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2M, chaîne vitrine du Maroc

29/05/2008 - Plus gros support publicitaire du Maghreb, la première chaîne marocaine, cherche à consolider son aura avec des émissions internationales et des chaînes thématiques.

Le 23 mai, la première chaîne du Maroc, 2M, a achevé son cycle annuel d'émissions Challengers avec une finale consacrée aux inventions : dépouilleuse de pois chiches, chaise intelligente pour mosquée, aérogénérateur électrique pour barrage... Les talents les plus divers concourent pour ces Challengers Innovations. Le programme, très suivi au Maroc, s'inscrit dans une série d'émissions tournées vers la création d'entreprise. Les candidats retenus sont regardés par les Marocains résidant à l'étranger, grâce au satellite, ainsi que sur la chaîne nationale, dont la part d'audience dépasse celle de TF1 en France (28 %). Suivi par 24 à 40 % des Marocains les soirs de finale, appuyé par la Confédération générale des entreprises du pays, ce programme coproduit par la société casablancaise Médiation revêt une importance particulière pour 2M. « Cela permet de donner une impulsion forte à la création d'entreprise, explique Mostafa Benali, directeur général de la chaîne. Et c'est aussi une façon de joindre l'utile à l'agréable en ayant une émission dans l'air du temps, proche de la téléréalité, mais qui présente aussi une notion d'exemplarité permettant d'injecter une dose d'espoir. »

Il s'agit en effet de montrer l'image d'un Maroc en mouvement et d'inciter les jeunes diplômés à se tourner vers leur pays. Chaîne publique vivant à 91 % de la publicité, 2M se fait donc fort d'offrir une vision valorisante du Maroc. On y retrouve les séries internationales (Prison Break, Les Experts, etc.) ou des formats modernes de téléréalité comme Studio 2M, sorte d'adaptation locale de la Star Ac. La caravane sélectionnant les jeunes talents fait étape à Paris. Mais, à l'image du siège de la chaîne, à Casablanca, qui dispose de son propre lieu de prière comme des derniers équipements technologiques, la modernité est soumise à l'impératif de préserver les grands équilibres de la société traditionnelle marocaine. Studio 2M a donc sa villa, mais les jeunes n'y restent pas dormir.

Entre langues française et arabe

Sur l'antenne coexistent des émissions religieuses d'explication du Coran et un programme de valorisation de la femme marocaine (Khmissa). Les langues utilisées : le français - gage de modernité auprès des annonceurs - et l'arabe - signe d'implantation populaire. Mostafa Benali envisage de rétablir à la rentrée un JT arabophone à 20 heures, en plus de l'édition francophone. Un projet de chaîne thématique berbérophone est aussi en gestation. Disposant d'un chiffre d'affaires net de 52 millions d'euros et de 770 salariés, le groupe 2M - qui comprend aussi une radio, un magazine et une chaîne d'infos par satellite - est le plus gros support publicitaire du Maghreb. Créée en 1988 par un consortium privé, la chaîne est cryptée. Elle tombe en faillite en 1996 en raison du piratage, puis se relance avec l'appui financier de l'État marocain, bénéficiant d'un taux de croissance de la publicité de 14-15 %, tout en gardant une relative liberté de ton.

Reste pour 2M à articuler sa place au sein d'un pôle audiovisuel public, créé en 2006 et présidé par Faycal Laraïchi, qui est aussi le patron de la chaîne publique rivale, TVM, qui vit de la redevance. La constitution récente d'un panel Médiamétrie, réputé plus favorable aux populations rurales qui regardent la première chaîne, fut une première pierre d'achoppement. L'abandon d'un projet de chaîne musicale (2M +) l'an dernier fut une autre déception. Le groupe espère renouer avec le développement en lançant une chaîne thématique de fiction et de cinéma.

www.2m.tv


Amaury de Rochegonde
Information traitée dans Stratégies Magazine n°1503

Les lauréats de Challengers Europe

Les lauréats des Challengers Europe ont reçu pour récompense 200 000 dirhams (17 000 euros) : Ali Kessaba, pour son site d'itinéraire cartographique (marocou.com) financé par la publicité, et Brahim Tigzirt, pour un label de maintenance des matériels médicaux. Les deux jeunes, travaillant jusqu'ici en France, sont déjà des emblèmes de la nouvelle image entrepreneuriale que veut se façonner le Maroc de Mohammed VI.

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