
Le géant espagnol des médias Prisa, propriétaire notamment du journal El Pais, en difficulté en raison d'une dette élevée, a obtenu un nouveau délai auprès des banques créancières concernant sa restructuration financière, a-t-il annoncé vendredi.
"Dans le cadre du processus de restructuration de sa dette financière, Prisa a conclu un accord avec toutes ses banques créancières pour étendre jusqu'au 30 novembre 2010 la date butoir pour la réalisation des conditions concernant l'augmentation de capital et la cession d'actifs", explique-t-il dans un communiqué.
L'accord de rééchelonnement de sa dette d'environ 4 milliards d'euros, signé en avril avec les banques créancières pour repousser à mai 2013 les échéances, était assorti de plusieurs conditions.
Trois de celles-ci n'ont pas été remplies, ce qui a obligé Prisa à négocier ce nouveau délai avec ses créanciers, a expliqué une porte-parole du groupe à l'AFP.
Il s'agit premièrement de l'augmentation de capital du groupe avec la participation de la société américaine d'investissement Liberty, qui devrait apporter "environ 600 millions d'euros" d'argent frais à Prisa, selon la représentante.
Cette opération se trouve "dans une phase finale" et devrait être approuvée prochainement par les actionnaires de Prisa et de Liberty, a indiqué la porte-parole.
Le directeur général de Prisa, Juan Luis Cebrian avait indiqué fin juin que l'ouverture du capital aux actionnaires de Liberty (des investisseurs et fonds américains), serait approuvée en juillet ou août, ajoutant que l'accord serait "adapté" pour tenir compte de la baisse de valeur des actions Prisa.
Le groupe espagnol a toujours soutenu que cette opération ne se traduirait pas par un changement de contrôle du groupe, qui restera dans les mains de la famille fondatrice Polanco même si cette dernière passera des 70% actuels à environ un tiers du capital.
La deuxième condition non remplie est le feu vert des autorités espagnoles de la concurrence et de l'audiovisuel, pour la cession des deux parts de 22% du bouquet digital de Prisa D+ au groupe télécoms Telefonica et à la filiale espagnole de l'Italien Mediaset, Telecinco. Cette dernière opération est assortie de l'absorption par Telecinco de la chaîne en clair de Prisa, Cuatro.
La représentante de Prisa a souligné que le retard pris par ce feu vert correspondait simplement à des délais administratifs.
La troisième condition non remplie est la vente d'une "part minoritaire" de la filiale portugaise de Prisa, Media Capital, à un investisseur portugais, Miguel Pais do Amaral, l'ancien actionnaire de référence de cette société.
La porte-parole a assuré que les discussions continuaient sur cette transaction et qu'il n'y avait pas de difficulté particulière sur ce dossier.
Outre El Pais, premier quotidien espagnol, Prisa possède une importante activité audiovisuelle, plusieurs radios, notamment en Amérique Latine, et est un éditeur important en langue espagnole, avec la maison d'édition Santillana.
Il détient en outre une participation de 15% dans le journal français Le Monde.
AUTRES BREVES DE LA MEME JOURNEE