
Une centaine d'ostréiculteurs du Morbihan ont déversé mardi trente tonnes de coquilles d'huîtres devant la sous-préfecture de Lorient, craignant pour la survie de leur profession après deux années de surmortalité chez les jeunes huîtres, a constaté l'AFP.
"Il n'y aura pas de problème pour ce Noël et Noël prochain", mais dans "un an et demi il ne restera que 20% de la production" actuelle, a déclaré Renan Henry, ostréiculteur à Saint-Philibert (Morbihan), et membre du "comité de survie des ostréiculteurs" organisateur de l'opération.
"Nos professions risquent de disparaître", a-t-il lancé.
Depuis deux ans, les producteurs d'huîtres français sont confrontés à une surmortalité des huîtres juvéniles, provoquée par un virus selon l'Ifremer. Selon M. Henry, la surmortalité a touché en 2009 entre 70 et 80% des jeunes huîtres.
"Il faut faire quelque chose, car nous ne sentons aucun soutien", a expliqué M. Henry. "Les mesures du gouvernement, c'est de la poudre aux yeux", a-t-il poursuivi.
Pour compenser les pertes liées à cette surmortalité exceptionnelle, le ministre de l'Agriculture a proposé fin septembre des mesures d'aides, dont des indemnisations par le Fonds national des garanties agricoles, comme il l'avait fait l'année précédente.
Mais "c'est beaucoup moins que l'année dernière", selon Didier Puren, ostréiculteur à Carnac depuis quinze ans. "C'est la fin du métier, dans six mois on est plus là", a-t-il dit.
Les ostréiculteurs ont remis "un cahier de doléances" au sous-préfet et attendent des réponses au plus tard d'ici mi-janvier, a dit M. Henry. "Cela commence à bouger dans d'autres régions", a-t-il également prévenu.
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