
La grève entamée mercredi à la Tribune a été suspendue vendredi, une décision motivée par un "souci de responsabilité", ont annoncé vendredi les syndicats du quotidien économique dans un communiqué.
Selon les syndicats, "il n'en reste pas moins que les problèmes demeurent et que d'autres arrêts de travail restent possibles, très rapidement, si Valérie Decamp, la présidente de l'entreprise, ne renonce pas à sa décision de supprimer 25 postes à la rédaction, dont 15 pour le seul département édition".
"Les salariés réitèrent leur demande que rien ne soit décidé avant qu'un projet éditorial digne de ce nom soit dévoilé et, au préalable, qu'une nouvelle équipe dirigeante de la rédaction soit nommée", ajoutent-ils.
"Jusqu'ici, concluent-ils, les propos tenus par la présidente n'ont en rien rassuré les salariés.... Ils ont même plutôt été un facteur d'anxiété tant elle semblait ne pas connaître le travail d'une rédaction".
En grève mercredi et jeudi, les salariés avaient également voté une motion de défiance à l'encontre de la direction adoptée à 99%. Mercredi, le directeur de la rédaction et son adjoint avaient démissionné en raison de "divergences stratégiques" avec la direction.
De son côté, Valérie Decamp, PDG du quotidien, avait appelé jeudi "à la responsabilité et au dialogue" à un "moment crucial" de l'histoire du journal.
Selon elle, La Tribune doit "s'adapter au développement du numérique et aux nouveaux modes de consommation de l'information. Dans le contexte de la crise qui frappe durement le secteur de la presse écrite, une nouvelle stratégie de développement a été engagée avec succès depuis plusieurs mois".
Elle avait également assuré qu'elle s'employait "activement à constituer une nouvelle équipe pour poursuivre la stratégie" et "construire un modèle de presse novateur".
En janvier, le journal, en butte à de sérieuses difficultés financières, avait été placé pour six mois en procédure de sauvegarde, lui permettant ainsi de geler temporairement ses créances. Il est à la recherche de 15 millions d'euros pour se recapitaliser. Les pertes s'élevaient à 9 millions d'euros en 2010 et à 14 millions en 2009.
Selon Libération notamment, l'ancien conseiller social de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, Raymond Soubie, pourrait investir dans La Tribune, à condition toutefois que soit réalisé un "dégraissage préalable" au sein du personnel.
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