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Cristina Stenbeck : Metro, boulot, solo

Cette opacité a conduit plus d'un expert à douter de la pérennité de la maison Stenbeck. En outre, la valeur boursière de ses entreprises a chuté de quelque 60 % avant la mort du grand patron, du fait de la crise du secteur des télécoms et de l'apathie du marché publicitaire. Mais les mauvaises langues en sont aujourd'hui pour leurs frais : l'édifice a, semble-t-il, tenu le coup. Et Cristina y a renforcé ses positions, au moins d'un point de vue formel. En février, elle est nommée vice-présidente du conseil d'administration de Metro International. Elle dirige également celui d'Emesco, la discrète société familiale au coeur du système Stenbeck.

Les pertes éprouvent Metro

Sa première apparition publique, en mai, fait plutôt bonne impression. L'allure très B.C.B.G., double collier de perles et sourire charmeur, elle répond du tac au tac aux questions des médias, curieux d'approcher cette femme aussi jeune que puissante. Quelques semaines plus tôt, elle dînait avec le premier ministre suédois, le social-démocrate Göran Persson. Au menu officiel : comment limiter les dégâts du marasme des télécoms. La discussion aurait aussi tourné autour des ambitions de TV3, la chaîne maison, dans le royaume.

Plusieurs ombres planent toutefois sur l'avènement programmé de la « reine » Cristina. Les pertes éprouvent durement les comptes de plusieurs entreprises de la sphère Stenbeck, en particulier de Metro International. Une situation qui ne laisse pas d'inquiéter même si Metro a annoncé, en juin, qu'il allait se procurer plus de 30 millions de dollars (plus de 26 millions d'euros) de fonds nouveaux et convertir près de 150 millions de dollars (130,5 millions d'euros) de dettes en actions, laissant ainsi le groupe avec un niveau de dettes quasiment nul.

En France, le groupe cherche néanmoins un partenaire industriel pour maintenir son journal (présent à Paris, Marseille et Lyon). Quant à la question de l'héritage, elle n'est pas réglée. Cristina Stenbeck et ses trois frères et soeurs ont eu la surprise d'apprendre, à la mort de leur père, qu'il avait un autre fils d'une récente liaison extra-maritale. La mère de ce dernier réclame son dû. Il faudra attendre encore plusieurs mois pour savoir comment sera répartie la fortune du disparu... ou ses dettes. Cristina pourra-t-elle un jour, elle aussi, jouer son rôle dans « Staying alive » ?


Information traitée dans Stratégies Magazine n°1289

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