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Christian Brégou

Figaro si...

14/05/1999

En reprenant les Éditions Tallandier avec François Pinault, l'ancien Pdg de CEP Communication signe son retour dans la presse. Il entend constituer un véritable groupe. Autour du Figaro?

Tous ceux qui l'ont rencontré ces dernières semaines sont unanimes. Christian Brégou est redevenu serein. La blessure due à son limogeage, en septembre 1997, de la présidence de CEP Communication, la division presse et édition d'Havas, n'est pas oubliée, mais elle est cicatrisée. À 47ans, l'homme confirme qu'il a retrouvé l'envie de s'investir dans la presse et l'édition. Certains lui prêtent même l'intention de bâtir un nouveau groupe, dont le socle serait constitué duPointet des Éditions Tallandier (l'éditeur d'Historia) qu'il a acquis fin avril, avec l'aide de François Pinault.«Je n'ai pas rachetéHistoriaavec François Pinault, mais avecLe Point, rectifie Christian Bréguou.J'étudie d'autres projets, y compris avec d'autres partenaires.»Il n'empêche queLe Pointest contrôlé par François Pinault... Le patron de Pinault-Printemps-Redoute sera-t-il son troisième parrain professionnel? Après Jacques Douce, qui lui a permis au milieu des années 70 de créer de toutes pièces un groupe de presse professionnelle au sein d'Havas, puis Ambroise Roux qui, dix ans plus tard, lui a offert son appui pour le développer et en faire l'un des tout premiers groupes de presse et d'édition européen, cette nouvelle association ne serait pas si absurde. Les deux hommes ont tout à y gagner. L'un ne cache pas son attirance pour un monde de la communication qu'il connaît peu et dispose des arguments financiers suffisants pour saisir les opportunités. L'autre maîtrise l'univers de la presse et de l'édition, mais n'a pas, seul, les moyens de boucler un gros tour de table. Ils sont donc faits pour s'entendre.«Pinault a besoin de gens qui allient compétence et disponibilité,résume un proche.Brégou répond aux deux critères.»

Un financier réputé austère

L'ex-élève de l'Essec à l'image de gestionnaire pur et dur serait donc sa tête chercheuse, son«truffier»,pour reprendre l'expression d'un familier de l'homme d'affaires breton. Officiellement, pourtant, François Pinault ne lui a confié qu'une mission d'audit surLe Point,acquis à l'automne 1997 auprès du groupe Havas... qui l'avait lui-même acheté deux ans plus tôt sous la houlette d'un certain Christian Brégou. Qu'à cela ne tienne, le rachat en commun des Éditions Tallandier -l'ancien Pdg de CEP Communication possèderait 25% du capital - prouve que les deux hommes souhaitent aller plus loin ensemble, même«s'il ne faut pas croire que François Pinault raisonne sept coups à l'avance,poursuit notre observateur.Il agit avant tout en fonction des opportunités.»Néanmoins, on ne peut s'empêcher de penser que son recours à Christian Brégou s'inscrit dans une perspective bien plus ambitieuse. Même s'il se fait très modeste pour son retour dans la presse, ce dernier n'a pas le profil pour se contenter de réfléchir à l'avenir duPoint,qui reste dirigé par Claude Imbert et Bernard Wouts, ou de gérer et développerHistoria,où il a déjà placé la garde rapprochée qui le suit depuis plus de dix ans: Anne-Marie Finkelstein, nommée présidente du directoire des Éditions Tallandier, et Patrice Maubourguet, en charge du département édition. Comment, dans ces conditions, ne pas imaginer que François Pinault cherche en fait à mettre la main surLe Figaro?Son entourage ne cache pas qu'il avait été« très dépité»quand il avait cru comprendre que le quotidien de la Socpresse pourrait revenir à Dassault ou Hachette. Christian Brégou connaît parfaitement le dossier: au premier semestre 1998, il avait été mandaté par Yves de Chaisemartin, Pdg de la Socpresse, pour une mission d'assistance et de conseil«sur le rôle et le développement du groupe Figaro sur le marché des médias dans les années qui viennent».Au terme de sa mission, ce financier réputé austère et glacial, que Jean Weiss, Pdg du groupe Tests, décrit plutôt comme un homme qui peut être convivial mais cache sa timidité sous un humour à froid, avait préconisé un plan de restructuration capitalistique tellement précis que certains l'annonçaient déjà comme le futur patron duFigaro.L'histoire en a décidé autrement, mais le scénario pourrait revenir à l'ordre du jour.«Élucubrations»,selon lui. Pour ce père de deux enfants, qui passe la plupart de ses week-ends à restaurer une vieille demeure du XIIe siècle au nord de Paris, ce serait un formidable retour au premier plan.

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