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Le Figaro et Le Mondeà couteaux tirés sur le Web

30/04/2008 - par Muriel Signouret

Premiers sites d'info avec plus de 4 millions de visiteurs uniques chacun, les deux quotidiens se livrent une concurrence acharnée sur le Web.

Ils se félicitent avant tout de pouvoir tordre le cou à l'idée selon laquelle les groupes de presse traditionnels seraient moribonds. Lemonde.fr et lefigaro.fr sont effectivement les deux premiers sites d'information, selon les résultats de Médiamétrie-Nielsen Net Ratings publiés en mars. Ils sont parvenus à distancer sans vergogne les « pure players » d'Internet que sont Google News et Yahoo News, respectivement aux 5e et 8e rangs du classement. Mais ce moment d'autocongratulation ne doit pas occulter le fait que lemonde.fr et lefigaro.fr se livrent une concurrence acharnée sur le Net, écho au duel historique qui oppose les deux journaux (327 500 exemplaires France payés pour Le Figaro en 2007, 316 851exemplaires pour Le Monde).

Profil d'utilisateurs presque identique

Si Le Monde a une longueur d'avance, Le Figaro a largement rattrapé son retard et l'écart ne cesse de se resserrer entre les deux leaders. En mars, ­lemonde.fr a enregistré 4,45 millions de visiteurs uniques, alors que ­lefigaro.fr le talonne avec 4,33 millions. « Début 2006, quand le groupe a décidé de mettre le paquet sur ses activités Internet, ­lefigaro.­fr n'avait qu'un million de visiteurs uniques. En mars 2007, l'écart avec lemonde.fr était de 30 %. Aujourd'hui, il n'est plus que de 4 % », se réjouit ­Bertrand Gié, directeur délégué des nouveaux médias au groupe Le Figaro.

Pourquoi un internaute va-t-il préférer un portail plutôt que l'autre ? Sachant que le profil de l'utilisateur de chacun des deux sites est quasiment identique, avec un âge moyen de 35ans et un niveau CSP +. Car les deux médias sont réactifs, livrent de l'analyse, disposent d'une bonne ergonomie et développent une part collaborative par le biais des commentaires d'articles. Tous deux bénéficient de la crédibilité de leur support papier, même si les rédactions ne sont pas bimédias, à la différence du choix que vient de faire Le Parisien (lire en page 34).

Le Monde met en avant son expérience, les opérations communes lancées avec la rédaction papier et sa capacité d'innovation, en testant par exemple l'e-paper avec d'autres éditeurs. De son côté, Le Figaro vante sa capacité à produire de la vidéo, grâce à la récente installation d'un studio TV dans ses locaux parisiens du boulevard Haussmann. Surtout, il se targue d'une organisation en pôles de compétences multicanaux, sur l'actualité, le sport, les loisirs, le féminin et la finance. « Nous sommes organisés par thème et non par titre », souligne Bertrand Gié, qui gère aussi les sites de Sport 24, TV Mag et du Journal des finances.

Monétisation de l'audience

L'internaute opte-t-il pour l'un plutôt que l'autre parce qu'il est déjà habitué à sa version papier ? Bertrand Gié et Dao Nguyen, directrice générale du Monde interactif, filiale du groupe Le Monde, balaient cette hypothèse : le taux de duplication entre les deux supports est très faible, de l'ordre de 20 à 25 %. La première explication tient peut-être au modèle économique développé par les deux sites.

Lefigaro.fr mise depuis le départ sur la gratuité tandis que lemonde.fr propose une offre d'abonnement. Le site du monde.fr, dont les locaux sont situés dans le XIIIe arrondissement de Paris, à quelques encablures de la ­rédaction papier, compte désormais une communauté de 95 000 abonnés. Avec l'offre standard à 6 euros par mois, les internautes accèdent à des dossiers, reçoivent des newsletters thématiques et peuvent créer leur blog. Grâce à l'offre premium, qui coûte 15 euros par mois, ils accèdent en outre au journal électronique. « Un tiers de nos revenus provient des abonnements », précise Dao Nguyen. Le reste est ­généré par la ­publicité. « Nous vendons à nos annonceurs un contact prolongé avec une audience très qualifiée, sachant qu'une visite sur notre site dure en moyenne plus de 20minutes, contre 12 minutes environ pour nos ­concurrents », ajoute-t-elle. Les secteurs du luxe, de l'automobile et des voyages sont notamment séduits.

Au figaro.fr aussi, l'audience est monétisée. Mais le site a cherché à diversifier ses revenus en nouant des partenariats, notamment avec des sites d'e-commerce comme ­bazarchic.­com ou alapage.com, et en vendant ses ­contenus à d'autres médias, que ce soit sur le sport ou la finance. Le match continue. Aux internautes et aux annonceurs de l'arbitrer.

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