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Le Monde risque de perdre son indépendance

07/02/2008 - par Amaury de Rochegonde

Encore contrôlé à 52 % par des actionnaires internes, dont les journalistes, le holding du groupe pourrait basculer entre les mains des groupes Lagardère et Prisa.

C'est au cours d'un conseil de surveillance, le 11 février, que Jean-Michel Dumay va présenter sa démission de président de la Société des rédacteurs du Monde (SRM). Il devrait être logiquement imité par Alain Minc, le président du conseil de surveillance, qui avait déclaré le 17 janvier à Libération : « Si Dumay part, je pars aussi. » Est-ce pour autant la fin de la crise de gouvernance au Monde ? Il y a tout lieu d'en douter. D'abord parce qu'un plan de restructuration s'avère incontournable pour redresser le quotidien (5 millions d'euros de pertes en 2007). Toute la question est de savoir à combien s'élèvera le nombre de départs. Les salariés craignent un chantage à l'emploi qui permettrait d'abaisser de quarante postes les exigences du guichet départs sous la condition d'accepter une recapitalisation avec Lagardère comme opérateur économique et Prisa comme maître d'oeuvre éditorial.

« Il n'y a là aucun engagement inconnu de tous, réplique Éric Fottorino, dans une lettre du 28 janvier, aucune vente forcée à Lagardère qui, soit dit en passant, est depuis 2005 avec Prisa un actionnaire clé de notre groupe, en vertu d'accords préférentiels (clause antidilution, droit de préemption, droit d'agrément). Il ne faudrait pas feindre de le découvrir aujourd'hui. » Sauf que, selon la SRM, il n'y a aucune urgence à recapitaliser. Il suffit de trouver une solution pour rembourser 5 millions d'euros d'ORA (obligations remboursables en actions) avant 2009, les 74 millions de dette obligataire n'étant pas exigibles avant 2012 ou 2014. Pourtant, Lagardère et Prisa se sont saisis de la crise de gouvernance pour pousser leur pion. Dans L'Express, l'un des patrons de Prisa, Juan Luis Cebrián, plaide ainsi pour un rachat des obligations convertibles « qui donnerait à ces deux groupes le contrôle absolu du capital », la SRM se contentant d'un droit de veto sur le choix du directeur du journal. On comprend mieux pourquoi Jean-Michel Dumay devait sauter : il se disait opposé à une augmentation de capital qui « mettrait Le Monde à genoux ».

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