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Jean-Paul Baudecroux reprend les manettes de NRJ

22/05/2008 - par Muriel Signouret

Changement de structure, limogeage de Marc Pallain du directoire et désengagement de la téléphonie mobile. Le fondateur-propriétaire de NRJ reprend la barre d'un paquebot en pleine tempête.

L'épée de Damoclès menaçait Marc Pallain depuis un moment déjà. Le président du directoire de NRJ Group, nommé fin 2005, a fait le 16 mai les frais de la stratégie de diversification tous azimuts du groupe radiophonique. Même s'il ne quitte pas - encore - officiellement la société, il est démis de ses fonctions à la faveur d'une modification de la forme sociale de l'entreprise. Exit le modèle articulé autour d'un conseil de surveillance et d'un directoire. NRJ redeviendra une société anonyme chapeautée par un conseil d'administration présidé par Jean-Paul Baudecroux, premier actionnaire du groupe avec 72,6 % du capital. Et preuve que cette opération signe aussi le grand retour du fondateur à la barre, c'est lui qui exercera également les fonctions de directeur général.

Il pourrait être appuyé par Christophe Sabot qui a, au même moment, démissionné de la direction du pôle musical de Lagardère Active et rejoindrait NRJ, même si rien n'est encore signé. « L'arrivée de Christophe Sabot serait une bonne chose car il a obtenu de bons résultats partout où il est passé », souligne Nicolas Gindre, analyste médias chez Exane (BNP Paribas). Le projet, présenté le 19 mai au conseil de surveillance, devra être entériné par l'assemblée générale du groupe, le 27 juin. Reste à voir si Jean-Paul Baudecroux décidera alors de sortir de la Bourse, comme certains le pronostiquent.

En tout cas, cette annonce semble avoir rassuré les analystes financiers et le palais Brongniart, où le cours de l'action, qui avait perdu 50 % de sa valeur en un an, commence à remonter. « En l'espace de quelques jours, Jean-Paul Baudecroux a envoyé deux signaux forts au marché - sortie du mobile et changement de structure de direction - après avoir laissé l'impression d'un groupe sans véritable barreur depuis le 2 décembre 2005, date de la révocation de Jean-Charles Mathey », explique Nicolas Gindre.

Le premier pas, le désengagement de la téléphonie mobile, a été effectué le 13 mai. Moins de trois ans après le lancement de NRJ Mobile, le groupe ne conserve que 10 % à peine de l'activité en cédant ses 40 % au Crédit mutuel, lequel détient désormais 90 % de NRJ Mobile. Une transaction grâce à laquelle NRJ récolte 15 millions d'euros et qui devrait lui permettre d'effacer l'impact des pertes sur son bilan, même si les 100 millions d'euros accumulés depuis 2005 ont été financés par la banque partenaire. Cette aventure dans le monde des opérateurs mobiles virtuels s'est, quoi qu'il en soit, soldée par un échec cuisant puisque la valorisation de NRJ Mobile, qui compte selon le groupe 750 000 clients, a été divisée par huit, passant de 300 millions d'euros à 37,5 millions. Plus grave : cette diversification a relégué la radio, le coeur de métier du groupe, au second plan. Et les audiences s'en sont ressenties. NRJ, autrefois radio numéro un en France, toutes stations confondues, s'est vu fin 2006 voler la vedette par RTL. Depuis, l'audience de la station à la panthère s'effrite. Selon la dernière enquête 126 000 Radio de Médiamétrie, l'audience cumulée a reculé de 0,9 point sur un an au premier trimestre 2008, pour atteindre 11 %. Quant aux autres stations du groupe, leur bilan reste mitigé : Chérie FM accuse une baisse importante (- 1,1 point), tout comme Nostalgie (- 0,8 point), tandis que Rire et Chansons remonte doucement la pente (+ 0,4). Les recettes publicitaires en pâtissent : - 8,5 % en 2007, à 239,6 millions d'euros, et - 16,9 % au premier trimestre 2008, à 50 millions d'euros...

Trois chantiers

Autre écueil stratégique : le démarrage timide d'Internet, le nouveau média de prédilection des jeunes, coeur de cible du groupe. Ce retard a laissé libre champ aux ambitions de Skyrock et de sa plate-forme de blogs, qui compte plus de 7,3 millions de visiteurs uniques en mars 2008, selon Médiamétrie/Netratings, contre 1,54 million pour NRJ Network. Jean-Paul Baudecroux promet d'y remédier et de se recentrer sur ces trois chantiers. En effet, outre Internet et la radio, la télévision fera aussi l'objet d'une attention particulière afin que la minigénéraliste NRJ 12, dont l'audience sur la TNT a plus que doublé en un an, atteigne l'équilibre dès 2011. Autant d'objectifs ambitieux, mais encore réalisables.

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