
"Inattendu", "incompréhensible", "stupéfaction"... Le rejet surprise du projet de loi contre le téléchargement illégal par les députés jeudi a été accueilli avec consternation voire colère par les professionnels de l'industrie musicale.
La Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (Sacem), qui parle de rejet "aussi inattendu qu'incompréhensible", attend "des pouvoirs publics comme des parlementaires, des gestes clairs et des décisions rapides, afin de mettre un terme à la dégradation majeure des revenus subie par les auteurs depuis cinq ans et d'assurer la légitime et nécessaire compensation des pertes de la filière musicale".
Pour le président du directoire de Virgin Stores, Jean-Noël Reinhardt, "en maintenant l'impunité pour les pirates, les députés confirment qu'ils veulent la mort de nos magasins et la fermeture des plateformes de téléchargement légal en France". "Depuis 5 ans, nous avons investi 15 millions d'euros pour construire une offre légale de téléchargement de 4 millions de titres", rappelle-t-il "mais de tout cela, le Parlement ne veut pas".
Le Syndicat national de l'édition phonographique (SNEP, maisons de disques) dénonce de son côté "les manoeuvres de ceux qui s'opposent à tous les créateurs, les artistes, les producteurs et les professionnels de la musique confrontés à une mutation sans précédent de leur activité", retardant "d'autant le développement des offres légales et la relance du processus de création".
John Kennedy, président et directeur général de la Fédération internationale de l'industrie phonographique (IFPI), se dit "déçu que la loi ne soit pas passée (...) Le président Sarkozy a été un vrai champion de la défense de la propriété intellectuelle et cette loi était une réponse efficace et proportionnée pour lutter contre le piratage et amener les internautes vers le vaste choix de plateformes musicales légales" en France.
Quant à l'Union des producteurs phonographiques français indépendants (UPFI), "c'est avec stupéfaction et consternation (qu'il) a pris connaissance du rejet" d'une loi "indispensable à la survie de la diversité culturelle en France".
Enfin, les éditeurs de musiques "forment le voeu que la représentation nationale réagisse au plus vite" en adoptant un projet "indispensable à la survie de la création musicale et des emplois qui en dépendent, et dont les vertus pédagogiques suscitent le plus vif intérêt dans de nombreux pays".
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