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« L'ogre Orange qui fait monter les prix... à d'autres ! »

05/06/2008 - par Entretien : Anne-Lise Carlo

Récemment arrivé à la direction des contenus chez Orange, Xavier Couture prend les rênes d'une division en pleine ébullition.

Le fait que vous soyez passé par la direction de l'antenne de TF1 puis par la présidence de Canal + a dû sacrément compter aux yeux d'Orange...

X.C. Cela me donne en effet une vision plus expérimentée en matière d'édition de contenus. Mais je ne suis pas venu chez Orange pour faire le même métier. J'arrive dans une maison qui est marquée par une ultra-technologie révolutionnaire. Il y a une raison de fond à ça : en télévision, on s'adresse au public au sens large en essayant de le regrouper devant l'écran. Chez Orange, lorsque l'on parle à un internaute ou à un mobinaute, on s'adresse à un seul individu, et donc à un abonné. C'est cette approche-là qui m'intéresse aujourd'hui.

TF1 et Canal + ont semblé surpris par l'arrivée d'Orange dans les contenus. Cela révèle-t-il un manque d'anticipation ?

X.C. C'est vrai pour tous les métiers : à partir du moment où une technologie apparaît, il faut la prendre en compte. Mais il ne faut pas pour autant considérer Orange comme un ennemi qui aurait envie de trôner seul sur le marché. À l'heure actuelle, Orange est un opérateur qui permet notamment d'accueillir des chaînes de télévision. Et même d'apporter à ses partenaires des revenus additionnels, comme l'a montré la télévision à la demande de France Télévisions. De plus, un nouvel abonné à Canal + sur deux arrive via l'ADSL d'Orange. Dire qu'Orange a besoin de la bonne santé de Canal + ou de TF1, ce n'est pas de l'angélisme.

Canal + a donc un avenir face à Orange ?

X.C. Le problème ne se pose pas en ces termes. Canal + a une logique, la création d'un bouquet premium accompagné de droits, fondée sur 10 millions d'abonnements si on y intègre Canalsat. Ils font leur métier et nous le nôtre. Il existe une vision, peut-être entretenue par Canal +, qui fait croire qu'il n'y aurait de la place que pour un seul acteur. Or, dans tous les marchés du monde de la télévision payante, il y a de la concurrence. L'existence de M6 n'a pas remis en cause celle de TF1. À ce jour, nous n'avons pas encore d'abonnés à notre chaîne cinéma-séries et seulement 1,2 million d'abonnés à la télévision par ADSL. Et évidemment, nous appliquerons les règles imposées aux opérateurs de télévision pour le cinéma et pour la production audiovisuelle. Où est le problème ?

Canal + vous accuse notamment d'avoir fait de la surenchère...

X.C. Depuis un an, avant même notre positionnement sur le foot, Canal + était déjà en train d'anticiper une baisse de ses investissements. Nous nous positionnons et aussitôt, ils crient à la facture inflationniste. Or, le football a été payé le même prix en 2008 qu'en 2007. Même chose pour l'offre cinéma : il n'y a pas eu de sur­enchère auprès de Warner, Gaumont et HBO. Alors l'ogre Orange qui fait monter les prix... à d'autres !

Le contenu de l'offre football se précise-t-il ?

X.C. Le match du samedi soir reste central. Autour de ce rendez-vous, il y aura une « offre live » constituée d'un avant et d'un après-match, sur un créneau allant de 19h-20h à minuit. Il n'est pas impossible qu'il y ait un magazine le samedi matin. Par ailleurs, l'offre de vidéo à la demande sera disponible dès le lundi matin avec dix résumés de matchs accessibles. À ceci s'ajoutera un magazine de 52 minutes qui incarnera le « regard Orange ».

Quel est ce « regard Orange » ?

X.C. J'espère qu'il sera visible dès le premier jour, le 9 août, mais il faudra nous laisser le temps de faire nos preuves. Notre volonté est de mêler la performance technologique tout en restant populaire et rassembleur. Et tout cela avec des outils ultrasophistiqués, car l'avenir de la télévision passe par eux. Quand vous regardez un match de tennis en 3D comme je viens de le faire à Roland-Garros, c'est exceptionnel. Demain, regarder un match de football en relief sera possible.

Cette vision populaire, n'est-ce pas déjà celle de TF1 ?

X.C. En effet, nous reprendrons à notre compte cet esprit populaire. Nous voulons parler la même langue que les supporters et réunir un public qui n'aura pas la sensation d'appartenir à une caste de privilégiés.

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