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Benamou préconise la création d'une « fabrique multimédia »

29/11/2007 - par Amaury de Rochegonde et Muriel Signouret

Le rapport sur l'audiovisuel extérieur, que Georges-Marc Benamou vient de rendre au chef de l'état, propose la constitution d'une holding coiffant RFI, TV5 et France24.

Sans surprise, c'est la création d'une société holding coiffant RFI, TV 5 et France 24 que recommande le conseiller de l'Élysée pour l'audiovisuel, Georges-Marc Benamou, appuyé par Jean-David Levitte, son homologue pour les affaires étrangères. Trop de tutelles et d'interlocuteurs, pas assez de cohérence : tel est le constat qui ressort du rapport soumis cette semaine à l'arbitrage du chef de l'État. Le remède ? « Une marque ombrelle », sous la tutelle simplifiée de l'Association des participations de l'État, et dont le nom reste à déterminer avec le concours d'Ipsos Marques et de Publicis. Il s'agit dès 2008 de rassembler toutes les fonctions « supports » et, sur un portail commun, les activités Internet.

Quant aux rédactions de RFI, de France 24 et de TV 5, elles seront incitées à se rapprocher : « Tout en respectant la singularité de deux entreprises, il faudrait que leurs rédactions travaillent plus souvent ensemble dans le souci d'un plus grand rayonnement de l'audiovisuel français et francophone », indique Georges-Marc Benamou à Stratégies. Si le conseiller appelle à un rapprochement des correspondants avec les bureaux de France Télévisions (sans oublier l'AFP), le fer de lance de cette refonte est la constitution d'une « grande fabrique de l'information multimédia ». Des journalistes pourraient donc être appelés à servir plusieurs supports. « Il n'est pas question de forcer quiconque à devenir multimédia, précise-t-il. Je préconise que ce soit sur la base du volontariat. Mais je regretterais qu'un bon journaliste de radio se prive de l'opportunité de faire de la télé et inversement. » Du côté de la distribution, il s'agit aussi d'en finir avec les guerres commerciales qui, parfois, se sont faites « sur le dos du contribuable ». En Israël, France 24 en serait par exemple arrivée à faires des offres alléchantes pour déloger TV 5 d'un bouquet de chaînes... « Je serais ravi que les présidents actuels nous accompagnent avec loyauté dans la réalisation de cette ambition. Il faut sortir des guerres picrocholines stériles. »

Au total, l'audiovisuel extérieur français représente aujourd'hui 360 millions d'euros, un budget supérieur à celui de la Deustche Welle et équivalent à celui de BBC World. Georges-Marc Benamou compte donc sur la holding pour réaliser des économies à hauteur de « 26 millions d'euros ». Par réduction d'effectifs ? « Des fonctions seront revues. Mais le but n'est pas maladivement de revoir les effectifs, répond-t-il. C'est plus une question de bonne gestion dans le cadre d'un projet intégrant la révolution numérique. »

En fait, il souhaite réinvestir le produit des synergies dans le lancement de chaînes thématiques sur le sport, la jeunesse, l'art de vivre ou l'enseignement du français, dans l'édification d'un politique de marketing mondiale agressive et dans des services délinéarisés (catch-up TV, VOD). Sans compter que ces ressources nouvelles seront complétées par la manne publicitaire apportée par une régie, intégrée ou non. Selon les prévisions, cette dernière pourrait engranger 30 millions d'euros de chiffre d'affaires d'ici trois à quatre ans, à égalité sur les antennes et sur Internet. Pour augmenter ces recettes, George-Marc Benamou n'exclut pas de faire appel à des actionnaires privés sur des projets ou de proposer à ses partenaires francophones des participations majorées.

« Francophonie modernisée »

Pour l'heure, certains d'entre eux regardent d'un oeil suspicieux les manoeuvres du gouvernement français. TV 5 Monde pourrait donc constituer un sérieux obstacle à la réforme de l'audiovisuel extérieur français. Lors de la conférence ministérielle de la chaîne, qui a réuni le 9 novembre à Lucerne les représentants de la Suisse, du Canada, du Québec et de la Belgique, l'arrogance française a été épinglée. Des critiques balayées par le conseiller élyséen : « Cela relève du fantasme et du procès d'intention. Nous sommes soucieux du rayonnement de la francophonie, pas de l'hégémonie française. » Il estime d'ailleurs avoir donné des garanties à TV 5, dont l'identité et l'autonomie seront préservées. Mais il imagine une « francophonie modernisée ». Ainsi, si les journaux télévisés seront toujours alimentés par les différents participants, rien n'empêchera la chaîne de puiser dans le fonds de l'audiovisuel extérieur français. « Même si notre proposition n'est pas acceptée par nos partenaires francophones, la réforme de l'audiovisuel français avancera, conclut Georges-Marc Benamou. Pour rivaliser avec les télévisions importantes du monde, il faut prendre des leçons de l'hégémonie anglo-saxonne. L'audiovisuel français doit être plus objectif, plus moderne et loin de toute guerre de religion. »

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