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« La télé mobile peut concilier gratuité et paiement »

27/09/2007 - par Entretien : Amaury de Rochegonde

Le gouvernement vient de lancer le chantier de la télévision mobile personnelle (TMP). Dans sa première interview de rentrée, Michel Boyon, président du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), plaide pour une approche pragmatique des modèles économiques de cette nouvelle télévision.

Le gouvernement a donné le coup d'envoi de la télévision mobile personnelle (TMP) en choisissant notamment la norme de diffusion DVBH. Le calendrier permet-il un lancement pour les JO de Pékin ?

Michel Boyon. L'appel à candidatures sera lancé avant la fin octobre pour une diffusion avant la fin 2008. Si on veut accélérer le processus pour un lancement le 08/08/08 à 8 h 08, ouverture officielle des Jeux olympiques à Pékin, les opérateurs doivent tenir les délais. On ne peut faire aucun reproche au CSA : nous avons lancé la consultation publique sur la TMP alors même que la loi, votée le 5 mars dernier, était en discussion. En est ressorti un consensus sur la bande de fréquences et la norme. Maintenant, nous allons instruire les dossiers et procéder aux auditions publiques, mais pour le respect des délais, la balle est plutôt dans le camp des opérateurs.

La TMP sera-t-elle payante ou gratuite ?

M.B. On constate encore des divergences de la part des opérateurs. D'abord, il s'agit de savoir qui construit le réseau. Canal + dit que ce rôle incombe à l'éditeur de chaînes, d'autres qu'il vaut mieux s'adresser à un opérateur qualifié, comme TDF, ou à un opérateur télécoms. Cela peut avoir certaines conséquences car s'il devait y avoir plusieurs réseaux, ce serait plus compliqué et plus onéreux pour tout le monde. Autre divergence : certains disent que, à l'exemple de la Corée du Sud, c'est la TMP gratuite qui marchera le mieux. D'autres soutiennent qu'il est plus raisonnable de demander une contribution à l'utilisateur. Sept euros pour une quinzaine de chaînes semble presque faire l'unanimité.

Vous, qu'en pensez-vous ? Et va-t-on aller au-delà des 30 % de la population couverte ?

M.B. Le CSA n'a pas de position encore arrêtée, mais je pense qu'on peut faire coïncider les deux modèles comme pour la TNT. C'est le cas de la Corée, qui compte 7,5 millions d'utilisateurs, dont 85 % en gratuit et 15 % en payant. Mais n'extrapolons pas. Le CSA sera attentif concernant la viabilité économique des projets. Naturellement, notre souhait est que la TMP soit accessible au plus grand nombre. Mais si nous devons constater dans deux ans qu'elle ne marche pas et que nous devons repartir de zéro, ce serait du gâchis. Le temps de la concertation n'est pas du temps perdu.

Le passage au numérique en 2011 va permettre de libérer des fréquences analogiques. Opérateurs télécoms et diffuseurs audiovisuels se disputent ce « dividende numérique ». Ne considérez-vous pas normal que cet espace hertzien libéré revienne à l'audiovisuel ?

M.B. Je ne suis animé que par l'intérêt général. La question du dividende numérique nécessite un débat public. Nous n'avons aucun a priori entre ce qui sera attribué à l'audiovisuel, à la Défense ou aux télécoms. S'il faut déplacer le curseur, on le déplacera. Simplement, le moment n'est pas venu. D'abord parce que diffusions analogique et numérique vont coexister jusqu'au 30 novembre 2011. Pour assurer cette coexistence, le CSA a besoin d'une large part des fréquences qui lui sont allouées. Si on lui en retirait une partie d'ici à 2011, c'est l'existence même du dividende numérique qui serait mise en cause. On ne peut prendre aucune décision de prélèvement sur les fréquences audiovisuelles pendant cette période intermédiaire. On ne sait pas en quoi va consister le dividende numérique, il sera d'ailleurs variable suivant les régions. Tout va dépendre du travail de planification des fréquences. Plus on avancera, plus on y verra clair. Mais je constate qu'il y a de fortes pressions pour qu'on prenne des décisions par anticipation. Je trouve cela déraisonnable.

Le CSA est-il prêt à faire un effort ?

M.B. Si le CSA peut assurer à la fois la généralisation de la TNT, le passage à la haute définition, la TMP, la radio numérique et les chaînes locales, comme la loi le lui demande, il n'y aura aucun problème pour qu'on attribue des fréquences à un autre secteur. Selon la loi, ce sera au Premier ministre de faire le choix. Quoi qu'il en soit, il faut dépassionner cette affaire. Je vois une sorte d'agitation sur ce sujet, comme si l'on voulait faire pression sur les pouvoirs publics alors qu'il n'y a pas le début du commencement d'un embryon d'urgence.

Vous aviez annoncé que le CSA se pencherait sur la « call TV », ces émissions aux appels téléphoniques surtaxés. Où en est-on ?

M.B. Cette télé-tirelire est tout sauf de l'épargne ! Parfois, c'est une annexe aux programmes diffusés. Le CSA est intervenu en 2002 à propos des émissions de télé-réalité, demandant que l'incitation à l'appel soit discrète, ponctuelle et se situe dans le prolongement du programme. C'est à peu près respecté. La nouveauté, ce sont des émissions spécialement conçues autour de jeux avec appels surtaxés. On est au carrefour de la réglementation sur la publicité clandestine, de la législation sur les loteries et de la protection du consommateur. En octobre, la Cour de justice des communautés européennes dira si la télé-tirelire est assimilable au télé-achat. Nous ne resterons pas inertes et nous prendrons des mesures pour protéger le télé-spectateur. J'aimerais aussi rappeler aux dirigeants de chaînes les missions sociales et culturelles qui sont les leurs.

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