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Le Crédit mutuel s'installe à L'Est

03/07/2008 - par Muriel Signouret

La banque a pris 51 % de L'Est républicain, actionnaire majoritaire d'Ebra, qui avait lui-même pris le contrôle du pôle Rhône-Alpes d'Hersant. Gérard Lignac en conserve la présidence.

Le scénario semble avoir été écrit d'avance. La montée en puissance du Crédit mutuel à hauteur de 51 % dans le groupe L'Est ­républicain, le 27 juin, ressemble à un épilogue logique. « Sur le plan économique et financier, la manière dont s'était constitué le groupe Ebra [structure qui avait permis à L'Est républicain (51 %) et au Crédit mutuel (49 %) de racheter conjointement le pôle Rhône-Alpes de la Socpresse en 2006] était déséquilibrée », rappelle Jean-Clément Texier, expert des médias. À l'époque, Gérard Lignac, président de L'Est républicain, passe pour un chevalier blanc de la presse quotidienne régionale à la française face à l'espagnol Vocento et au britannique Montgomery, qui lorgnent les vestiges de l'empire Hersant. Il acquiert alors ­LeProgrès, Lyon Plus, Le Dauphiné ­libéré, Le Journal de Saône-et-Loire ou encore Le Bien public sans avoir à débourser le prix de 270 millions d'euros réclamé par le vendeur.

Objectifs encore flous

Car pour damer le pion aux investisseurs étrangers, le patron de L'Est républicain a fait appel au Crédit mutuel, auquel il a emprunté plus de 128 millions d'euros. Or, c'est justement cette créance, transformée en actions, qui a permis la semaine dernière à la banque - dont les dirigeants n'ont pas souhaité répondre aux questions de Stratégies - de monter dans le capital de L'Est républicain via la société France Est. « Il ne s'agit en fait que d'une régularisation juridique d'un déséquilibre financier, » poursuit Jean-Clément Texier.

D'autant que, depuis la constitution du bloc Ebra, qui diffuse désormais 1,6 million d'exemplaires de Nancy aux portes du Vaucluse, la banque n'a pas hésité à remettre au pot plus de 400 millions d'euros. Michel Lucas, qui dirige le Crédit mutuel Centre Est Europe, première banque de la région, a donc profité de la fragilité économique du groupe L'Est républicain, lequel est endetté à hauteur de 350 millions d'euros pour un chiffre d'affaires de 550 millions d'euros.

Reste que ses objectifs demeurent flous en l'absence de toute transparence de la part d'une banque qui n'a jamais voulu parler ouvertement de ses ambitions. Elle possède pourtant L'Alsace et Le Républicain lorrain, a des participations dans Sofiouest (Ouest France et Spir Communication), a ­apporté un soutien financier au Monde et a pris, fin mai, 90 % de NRJ Mobile.

« Après la crise qui a bouleversé le monde financier, le Crédit mutuel souhaite peut-être investir de nouveau dans des actifs réels », avance Jean-Clément Texier. Mais pour Éric Barbier, délégué syndical SNJ à L'Est républicain, la motivation de Michel Lucas reste avant tout commerciale, tant il est vrai que la zone de diffusion d'Ebra recouvre le Centre Est Europe. « La région Rhône-Alpes est la plus dynamique de France, explique-t-il. Le but pour le Crédit mutuel est de s'y implanter commercialement tout en profitant de l'outil de communication puissant que sont les journaux régionaux. »

Une chose est sûre : la banque vise un retour sur investissement. Et pour ce faire, il lui faut de l'argent et du temps. Le Crédit mutuel a les deux, et dispose en outre du savoir-faire de Michel Lucas en matière de restructurations. C'est lui qui a mené le raid sur le CIC et qui a mis en oeuvre les synergies entre les deux structures. « Via sa filiale Euro Information, il mène une politique de mutualisation des moyens à tous les niveaux, de la comptabilité à l'informatique en passant par l'éditorial », s'alarme Éric Barbier. « La puissance, ce n'est pas d'empiler les journaux, c'est de les faire fonctionner ensemble, » nuance Jean-Clément Texier.

Droit de préemption ?

Ainsi, même si, à 80 ans, Gérard ­Lignac - lui aussi contacté en vain- sauve les apparences en conservant le contrôle opérationnel du groupe, il risque de se retrouver pieds et poings liés à la stratégie de l'actionnaire majoritaire. À moins que Groupe Hersant Média, qui a perdu sa minorité de blocage et voit ses parts diluées à 17 %, ne parvienne cette fois à faire capoter l'opération devant un tribunal au nom de son droit de préemption sur les actions d'autocontrôle de la société France Est...

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