... Europe et France en suspens
En France, François Blachère, PDG de D'Arcy, a déjà passé ces derniers jours à rassurer ses clients. Hormis les arbitrages à l'échelle mondiale qui se décident pour l'essentiel aux États-Unis (Procter&Gamble et General Motors en tête), de nombreux budgets européens et nationaux restent en suspens. Jean-Yves Ballouard, responsable de la publicité chez Fiat France, ne cache pas ses préférences :« Nous avons de très bonnes relations avec D'Arcy[qui gère notamment Stilo, les utilitaires et la promotion],et Leo Burnett[Punto, Seicento, Ulysse, etc.]est une excellente agence. Cela simplifierait les choses de limiter nos interlocuteurs à une seule agence. »De là à imaginer un transfert des équipes et des budgets Fiat de D'Arcy chez Leo Burnett, il n'y a qu'un pas que Jacques Bordelais, PDG de Leo Burnett, préfère ne pas franchir :« Rien n'est arrêté. La plupart des décisions seront prises d'ici à fin novembre. »Quant à l'éventualité d'un déménagement de Leo Burnett dans les locaux de D'Arcy, Jacques Bordelais la balaie d'une boutade.
Pour sa part, François Blachère, dont l'avenir au sein du groupe est encore à définir, tient à défendre« une solution préservant au maximum l'intégrité de l'agence, bien sûr sans le nom de D'Arcy ».De fait, un « démembrement » de l'agence parisienne n'est pas inéluctable, même si certains budgets comme ceux des Fromageries Bel, à commencer par l'emblématique Vache qui rit, pourraient logiquement rejoindre Saatchi&Saatchi... qui gère déjà Babybel. Éric Cothenet, directeur général de Bel France, ne pose qu'une condition :« Une agence de publicité, ce sont d'abord des hommes et des femmes. L'essentiel pour nous est de préserver cette compétence, peu importe la structure. Notre préoccupation est la même au niveau européen : garder l'efficacité du réseau. »En somme, la balle est dans le camp des agences du groupe. Mais mieux vaudrait ne pas trop traîner car, comme le souligne Jean-Yves Ballouard, les annonceurs n'aiment rien moins que les périodes de transition. À croire qu'il n'y aura finalement que les publicitaires pour pleurer la disparition de la marque D'Arcy.
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