
Le plus grand groupe de presse de Turquie, Dogan Yayin Holding (DYH), a annoncé mercredi, par le biais de ses journaux, avoir été condamné à une amende de 3,75 milliards de livres turques, soit 1,75 milliard d'euros, par le fisc turc.
Un différend fiscal se poursuit depuis longtemps entre ce groupe et les pouvoirs publics, sur fond d'affrontement avec le parti gouvernemental de la Justice et du développement (AKP, issu de la mouvance islamiste).
L'amende a été décidée après un contrôle fiscal dans les comptes de DYH pour les années 2005, 2006 et 2007 concernant des arriérés d'impôts, selon un communiqué du groupe.
Il s'agit de la deuxième lourde amende infligée depuis le début de l'année au groupe Dogan, qui contrôle plus de la moitié du marché des médias privés du pays.
Le groupe Dogan avait alors assuré que cette première amende, d'un montant d'environ 370 millions d'euros, était politiquement motivée.
Le fisc reprochait en février au groupe Dogan, propriétaire notamment des quotidiens Hürriyet et Milliyet et de chaînes de télévision comme CNN-Türk et Star, des retards d'impôts dans un transfert de capital à l'éditeur allemand Axel Springer, ce que le groupe nie, affirmant avoir payé à temps.
La justice n'a pas encore tranché sur cette première affaire.
Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan avait fermement critiqué dans le passé la couverture, par les médias du groupe Dogan, de la politique menée par son gouvernement.
Le groupe Dogan, dont le propriétaire est Aydin Dogan, homme d'affaires septuagénaire, est actif aussi dans plusieurs domaines industriels tels que l'énergie.
Une confrontation avait opposé le trust médiatique à M. Erdogan lorsque les journaux du groupe avaient mis en cause le gouvernement dans le scandale "Deniz feneri" (le phare en turc), une organisation caritative proche de l'AKP, condamnée en Allemagne pour détournement de fonds, ce qui avait provoqué l'ire du Premier ministre.
Le groupe Dogan s'est montré critique à l'égard de l'AKP, au pouvoir depuis 2002, soupçonné par les milieux laïques de vouloir islamiser la Turquie, pays musulman mais laïque.
Le gouvernement a mis en oeuvre des réformes démocratiques pour renforcer ses chances d'adhérer à l'Union européenne, mais celle-ci a exhorté Ankara à en faire davantage pour les libertés individuelles, notamment dans le domaine de la presse.
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