Vous êtes ici

Pour bénéficier des alertes ou des favoris, vous devez vous identifier sur le site :

Vous avez déjà un identifiant sur stratégies.fr ? Identifiez-vous

Pas encore d'identifiant ? Créez vos identifiants

« Mon projet publicitaire n'a plus de raison d'être »

17/01/2008 - par Entretien : Amaury de Rochegonde et Muriel Signouret

Le président de Radio France renonce à son projet d'élargissement de son portefeuille d'annonceurs, s'orientant désormais vers une radio sans publicité.

Le président de la République a annoncé le 8 janvier la possible suppression de la publicité sur les chaînes de télévision publiques. Radio France, qui tire 8 % de ses ressources de la publicité, est-il aussi concerné ?

Jean-Paul Cluzel. J'ai du mal à voir comment on pourrait supprimer la publicité à France Télévisions et la conserver à Radio France, même si les données économiques ne sont pas du tout les mêmes et si personne ne met en doute que Radio France remplisse très correctement ses missions de service public et maintienne une totale spécificité par rapport à ses concurrentes privées. Ceci étant, si l'on diminuait encore la place de la publicité dans nos recettes totales et que l'on parvenait à compenser les 45 millions d'euros qu'elle représente par une nouvelle recette publique, et que celle-ci soit dynamique, donc qu'elle puisse progresser chaque année, je n'y verrais bien sûr que des avantages. Je me permets d'ajouter que la création de nouvelles recettes de compensation ne résout pas le niveau actuel de la redevance, resté inchangé depuis trop d'années. Cette réforme devrait être l'occasion de mieux financer l'audiovisuel public, radio et télévision.

La suppression de la publicité va à l'encontre de votre souhait de libéraliser votre cahier des missions et des charges, qui avait provoqué une levée de bouclier des syndicats d'un côté et des radios privées de l'autre ?

J.-P.C. Si la suppression de la publicité est mise en oeuvre, il est clair que ce projet n'a plus de raison d'être. Ceci étant, je tiens à rappeler qu'il ne s'agissait pas d'accroître nos recettes de publicité, mais de les maintenir. Le cahier des charges actuel restreint notre publicité à des types d'annonceurs précis, secteurs public et parapublic, coopératif, mutualiste..., dont le champ se rétrécit année après année. Le but de la réforme était de mettre les annonceurs sur un pied d'égalité juridique tout en diminuant le temps total de publicité autorisée. La publicité n'aurait donc pas vu sa part s'accroître dans nos recettes.

Comment espériez-vous réussir la diversification de votre portefeuille d'annonceurs alors même que vos prédécesseurs avaient échoué ?

J.-P.C. J'étais peut-être plus tenace. Sans compter que nous encadrions cette égalité juridique de beaucoup de garanties. Nous proposions d'abaisser la durée maximale d'un tiers, en passant de 30 à 20 minutes, durée qui est très proche de ce que nous faisons actuellement. Et nous prenions l'engagement de rester essentiellement centrés sur nos secteurs traditionnels, par exemple l'épargne et le transport. C'est ainsi que le projet de décret excluait explicitement la distribution et la publicité locale. Je rappelle que cette modernisation n'était pas une lubie soudaine, mais qu'elle avait été prévue dans notre contrat d'objectifs et de moyens, signé en juillet... 2006.

Pour vos détracteurs, notamment les radios privées, vous dépendez à 92 % de la ressource publique et il n'est donc pas normal que vous veniez sur leur terrain...

J.-P.C. Les radios privées hurlaient au loup parce qu'elles n'avaient pas voulu parler d'un problème autrement plus douloureux pour elles, à savoir l'augmentation récente de la rémunération équitable qu'elles doivent verser à la SPRE [Société pour la perception de la rémunération équitable] pour la musique qu'elle passe à l'antenne. Elles redoutent aussi une éventuelle réforme de la publicité à la télévision et l'augmentation des coupures. Leur réaction au projet de décret sur Radio France était naturelle, venant d'une concurrence privée qui n'est pas forcément heureuse que Radio France se porte bien et qui serait sans doute désireuse de récupérer les 45 millions de notre chiffre d'affaires actuel.

Envoyer par mail un article

« Mon projet publicitaire n'a plus de raison d'être »

Séparer les adresses par des virgules
M’envoyer une copie par e-mail
Email this Article

Thank you for your interest in spreading the word about Stratégies.

NOTE: We only request your email address so that the person you are recommending the page to knows that you wanted them to see it, and that it is not junk mail. We do not capture any email address.