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L'avenir du groupe Le Monde en question(s)

10/01/2008 - par Muriel Signouret

Le groupe de presse, après la démission surprise du directoire le 19 décembre, a replongé dans la crise. Une réunion du conseil de surveillance doit se tenir au plus tard le 15 janvier.

Confirmée le 4 janvier, la démission de Pierre Jeantet, le président du directoire du groupe Le Monde, et de Bruno Patino, son vice-président, jette de nouveau le quotidien et ses magazines dans la crise. L'avenir de l'entreprise est désormais entre les mains d'Éric Fottorino, directeur du quotidien, qui a finalement repris sa démission du directoire pour empêcher la nomination d'un administrateur judiciaire. Il demande à être nommé président du directoire par le conseil de surveillance, le 15 janvier. Et sans doute pas à titre très provisoire puisque les statuts du groupe prévoient un mandat pour six ans. Mais nombre de questions restent en suspens.

Quel rôle Alain Minc joue-t-il dans la crise ?

Poussé vers la sortie par la Société des rédacteurs du Monde (SRM), qui s'est opposée à sa réélection en juin dernier, le président du conseil de surveillance pourrait bien tenir sa revanche dans cette énième crise de gouvernance. En tout cas, il semble vouloir jouer les trublions avant de quitter son poste d'ici au 31 mars. C'est en effet à Alain Minc que l'on doit l'idée de nommer un administrateur judiciaire.

Quelles sont les ambitions d'Éric Fottorino ?

C'est précisément pour écarter le scénario d'un administrateur judiciaire qu'Éric Fottorino a repris sa démission. Il demande à Alain Minc de le nommer président du directoire. Un mandat qu'il devra occuper pendant six ans, selon les statuts du groupe. Pour prouver sa bonne foi, Éric Fottorino a indiqué lors de ses voeux aux salariés le 7 janvier qu'il renonçait à l'augmentation de sa rémunération. En tout cas, Bruno Patino, vice-président du directoire, ne lui fera plus d'ombre. Il assure aujourd'hui que, pour lui, l'aventure du groupe Le Monde est terminée, même s'il reste président de Télérama, de sa régie publicitaire Publicat et du Monde interactif.

Que va devenir Pierre Jeantet ?

Las de ses relations avec la SRM, Pierre Jeantet jette l'éponge six mois après sa prise de fonctions, fustigeant « l'ingouvernance » du groupe. Mais, à soixante ans, il n'entend pas rester inactif. Un temps pressenti pour retourner à Sud-Ouest, dont il fut directeur général en 1993, puis PDG en 2002, l'intéressé dément et indique vouloir rester à Paris. L'AFP, où il a débuté sa carrière de journaliste, ne l'intéresse pas davantage. Certains évoquent le groupe Express-Expansion.

La Société des rédacteursest-elle menacée ?

Aux yeux du directoire, c'est elle, premier actionnaire du groupe, qui a déclenché cette crise en ne voulant pas approuver la stratégie du directoire. « Nous ne sommes pas arrivés à trouver un terrain d'entente, explique Pierre Jeantet. Or, je suis légitimiste et la SRM étant un actionnaire de référence, je ne voulais pas la contourner. » Les divergences portent sur la stratégie Internet. Le président de la SRM, Jean-Michel Dumay, s'étonne notamment que les flux financiers entre les deux structures n'aient jamais été réévalués depuis la création du Monde interactif en 1998. Or le Web génère 3,5 millions d'euros de bénéfices en 2007 et Lagardère en détient 34 %, même s'il n'a jusqu'à présent perçu aucun dividende.... La SRM plaide surtout pour un rapprochement pur et simple entre Internet et le papier. « C'est un moyen de protéger les salariés du journal au détriment de ceux du monde.fr en cas de plan social », décrypte un opposant à la SRM.

Lagardère et Prisa vont-ils monter en puissance ?

La recapitalisation, souhaitée par le directoire, pour rembourser les 75 millions d'euros d'obligations remboursables en actions contractées jusqu'en 2012, pourrait permettre à Lagardère, qui possède déjà 17,27 % du Monde SA, de monter en puissance. Mais, à l'heure d'une stratégie numérique tous azimuts, le groupe pourrait laisser la primeur à l'espagnol Prisa, qui contrôle actuellement 15 % du capital. Pour les actionnaires internes, qui représentent 52 % du holding du groupe (43 % pour les personnels), la recapitalisation peut être évitée grâce à la vente du Midi libre.

Un plan social est-il toujours d'actualité ?

La question de l'avenir du groupe demeure entière. Quid des 10 à 15 millions d'euros d'économies que le groupe envisageait de réaliser ? Quid aussi des 120 suppressions de postes auxquelles s'attendaient les salariés à l'issue du conseil de surveillance du 19 décembre 2007. Et quid enfin de la fermeture de certains titres déficitaires du groupe, tels Les Cahiers du cinéma et d'autres publications de Fleurus, la filiale d'édition jeunesse du groupe ? Décidément, Éric Fottorino a un horizon obscurci. « Il y aura une nouvelle crise dans six mois », prévoit d'ailleurs un dirigeant du groupe.

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