11/07/2003 - Héritière de l'empire Kinnevik, qui détient le gratuit Metro et l'opérateur télécom Tele 2, Cristina Stenbeck s'est imposée à la tête de son groupe. Mais plusieurs ombres planent encore sur elle.
En 1983, il y a vingt ans, un quadragénaire suédois sortait de l'ombre pour affirmer son emprise sur l'entreprise familiale fondée par son père, récemment décédé. « Jan Stenbeck dans " Staying alive " », proclamait l'affiche trônant au-dessus du cinéma de Stockholm où se tenait l'assemblée des actionnaires de Kinnevik. Mai 2003. Cristina, la fille aînée de Jan, décédé neuf mois plus tôt, fait ses premiers pas devant les caméras, endossant crânement le tailleur, un peu trop grand pour elle, de l'héritière adoubée. À vingt-cinq ans, cette élégante blonde tente de rééditer le pari réussi naguère par son père : prendre le contrôle des affaires familiales et aller de l'avant. Mais la comparaison s'arrête là. Pour l'instant. Quand le père de Jan Stenbeck meurt, celui-ci s'est déjà frotté au monde des affaires. Formé à Harvard, il a fait ses classes à la banque Morgan Stanley et racheté deux sociétés de téléphonie mobile. Sa fille Cristina, elle, a certes fait des études d'économie. Mais elle est une novice dans l'art de diriger une entreprise.
Sa tâche s'annonce délicate. D'autant que son père a élargi le champ d'action de la sphère familiale à des domaines ultraconcurrentiels. À l'industrie forestière et papetière, il a ajouté la téléphonie mobile, notamment avec Tele 2, et les médias. C'est lui qui, le premier, a lancé une chaîne de télévision commerciale (TV3) en Suède, en 1987, émettant par satellite depuis Londres pour contourner la législation nationale. C'est encore lui qui, en 1995, a racheté le journal gratuit d'information venant d'être lancé dans le métro de Stockholm. Il fera de ce titre,Metro,le pionnier du genre, en l'imposant dans une quinzaine de pays, dont la France en 2002, au prix de lourdes pertes financières.
Huis clos feutré
Mort d'une crise cardiaque à cinquante-neuf ans, Jan Stenbeck n'a pas eu le temps d'asseoir sa fille aînée sur le trône de l'héritière officielle. Bien qu'il ait émis le souhait qu'elle lui succède, la jeune femme n'est, lorsque son père disparaît, que membre suppléante au conseil d'administration d'une des nombreuses firmes de la galaxie Stenbeck. Certains prévoient une guerre de succession entre les barons installés ici et là par l'ancien maître des lieux. Pelle Törnberg, alors PDG de Metro International, fait un temps figure de favori. Si guerre il y a eu, elle s'est déroulée dans le huis clos feutré de l'immeuble de la vieille ville de Stockholm, d'où le redoutable homme d'affaires tirait, de son vivant, les ficelles d'un empire dont il était l'un des rares à maîtriser l'entrelacs.
27 septembre 1977.Naissance aux États-Unis.
2002.Après des études d'économie, management stratégique et relations publiques à l'université de Georgetown (États-Unis), elle devient assistante commerciale chez Polo Ralph Lauren à New York.
Février 2003.Devient vice- présidente de Metro International.
Mai 2003.Entre au conseil d'administration de plusieurs sociétés dont Modern Times Group, Kinnevik et Tele 2. Et prend la suite de son père, décédé neuf mois plus tôt.
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