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Beaucoup de bruit pour rien ?

19/06/2008 - par Bruno Fraioli

L'éviction de PPDA du 20 Heures de TF1 et son remplacement par Laurence Ferrari ne devraient pas avoir de conséquence sur l'audience, selon les directeurs TV d'agences médias interrogés par Stratégies.

L'événement a totalement éclipsé la visite de George Bush en France. L'annonce de l'éviction de Patrick Poivre d'Arvor de son poste de présentateur du journal télévisé de 20 heures de TF1 et de son remplacement par Laurence Ferrari, sur fond d'intervention présumée de Nicolas Sarkozy, ont mis les médias en ébullition. Il faut dire qu'avec plus de 8,5 millions de téléspectateurs en moyenne chaque soir, PPDA est le visage le plus familier des Français. Pourtant, selon les experts TV des agences médias, PPDA est loin d'être irremplaçable. « Le fort bruit médiatique observé autour de son départ est normal car il s'agit d'une personnalité emblématique qui paraissait indéboulonnable, estime Isabelle Grima, directrice audiovisuel de Magna Global (Interpublic). Mais je ne crains pas de fortes baisses d'audience car, pour un journal télévisé, c'est le traitement de l'info qui est le plus important. » Frédéric Degouy, directeur télévision de Mediacom, est plus catégorique : « Ce ne sera pas la catastrophe annoncée, affirme-t-il. L'influence du présentateur sur l'audience est faible. Cela est régulièrement confirmé lors des remplacements, notamment durant les vacances. » Harry Roselmack avait généré une audience comparable à celle de PPDA dès son premier été de remplacement.

Dans l'information, plus que pour n'importe quel autre genre télévisuel, le contenu est donc plus important que le présentateur. La sortie de PPDA, qui était rédacteur en chef de son journal, coïncide avec une réorganisation du service de l'information de la Une. Son patron, Robert Namias, a été remercié par Nonce Paolini, le directeur général de la chaîne, qui a aussitôt confié les rênes de ce département sensible à Jean-Claude Dassier, qui continuera parallèlement à diriger LCI. Catherine Nayl devient directrice de la rédaction de TF1 et Éric Revel occupera le même poste à LCI. « Le traitement de l'information sur TF1 est réellement différent, observe Emmanuel Charonnat, directeur général adjoint de Starcom, en charge des études. Chaque sujet est travaillé pour obtenir le maximum d'audience. » Mais ces mouvements managériaux pourraient avoir plus de conséquences, notamment par leur influence sur la ligne éditoriale. D'autant qu'à bientôt soixante-six ans, le nouveau patron de l'information de TF1 joue forcément les intérimaires.

Que va faire PPDA ?

Pour l'heure, les annonceurs se préoccupent d'ores et déjà des conséquences de ces changements, qui doivent intervenir en septembre, sur les écrans publicitaires encadrant les journaux télévisés. « L'arrivée de Laurence Ferrari au 20 Heures de TF1 devrait permettre de rajeunir quelque peu le profil de l'audience », anticipe Emmanuel Charonnat. « C'est une personnalité connue et déjà exposée, note Isabelle Grima (Magna Global). Il y aura forcément un effet de curiosité initial, mais cela pourrait aussi dynamiser l'intérêt pour le genre information. » Pas d'accident industriel en vue... sauf si PPDA part sur une autre chaîne drainer l'audience de la Une. Pour le retenir, TF1 lui a proposé le poste de directeur délégué de l'information et la présentation de ses deux émissions littéraires (sur TF1 et LCI), mais il pourrait être tenté d'aller voir en face, sur France 2 ou Canal +... Et même, pourquoi pas, sur M6, qui tiendrait là une formidable occasion pour installer, enfin, un véritable journal du soir. « Ce type de situation pourrait bouleverser les équilibres actuels car PPDA possède ses fidèles », indique Emmanuel Charonnat (Starcom).

Une certaine fébrilité

Mais, d'ores et déjà, le remplacement de PPDA par Laurence Ferrari, transfuge de Canal + et de RTL, a lancé une partie de chaises musicales parmi les présentateurs-animateurs. Anne-Sophie Lapix va partir de TF1 pour rejoindre Canal +, où elle réalisera l'interview politique du dimanche, en remplacement de Laurence Ferrari. Marie Drucker passe de France 3 à France 2 et Marc-Olivier Fogiel quitte M6 et RTL pour Europe 1, mais sans poser, pour le moment, ses valises sur un plateau de télévision. Quant à Julien Courbet, il ne jouera plus les médiateurs sur TF1, mais animera en septembre une émission de défense des consommateurs sur France 2 pour un budget inférieur de 30 % à celle de Laurent Ruquier. Enfin, Virginie Efira passe de M6 (Nouvelle Star) à Canal +.

Ces mouvements révèlent également l'état de fébrilité dans lequel sont plongées les chaînes hertziennes « historiques ». « Dans un univers d'hyperchoix où le téléspectateur peut désormais accéder à, au minimum, près de vingt chaînes, une marque reconnue, comme un animateur ou un journaliste, donne des repères », explique Frédéric Degouy (Mediacom). Mais ces changements créent des appels d'air pour de nouvelles têtes. Ainsi, sur TF1, c'est Christophe Moulin, rédacteur en chef et chef du service police et justice de LCI, qui succédera à Julien Courbet pour l'émission Sans aucun doute. De même, le journaliste de France Inter, Nicolas Demorand, est attendu sur France 2 pour un magazine culturel situé en deuxième partie de soirée un vendredi sur deux. Les futurs successeurs de Laurence Ferrari ?

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