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La BBC inspire le gouvernement

11/10/2007 - par Amaury de Rochegonde, à Cannes

Christine Albanel a annoncé au Mipcom une refonte de la loi sur l'audiovisuel. Le modèle de la BBC semble donner des idées à l'Élysée... mais la publicité devra être au rendez-vous.

Il n'y a qu'un seul ministre de la Communication et ce n'est pas Georges-Marc Benamou, le très volubile conseiller de l'Élysée. Christine Albanel l'a rappelé, le 8 octobre, à l'occasion de sa visite au Marché international des contenus audiovisuels (Mipcom), à Cannes. Au cours d'un point presse, elle a pris l'initiative d'annoncer quatre grands chantiers visant à refondre la loi de 1986 sur l'audiovisuel. Le premier concerne le groupe France Télévisions, à propos duquel la ministre s'est montrée d'ailleurs peut diserte, se contentant d'appeler à « l'infléchissement culturel » du groupe. Interrogée sur le projet de fusion des chaînes publiques, elle a répondu qu'il fallait réfléchir aux synergies possibles entre supports et à « tout ce qui relève du holding et des chaînes ». De fait, l'Élysée travaille déjà sur la réorganisation de la société publique sur le modèle de la BBC, de façon à rapprocher davantage France 2 et France 3 pour générer des économies. Les rédactions seraient même priées de se regrouper et de « mutualiser leurs moyens ».

Média sous-investi

Pas question en revanche d'imiter la « Beeb » en ce qui concerne le non-­recours à la publicité. Si Christine ­Albanel n'a pas exclu une hausse à terme de la redevance, elle compte surtout sur la transcription de la directive Télévisions sans frontières pour apporter des ressources nouvelles aux chaînes. C'est le second chantier de la ministre. Le passage de l'heure mobile (12 minutes de pub toutes les 60minutes) à l'heure d'horloge (12minutes de pub à chaque heure fixe) est une subtilité qui permettrait, selon Patrick de ­Carolis, président de France Télévisions, d'apporter « 120 à 150 millions d'euros » à TF1, contre dix fois moins pour son groupe. Mais, selon la ministre, avec quelque 35 % des dépenses des annonceurs, la télévision est un média sous-investi : « Le marché ne va pas suffisamment vers les médias audiovisuels. » Voilà qui devrait plaire aux syndicats de presse, qui s'étaient émus du projet (avorté) de coupure publicitaire dans les programmes de flux chez France Télévisions...

Enfin, outre un ravalement du dispositif anticoncentration, troisième chantier qui pourrait faire sauter le verrou de 49 % sur la part d'un ­actionnaire dans le capital des chaînes et favoriser le développement de groupes puissants dans plusieurs médias, un quatrième et dernier chantier vise à refondre la ­relation entre producteurs et diffuseurs. Une mission a été ­confiée en ce sens à David Kessler, directeur de France Culture, et au député ­Dominique Richard. Il s'agit là encore d'imiter la BBC, grande vendeuse de programmes, en laissant aux chaînes la possibilité d'acheter ou de céder des droits, et de les diffuser comme elles l'entendent sans leur imposer une part de production indépendante aussi importante (les deux tiers de leurs investissements) que le prévoient les décrets Tasca de 2001. La nouvelle loi est ­attendue « courant 2008 ».

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