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So rugby

18/10/2007 - par Anne-Lise Carlo

Le mensuel Attitude Rugby, qui tient la chronique d'un sport devenu tendance, s'attache autant au choc des corps qu'à l'esprit du jeu. Et aux corps de choc autant qu'au jeu de l'esprit.

Il filtrait dans la nuit dionysienne un parfum de crime. Il flottait une odeur de sang chaud, de règlement de comptes. » Quand le journaliste Olivier Villepreux, fils de l'ancien international Pierre Villepreux, relate la défaite des Bleus face aux Pumas argentins dans le dernier numéro d'Attitude Rugby, on est loin du compte-rendu sportif classique. Le style est soigné, les envolées lyriques mais le commentaire technique reste précis. On s'imagine que le magazine saura encore trouver les mots pour narrer la défaite du XV tricolore face à l'Angleterre, samedi 13 octobre. Mêler transpiration et réflexion, c'est depuis sa création en 1997 l'ambition d'Attitude Rugby, qui se vend chaque mois à 40 000exemplaires (dont 5 000 par abonnement).

Dans la presse sportive, les articles où la plume du journaliste s'envole au rythme des mêlées et des arrêts de jeu ne sont plus de saison. Les Antoine Blondin et autres journalistes sportifs romanciers ont disparu des rubriques sport des quotidiens. « Jusque dans les années 60-70, les grandes plumes ont bâti leur réputation sur un style proche de l'épopée, analyse Frédéric Sugnot, journaliste sportif. La télévision et l'image n'avaient pas encore un rôle prégnant. Internet n'existait pas et si on n'avait pas eu la veille l'oreille collée au poste de radio, il fallait attendre le lendemain le compte-rendu dans le journal. Aujourd'hui, lors d'un événement, on sait tout dans la minute ou presque. L'information sportive a évolué, sans pour autant s'appauvrir. »

À fleur de peau

À contre-courant, Michel Birot, photographe, fondateur et rédacteur en chef d'Attitude Rugby, préfère jouer avec la frontière du roman, faisant appel à d'anciens journalistes de L'Équipe autant qu'à des écrivains. « Depuis le départ, notre idée n'est pas d'être dans le scoop mais dans l'esprit rugby. Nous voulons raconter ce sport dans sa violence, sa solidarité mais aussi son fair-play, explique-t-il. Être dans la polémique comme le magazine So foot, cela ne nous intéresse pas. » Pour le fondateur d'Attitude Rugby, ce qui marche pour le ballon rond ne vaut pas pour le ballon ovale. Le titre, qui se définit comme un « magazine masculin de sports et de société », s'est attaqué à d'autres disciplines (voile, golf, foot et surf) mais avec moins de succès. Ces diversifications sont aujourd'hui « en sommeil ».

Attitude Rugby n'est pas qu'un mensuel aux textes soignés. C'est aussi un bel objet, fait pour séduire un public très CSP +, et avec lui les annonceurs. Le photographe Michel Birot a su rendre son magazine, où le noir et blanc prédomine, agréable à la vue. Des corps en pleine action, des pages mode qui transforment les joueurs du XV de France en mannequins... et des auteurs à fleur de peau, comme la romancière Anne Parlange qui écrit : « Le duvet de mes avant-bras se dresse, le souffle me manque, mon coeur cogne dans ma poitrine, et tout ça sans que mon cerveau ait donné aucune autorisation. Dès que les garçons entrent sur la pelouse, je fonds. » De bonnes recettes pour séduire des publics plus à la marge : « Nos lecteurs sont à 30 % des lectrices, et nous avons aussi un public homosexuel », détaille Michel Birot. Le magazine enregistre ainsi sa meilleure vente en kiosques dans le quartier du Marais, à Paris.

Avec tout cela, on ne sera pas surpris de constater qu'Attitude Rugby fait également recette auprès des annonceurs (31 pages de publicité dans le dernier numéro). « Eden Park a été le premier à nous faire confiance, en 1998. Depuis, nous attirons majoritairement les grandes marques automobiles comme Audi ou Mercedes », explique Jacques Pauper, directeur commercial du magazine. Sur ce terrain aussi, l'esthétique prédomine : le titre, qui est au départ une agence photo (Sports Attitude), vend également ses propres visuels à ses annonceurs. L'intérêt : conserver une unité graphique. « La publicité est un mal nécessaire qui ne doit pas casser l'esthétique du magazine », estime Jacques Pauper. Le cliché de couverture du numéro d'octobre - une bise de son épouse à Sébastien Chabal, très La Belle et La Bête - résume l'ambition du mensuel : être la vitrine esthétique et pointue d'un sport de combat sensuel.

www.attitude-rugby.com

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