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Loi Evin : séparer le bon vin de l'ivresse...

EN PLEINE CAMPAGNE ÉLECTORALE, LA POLÉMIQUE BAT SON PLEIN

Faire de la prévention, pas de la prohibition

La loi Evin n'est pas la seule à être discutée en Europe. En Suède, la vente d'alcool est interdite pendant la semaine : du coup, le week-end devient un défouloir, occasion de beuveries infernales. L'Espagne, plus libérale, prête, elle aussi, le flanc à la critique. En attendant une hypothétique harmonisation européenne, il existe au moins un consensus : la question de la prévention.« La France a abandonné l'approche européenne, qui tend à classer l'alcool parmi les produits dangereux pour la santé. Le ministre de la Santé, Jean-François Mattei, a même déclaré que l'alcool n'était pas une drogue,rappelle l'alcoologue Philippe Batel.Pourtant il fait davantage de victimes que l'héroïne... Ce qu'il faut changer en France, c'est la représentation que l'on a de l'alcool, mettre l'accent sur les communications sociétales, pour voir le nombre de malades chuter de manière significative. »

Mais prévention ne signifie pas prohibition car l'interdit peut être encore plus séduisant, comme le souligne Erick Landon, un avocat spécialisé dans ces questions.« Il faut avoir un débat objectif et, à partir de là, établir une réglementation qui permette de protéger les jeunes et les enfants en amont... À force d'interdire, on aboutit aux plus grands excès : l'interdiction du tabac dans la publicité et la hausse des prix aboutissent à la contrebande. Une fois que ce genre de réseaux est mis en place, alors, il est trop tard... »


Information traitée dans Stratégies Magazine n°1316

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