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La Formule 1 sous contrôle

07/05/2008 - par Bruno Fraioli

Les organisateurs d'événements sportifs ont pris le contrôle éditorial des images de leurs compétitions. Ainsi, la Formule 1 ne veut plus faire du sensationnalisme avec les accidents.

Ce fut sans doute l'un des accidents les plus spectaculaires de ces dernières années en Formule 1. Dimanche 27 avril, lors du Grand Prix d'Espagne, qui se disputait à Barcelone, la McLaren- Mercedes d'Heikki Kovalainen crève en plein virage, à 240 km/h. Incontrôlable, la voiture sort de la piste et s'encastre violemment dans un mur de pneus. Seule la partie arrière du bolide reste visible. Les téléspectateurs qui suivent la course en direct sur TF1 restent médusés dans leurs fauteuils. Puis... plus rien. Les minutes suivantes, TF1 ne diffuse les images du bolide accidenté qu'au compte-gouttes, laissant apercevoir l'arrivée des secours. Durant un bon quart d'heure, les caméras s'attardent sur le cortège des voitures en file indienne derrière le véhicule de sécurité, chargé de neutraliser l'épreuve pendant l'évacuation du pilote. De quoi alimenter les craintes sur l'état de santé d'Heikki Kovalainen. Pourtant, miraculeusement, le Finlandais ne sera pas touché. Ce n'est qu'après son extraction de la carcasse du véhicule que la télévision diffusera les images du lieu de l'accident. On y voit notamment le pilote allongé sur un brancard, le pouce levé pour signifier qu'il va bien. L'histoire se termine au mieux.

Optimiser la visibilité des annonceurs

Mais pourquoi cette occultation des images de l'accident ? De fait, TF1, qui est la chaîne détentrice des droits de la Formule 1 en France, n'est qu'un simple diffuseur. « C'est Formula One Management qui réalise toutes les images des Grands Prix, explique Noël Carles, producteur de ce sport chez TF1. Contractuellement, aucune intervention de notre part n'est possible entre cinq minutes avant le départ et la fin du podium. » Comme les autres diffuseurs, TF1 doit se contenter des images du signal international. Ni plus ni moins. « Nous n'avons que le droit de commenter », précise Noël Carles avec une pointe d'humour.

C'est l'an passé que Bernie Ecclestone, patron mondial de la F1, a mis la main sur la production des images des Grands Prix. Jusqu'alors, elles étaient produites par le diffuseur hôte (TF1 pour le Grand Prix de France, par exemple). La raison principale de ce contrôle est l'optimisation de la visibilité des annonceurs. D'ailleurs, curieusement, les plans larges sont plus fréquents qu'auparavant, privilégiant la vue des panneaux situés sur le bord de la piste. Mais le Britannique est aussi soucieux de l'image de son « produit ». Et un accident n'est jamais très porteur. Il contribue à donner la vision d'un sport dangereux, alors que Bernie Ecclestone le voudrait plutôt moderne, technologique et glamour. « Il n'y a pas eu de censure sur le Grand Prix d'Espagne, estime Noël Carles chez TF1. Je pense surtout que le problème a été un manque de caméras sur le lieu. ­L'information, les commentateurs l'ont donnée. Et je ne suis pas adepte du voyeurisme. »

Pour autant, même s'il ne s'estime pas encore ­totalement satisfait de la couverture des Grands Prix, Noël Carles affirme que le rendu à l'antenne s'améliore. D'ailleurs, la Formule 1 n'est pas le seul sport dans ce cas : les Coupes du monde de football et les Jeux olympiques sont également produits par leurs organisateurs, seuls décisionnaires des images pouvant être diffusées ou non. La perte du contrôle éditorial par les diffuseurs est évidente. « Il y a toujours de bons et de mauvais côtés à un tel système, note Noël Carles. L'avantage d'un producteur unique, ce sont des niveaux d'investissements techniques que ne peuvent plus se permettre les diffuseurs. » Un argument sérieux, notamment avec l'avènement prochain de la haute définition, qui réclamera encore plus de moyens ­financiers.

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