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Tout pour la musique

12/06/2008 - par Delphine Le Goff

Les Inrockuptibles lancent Volume, un mensuel musical qui ambitionne de défricher une offre musicale pléthorique sur fond de crise de l'industrie du disque.

Tout à coup, l'on a seize ans à nouveau. Le groupe My Bloody Valentine, qui a bercé, avec son album Loveless, l'adolescence de certains d'entre nous, lycéens au début des années quatre-vingt-dix, fait l'objet de quatre pages dans Volume, le nouveau mensuel des Inrockuptibles. Les nostalgiques de cette époque verront dans ce lancement un retour aux sources pour l'hebdomadaire ­culturel, lancé en 1986 et mensuel jusqu'en 1995. De plus, tout comme Les Inrocks étaient, à leurs débuts, exclusivement consacrés à la musique, Volume, comme son nom l'indique, ne parle pas d'autre chose. Passéiste, voire suicidaire, à un moment où le disque connaît les heures les plus sombres de son histoire ? « C'est l'industrie musicale qui est en crise, pas la musique », lâche Pascal Bertin, corédacteur en chef du titre aux côtés de Christophe Conte.

Inspiration anglo-saxonne

Là est certes le paradoxe : « De la prolifération "champignonnesque" des lecteurs MP3 jusqu'à l'explosion sans précédent du "live", de la multiplication des sites à l'influence toujours plus grande de la culture pop sur la société et la culture pop tout court, la musique est plus que jamais une terre d'aventure sans limites », explique la rédaction de Volume en préambule du numéro. Et l'équipe des Inrocks se propose de défricher pour les lecteurs cette terre fertile. « L'idée, c'est de sortir la tête du guidon en se dégageant de l'actu chaude, en racontant les histoires mythiques de la musique », résume Pascal Bertin. Ainsi, l'on trouve un papier très pédagogique sur le disco, qui entend montrer que le genre musical ne se cantonne pas aux cols pelles à tarte et aux boules à facettes. Un portrait retrace l'histoire de Dennis Wilson, membre peu connu des Beach Boys, dont l'album solo culte, Pacific Ocean Blue, vient d'être réédité. Volume, professeur de rock ? « Non, nous pensons juste qu'il est important de connaître les influences du passé pour comprendre la musique d'aujourd'hui », estime Pascal Bertin. Du coup, on retrouve aussi, au milieu de légendes comme Phil Spector et Sonic Youth, des figures « hype » comme Pete Doherty ou Scarlett Johansson, ainsi que des sujets sur les concerts pour les moins de 18 ans qui fleurissent outre-Manche. On ne peut s'empêcher de comparer le titre à l'autre mensuel rock, Rock&Folk, qui sous l'égide de l'inénarrable Philippe Manoeuvre a retrouvé une seconde jeunesse, avec le retour du rock et l'explosion de groupes de « baby rockers » très médiatisés, les BB Brunes, Plasticines et autres Naast, dont la moyenne d'âge n'excède pas 18 ans.

Aux Inrocks, on se réclame plutôt de magazines anglo-saxons. Car, comme dans tout ce qui touche à la musique, les Britanniques et les Américains taillent des croupières à la presse française. « Notre inspiration provient de titres comme le mensuel anglais Uncut. Et surtout le magazine Mojo, souligne Pascal Bertin. C'est lui qui nous a donné l'idée de Volume : nous avions remarqué qu'un bon nombre de personnes, âgées de 20 à 40 ans, essayaient désespérément de le trouver dans les kiosques internationaux. Mojo est un succès colossal, aussi bien en Grande-Bretagne qu'aux États-Unis, avec une logique de double couverture : dernièrement, pour un même numéro, la une britannique montrait Paul Weller, de The Jam, alors que la couverture américaine mettait en vedette Slash de Guns&Roses, beaucoup plus connu outre-Atlantique. » Volume a des ambitions plus modestes : « Entre 25 000 et 30 000 exemplaires, nous ­serons contents », lâche Pascal Bertin. On lui souhaite de trouver son Mojo.

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