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RFI redoute une fusion à risque

01/11/2007 - par Muriel Signouret, à Yaoundé

Georges-Marc Benamou et Jean-David Levitte, conseillers de l'Élysée, sont chargés de remettre leur rapport sur l'audiovisuel extérieur français au président de la République à la mi-novembre.

Il y a un avant et un après. Depuis la création de France 24, la « radio mondiale » redouble d'efforts pour démontrer sa pertinence. Dernier exemple en date : l'organisation de sa conférence de rentrée, le 18 octobre, en Afrique. C'est la première fois en trente ans d'existence que la station se déplace pour présenter sa grille de programmes sur ce continent, qui constitue pourtant son principal bassin d'audience avec, selon RFI, 25 millions d'auditeurs.

Logique de cible contre modèle géographique

À l'Esstic, l'école de journalisme et de communication de Yaoundé, au Cameroun, la délégation RFI entonne un discours optimiste, chiffres à l'appui : hausse de 40 % d'audience en un an dans le pays, prédominance de la radio d'Abidjan à Kinshasa, etc. Mais, quand Antoine Schwarz, le PDG, présente le Cameroun comme « un pays de liberté et de démocratie » alors que le chef de l'État Paul Biya entame sa vingt-cinquième année au pouvoir, les journalistes africains se crispent et ruminent les questions qui fâchent. « Votre radio n'est-elle pas finalement un moyen sophistiqué d'impérialisme sur le continent ? », demande l'un d'entre eux. Et Antoine Schwarz de rappeler que la vocation de RFI est de traiter l'actualité internationale et panafricaine, ce que les radios africaines n'ont pas les moyens de faire...

Il n'en reste pas moins que la station conserve son rôle d'agence de coopération par le biais, notamment, d'Ordispace, un système par satellite d'une valeur de 1 200 euros permettant aux radios locales qui le souhaitent de recevoir les programmes de RFI. Plus de 200 petites stations privées peuvent ainsi diffuser RFI au fin fond de la brousse africaine.

Un public que France 24 ne pourrait sans doute pas toucher, en aurait-elle la volonté. Car celle que l'on a longtemps baptisée « la CNN à la française » s'inscrit davantage dans une logique de cible que géographique. Alain de Pouzilhac, président de la chaîne et ancien patron du groupe publicitaire Havas, s'adresse d'abord aux leaders d'opinion. De quoi gagner rapidement en respectabilité et... en publicité (la chaîne a engrangé cette année 2 millions d'euros de recettes publicitaires). Pour mieux s'adapter aux usages des décideurs, elle a également montré dès le départ sa préférence pour les nouveaux médias, en se lançant par exemple sur Internet avant d'être diffusée sur les canaux traditionnels. France 24 affiche 3,5 millions de visiteurs uniques en septembre 2007 quand le site de RFI en compte 913 000, selon Xiti...

Malgré ces différences de stratégie, Antoine Schwarz, qui entend bien oeuvrer avant de prendre sa retraite en août prochain pour que RFI ne soit pas la victime de la réforme de l'audiovisuel extérieur, persiste et signe : un rapprochement entre sa station, France 24 et TV5 est souhaitable. Mais il plaide pour la création d'un holding de type France Télévisions - un scénario que privilégie la ministre de la Communication Christine Albanel- tandis que le rapport qu'il a commandé aux journalistes Olivier Da Lage et Xavier Panon préconise une fusion. « Cette dernière ne concernerait que les correspondants à l'étranger et les envoyés spéciaux », tempère Albéric de Gouville, rédacteur en chef à RFI. Un optimisme que tout le monde ne partage pas à la rédaction, où l'inquiétude prédomine. « Ce serait le mariage de la carpe et du lapin, tempête Daniel Desesquelle, qui suit le dossier de près en tant que militant SNJ. À terme, nous craignons un appauvrissement de la radio au profit de la télévision. Pourquoi ne pas plutôt rapprocher RFI de Radio France et France 24 de France Télévisions ? »

Le scénario de la fusion n'est pas non plus du goût de France 24. Son PDG, appuyé par les syndicats, rappelle que « chaque marque a sa culture d'entreprise et ses spécificités ». Au président de la ­République de trancher au vu du rapport que lui remettront le 15 novembre ses conseillers Georges-Marc Benamou pour l'audiovisuel et Jean-David Levitte... pour la ­diplomatie.

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