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AUDIOVISUEL

L'AMI tant redouté est différé

20/02/1998

La mobilisation des professionnels de la culture a forcé le gouvernement à se prononcer sur l'AMI. Sa signature, prévue au printemps, est reportée.

Il connaissait le scénario, puisqu'il a produit le film. Mais le danger de la World Company a fini par mettre le producteur Charles Gassot hors de lui. Son syndicat, l'Union des producteurs de films (UPF), a donc été un des premiers à décider d'une action collective pour s'opposer à l'AMI, l'Accord multilatéral d'investissement qui est négocié en secret depuis trois ans par les membres de l'OCDE. Neuf autres mouvements soutiennent sa cause, dont le Syndicat des producteurs indépendants (SPI) et l'Union syndicale des producteurs audiovisuels (Uspa). L'enjeu est de taille. Car l'AMI n'a rien d'amical.«L'idée est de faire du monde un vaste espace de libre-échange, une sorte de marché unique international»,résume Olivier Carmet, directeur général de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques.«Pour l'instant limité à l'OCDE, l'AMI s'appliquera ensuite à tous les États.»Forte de son succès lors des accords du Gatt en 1993, qui avait conduit à reconnaître l'exception culturelle, l'industrie de la culture française est donc la première à monter au créneau.«Il ne s'agit pas d'une mobilisation sectorielle, mais citoyenne»,prévient Jean-Jacques Beineix, qui espère ainsi faire réagir les politiques. Le gouvernement s'est prononcé tardivement mais affirme vouloir préserver le principe de l'exception culturelle.

Un système explosif

Car l'AMI, c'est plus que ça. En libéralisant les mouvements de capitaux, l'accord vient perturber deux principes essentiels de la culture en France: le droit de la propriété intellectuelle et le système de soutien à la production cinématographique et audiovisuelle.«Ce système de soutien serait d'un coup ouvert au monde entier et ne pourrait donc qu'exploser»,explique Diane de Saint-Mathieu, délégué général du SPI. Sans parler des quotas de diffusion, contraires au principe de l'AMI, qui devraient être supprimés, laissant la place aux programmes américains bien moins chers, car déjà amortis.«Nous voulons donc que l'audiovisuel dans son ensemble soit exclu de cet accord»,renchérit Jacques Peskine, délégué général de l'Uspa. La mobilisation ne fait que croître. Pour s'imposer, les professions culturelles ont besoin du soutien des politiques, d'autres corps de métiers français et de celui des mouvements étrangers. Italie, Canada, Belgique, Grèce et Australie seraient déjà sensibilisés....

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