
L'autorité de la concurrence britannique de première instance, l'OFT, a décidé de déférer à l'autorité supérieure le projet de fusion programmée entre Ticketmaster et Live Nation, évoquant la perspective d'un affaiblissement de la concurrence.
Dans un communiqué daté de mercredi, dans lequel il explique les raisons pour lesquelles il envoie le dossier à la Commission de la Concurrence, l'Office of Fair Trading remarque que les deux entreprises américaines sont présentes au Royaume-Uni, "mais à des niveaux différents de la chaîne", Ticketmaster distribuant les billets et Live Nation jouant le rôle de promoteur et d'organisateur de concerts.
L'OFT observe que "Live Nation a depuis longtemps utilisé Ticketmaster comme son principal agent de billetterie, mais que cet accord expire en décembre 2009". "Préalablement à l'accord de fusion, Live Nation avait conclu un accord avec le plus gros fournisseur de billets européen, (l'allemand, ndlr) CTS Eventim, via lequel celui-ci apporterait des services de billeterie au Royaume-Uni à Live Nation, remplaçant ainsi Ticketmaster".
L'OFT pense qu'il y a désormais "une perspective réaliste d'affaiblissement important de la concurrence" avec la fusion proposée, "en raison de la perspective d'un retrait de CTS du marché britannique". Et "même si CTS se maintenait sur le marché", l'OFT estime qu'il faudrait référer le dossier à la Commission de la Concurrence, en raison d'un affaiblissement quand même de la concurrence".
La fusion "soulève également une inquiétude sur la position clé de Ticketmaster sur le marché de la billetterie", qui "pourrait amener la nouvelle entreprise à réduire la concurrence dans la promotion des événements musicaux, par exemple en limitant l'accès par des promoteurs concurrents à des services de billetterie".
Le directeur de l'OFT Ali Nikpay a remarqué dans le communiqué que le secteur des concerts "était en croissance rapide, générant actuellement quelque 1,9 milliard de livres (2,2 milliards d'euros) par an.
"Nous espérions que l'arrivée de CTS allait apporter une nouvelle dynamique de concurrence sur le marché britannique, mais la fusion risque de miner cela en hâtant peut-être la sortie de ce qui aurait été le troisième plus gros acteur au Royauaume-Uni, ou au moins en nuisant à son efficacité".
M. Nikpay craint que la fusion ne "prive les spectateurs de davantage de concurrence" et donc de prix plus bas.
AUTRES BREVES DE LA MEME JOURNEE