MARKETING COMMUNICATION MEDIAS
Marques
Agences
Médias

Date de parution :


Plan de la rubrique Médias
Voir les dossiers Médias
Votre Flux Rss Stratégies Médias
Accueil > Actualités > Médias > Mediapart, laboratoire d'info

Mediapart, laboratoire d'info

13/03/2008 - Le site d'Edwy Plenel se lance le 16 mars en pleine affaire Denis Gautier-Sauvagnac, ex-président de l'UIMM. L'occasion d'un premier scoop ?

Il sait qu'on l'attend sur ce terrain. Celui de l'info. Dimanche 16 mars, après plusieurs mois de gestation, Edwy Plenel lancera officiellement Mediapart.Si un scoop venait appuyer sa sortie, façon Rue 89 et le non-vote de Cécilia... Le président de la jeune société, sise dans les 400 m2 d'un bel immeuble moderne du XIIearrondissement de Paris, rêve, lui, d'apporter sa pierre au feuilleton Denis Gautier-Sauvagnac : « On fait peser les suspicions sur les syndicats. Mais il y a aussi, et on le tait, du clientélisme politique. » Mediapart sera-t-il celui qui révélera que l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) est le faux nez d'une affaire de financement occulte de partis politiques ? « Pour trouver, il faut savoir ce que l'on cherche, répond l'ancien directeur de la rédaction du Monde. Nous travaillons aussi sur l'engagement militaire français en Afghanistan, sur les Caisses d'épargne, etc. De toute façon, je ne suis pas celui qui va apporter les premiers scoops. Ma moustache est aujourd'hui trop encombrante. »

Déjà 3 000 préabonnés

Mediapart comptera une trentaine de journalistes venus de rédactions variées (Les Inrockuptibles, Reuters, 20 Minutes, etc.). Pas question pour eux de travailler pour un « edwyplenel.com ». La présentation en ligne de chacun sur le site atteste d'ailleurs d'une volonté de retrouver le sens aigu du journalisme. Tous ont fait le pari de lâcher des places parfois enviables dans des rédactions solides pour se lancer dans l'aventure aux côtés des six fondateurs (Edwy Plenel, Marie-Hélène Smiéjan, François Bonnet, Laurent Mauduit, Gérard Desportes et Godefroy Beauvallet).

À titre personnel, Edwy Plenel a investi 550 000 euros. Il a pour cela emprunté ou puisé sur ce qui lui restait de ses 410 000 euros d'indemnités après son départ du Monde. Au total, la société par actions simplifiée qui édite le site a réuni pour le lancement 2,94 millions d'euros. Deux investisseurs partenaires, Jean-Louis Bouchard (Écofinance) et Thierry Wilhem (Doxa) ont apporté 1,1 million d'euros chacun, tandis qu'une Société des amis a permis de récolter 504 000 euros. Parmi eux, ­ Xavier Niel (Free) aurait investi 100 000 euros selon Le Point, et Maurice Lévy (Publicis) 5 000 euros.

Le patron de Mediapart s'avoue un peu déçu par le manque d'audace des investisseurs capitalistes qui préconisent - pour les autres - le goût du risque. « Au départ, nous n'étions pas partis pour faire notre petite entreprise. J'y suis venu. Mais, après tout, on n'a qu'une vie. » Alors que le site d'investigation Propublica, aux États-Unis, finance son prochain lancement avec les 10 millions de dollars d'une organisation à but non lucratif, Mediapart devra compter essentiellement sur ses propres deniers. Fort de 3 000 préabonnés à 9 euros par mois, il lui en faut 5 000 à la fin mars, 25 000 la première année et 60 000 à 65 000 au bout de trois ans. Autant dire, comme Edwy Plenel, que le vrai pari c'est le temps : « Nous devons tenir trois ans avec une épée dans les reins. »

Mediapart ne se prend pas pour une fabrique de scoops. Le site, qui veut construire une relation de fidélité avec ses lecteurs, se flatte d'être un « laboratoire du Net ». Benoît Thieulin, fondateur de Désirs d'avenir, le site de Ségolène Royal, a conçu la dimension participative et communautaire du projet. À côté de trois éditions quotidiennes payantes et d'une partie d'informations à valeur ajoutée intitulée « Notre conférence », c'est donc un « club » avec une plate-forme de blogs qui offrira gratuitement des contenus aux internautes. De quoi introduire un peu de pub ? « Je refuse la dépendance publicitaire, prévient Edwy Plenel. Si les lecteurs sont au rendez-vous, je n'ai aucune raison d'accepter de la publicité, qui est dérangeante et intrusive. Mais il y a peut-être quelque chose à inventer du côté du partenariat... »

www.mediapart.fr


Amaury de Rochegonde
Information traitée dans Stratégies Magazine n°1492

En image
La trentaine de journalistes embauchés ont parfois quitté de bonnes places pour faire partie de l'aventure. Pas question pour eux de faire un « edwyplenel.com ».
Envoyer par email Réagir à cet article Créer un lien sur votre blog Imprimer
Vos commentaires

Réagissez à cet article
Merci de vous identifier afin de pouvoir publier un commentaire : Identifiez-vous

Pas encore d'identifiant ? Créez vos identifiants

STRATEGIES SERVICES