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« En 2008, Les Échos seront encore rentables »

27/03/2008 - par Entretien : Amaury de Rochegonde

Nicolas Beytout, président du pôle médias de LVMH, présentera avant l'été un plan stratégique qui combinera synergies et développement.

Les Échos auront cent ans le 2 avril prochain. Peut-on dire que c'est encore un journal ?

Nicolas Beytout. Bien entendu, ce n'est plus seulement un journal, mais un système d'informations assez vaste. C'est la marque la plus forte et l'emblème du groupe Les Échos.

Et que c'est encore un journal indépendant ?

N.B. Oui. Les accords signés entre Pearson et LVMH organisent une gouvernance extrêmement stricte, qui est probablement la plus protectrice de toutes les règles qu'on peut trouver dans la presse en France.

Quel est l'impact prévisible de la crise financière pour Les Échos ?

N.B. Il y a un double effet du décrochage violent des marchés financiers. D'une part, un fort effet de levier sur la vente en kiosques - nous sommes en progression de 10,9 % pour la vente au numéro depuis le début de l'année -, ce qui confirme que le titre Les Échos est perçu comme le journal de référence. D'autre part, la publicité, notamment financière, est plus hésitante car les marchés sont pétrifiés et les opérations financières moins nombreuses.

Internet va-t-il compenser la chute des revenus publicitaires sur les médias traditionnels ?

N.B. Depuis septembre, les sites les plus visités en matière d'informations sont ceux de la presse, et non plus Yahoo ou Orange. Dans un univers où Internet permet d'avoir tout et n'importe quoi, les internautes sélectionnent leurs sources selon l'usage précis qu'ils recherchent. Et ils font confiance à des marques qui sont des références en matière de crédibilité ou de ligne éditoriale. Est-ce que ce sera suffisant pour bâtir une stratégie cumulative où le papier et Internet se feront la courte échelle ? Oui, certainement.

Le groupe Les Échos a vu sa marge bénéficiaire se détériorer entre 2006 et 2007. Peut-il se retrouver en déficit en 2008 ?

N.B. Non, le groupe Les Échos sera rentable en 2008. Son absorption par DI Group fait augmenter sa taille de 50 %. Nous travaillons à la mise en oeuvre de synergies et à une stratégie qui nous permettra de déterminer avant l'été dans quelle direction ira notre développement. Nous pourrons alors renforcer notre collection de marques leaders, qui s'adressent toutes à des catégories de population assez homogènes.

Pas de plan d'économies à la clé ?

N.B. Non. Cela ne veut pas dire qu'il n'y a plus la nécessité d'être attentif aux coûts. Cet aspect-là demeure. Mais nous voulons créer une dynamique de développement de nos produits. Cela passe par une croissance interne et externe.

Votre stratégie dépend-elle du repositionnement de votre concurrent La Tribune ?

N.B. Aucune entreprise ne peut ignorer ce qui se passe chez ses concurrents. La formule actuelle des Échos, qui date de 2003, a prouvé son efficacité maximale. Depuis, le contenu a continué de progresser. Mais nous sommes confrontés à un concurrent qui va à nouveau se modifier et peut-être changer ses codes concurrentiels. Nous prenons cela au sérieux, mais nous garderons le même modèle : Les Échos reposent sur la capacité à faire venir les meilleurs parmi les meilleurs. Nous allons donc continuer à investir sur la rédaction.

Comptez-vous vous investir personnellement dans la rédaction ou sur le plan éditorial ?

N.B. Je me sens très bien dans l'accord signé entre Pearson et LVMH. Il y a des professionnels qui s'occupent du contenu, qui font le journal tous les jours et il n'y a aucune raison pour que je sois impliqué dans la fabrication de ce quotidien. Pour ce qui est de la réflexion sur le devenir des Échos, l'expérience que j'ai accumulée pendant des années me permet d'avoir des discussions avec beaucoup de journalistes pour voir comment travailler sur les contenus. Mais nous parlons là de l'évolution des journaux, des produits, des sites... Ce qui ne suppose pas d'intervention sur le contenu quotidien.

Ce qui veut dire que vous ne regardez jamais la une, que vous ne demandez jamais d'inflexions ou de modifications ?

N.B. Non, jamais. Je vois la une quand je passe à la rédaction. Mais mon travail n'est pas celui-là.

L'image des echos.fr est celle d'un site payant avec des contenus gratuits. Est-ce qu'il ne vaudrait mieux pas que ce soit l'inverse ?

N.B. On peut en effet valoriser notre audience en ayant plus d'internautes qui viendraient sur un site perçu comme davantage gratuit.

Vous souhaitez développer la vidéo ?

N.B. Oui. Nous sommes d'ailleurs candidats à la télévision mobile personnelle. Si nous sommes retenus par le Conseil supérieur de l'audiovisuel, avec L'Équipe TV et Equidia, chacun des partenaires sera producteur de ses programmes. Nous aurons alors une grande capacité à en faire profiter Internet.

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