Space, Facebook est le nouveau réseau social où il faut être. Un engouement de plus dans un univers où les internautes sont particulièrement volages.

Il va falloir choisir son camp. ­Déménager, au besoin, ses précieuses photos de vacances et autres listes de groupes préférés pour rejoindre le dernier salon en vogue : Facebook, le réseau social qui fait trembler My Space. Lancé en 2004 à l'université de Harvard par un étudiant, Mark Zuckerberg, Facebook (« trombinoscope », en anglais) se voulait le cénacle des élèves les plus studieux d'Amérique, où l'on n'entrait que par cooptation. En septembre, ce « trombi » des premiers de la classe s'est ouvert au vulgum pecus. On ne peut pas dire que l'esprit festif et rock'n roll de My Space souffle dans les pages de Facebook, dont le design épuré joue sur de subtils camaïeux de gris. Mais qu'importe : le nombre d'adolescents de 12 à 17 ans disposant d'un profil sur ­Facebook a bondi de 149 % l'an passé, selon une étude de Com Score Media Metrix, tandis que My Space a perdu 27 % de ses membres de moins de 18 ans. Si ce dernier continue de recevoir deux fois plus de visiteurs uniques que son concurrent bon chic bon genre, il fait aujourd'hui figure de cercle des internautes disparus. Même son propriétaire, Rupert ­Murdoch, qui n'a pas hésité à débourser 580 millions de dollars en 2005 pour se l'offrir, l'a reconnu dans une interview au Wall Street Journal en juin dernier : « En ce moment, tout le monde va sur Facebook. »

Peut-être pas à strictement parler tout le monde. Selon une sociologue américaine spécialiste des réseaux sociaux, Danah Boyd, ce sont les meilleurs éléments du système scolaire américain, les élèves ambitieux qui rêvent d'intégrer les universités les plus cotées du pays, qui se sont rué en masse sur Facebook. Restent sur My Space « les punks, les gothiques, les " arty "», les fans de rap, bref, tous ceux qui n'entrent pas dans la course à la popularité des écoles américaines », écrit la chercheuse de Berkeley dans un essai intitulé Viewing american class divisions through Facebook et My Space (« Perspective sur la lutte des classes à travers Facebook et My Space »). Rupert Murdoch sera certainement ravi d'apprendre qu'il a payé à prix d'or le réseau favori de ceux qui roupillent près du radiateur au fond de la classe.

Mythe des origines

Ce qui est sûr, c'est que l'exode de My Space vers Facebook est l'illustration d'un phénomène plusieurs fois observé dans les réseaux sociaux : l'extrême volatilité des internautes. Friendster, l'un des vétérans, a déjà vu sa fréquentation chuter vertigineusement il y a trois ans au profit de My Space. « Dans ces sites, il existe une sorte de mythe des origines, d'où naît le désir d'en être : les racines universitaires pour Facebook, la coloration rock de My Space, constate Stéphane Hugon, docteur en sociologie et chercheur au Centre d'études sur l'actuel et le quotidien (CEAQ) de la Sorbonne. Une fois que l'histoire des origines se dilue, l'envie d'y figurer diminue. »

Sur les réseaux sociaux du Net, on peut vérifier le vieil adage : qui trop embrasse mal étreint. « Il existe un phénomène de masse critique, de nombre d'or, souligne Stéphane Hugon. Quel est l'intérêt de rester sur My Space lorsqu'on y a 4 800 amis ? Dans ce cas-là, soit on éclate en sous-communautés, soit on va ailleurs. Ce qui attire les internautes, c'est la promesse de rester entre soi. Quand tout le monde a accès à un réseau, le désir d'en faire partie s'éteint. » Sur Internet, peut-être plus qu'ailleurs, on peut encore une fois apprécier la fameuse formule de Groucho Marx : « Jamais je ne voudrais faire partie d'un club qui m'accepterait comme membre »...

www.danah.org

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