MARKETING COMMUNICATION MEDIAS
Accueil > JCDecaux peut-il perdre Paris ?

JCDecaux peut-il perdre Paris ?

Le contrat, portant sur les panneaux de 2 m2 et 8 m2, et représentant un chiffre d'affaires de 27 millions d'euros, est certes une goutte d'eau pour JCDecaux, qui a annoncé en septembre dernier un chiffre d'affaires de 1 382,1 millions d'euros au 30 septembre 2006, en hausse de 12,6 % par rapport au 30 septembre 2005. Mais la Ville Lumière est depuis toujours la vitrine de JCDecaux : ne raconte-t-on pas que l'afficheur aime à montrer à ses clients ses mobiliers urbains dans le plus prestigieux écrin qui soit, les Champs-Élysées ?

Nouveau nerf de la guerre

Face à JCDecaux, le combat paraissait à première vue inégal pour Clear Channel France, qui avait certes été le premier à proposer un service de vélos en libre-service à Rennes, via sa société Adshel, mais sans le retentissement des Vélo'V lyonnais. Mais l'afficheur a su s'entourer en formant le Groupement pour Paris, aux côtés d'EDF, France Télécom et Vinci Park. Des partenaires qui permettent évidemment d'affûter ses arguments technologiques, mais qui ont également - atout non négligeable - tissé depuis longtemps des relations privilégiées avec les municipalités... Pour avoir toutes les chances de son côté, Vincent Piot, le PDG de Clear Channel France, a également fait appel à Euro RSCG C&O pour l'aspect lobbying, avec aux manettes son vice-président Jean-Michel Hieaux.

Après des mois de préparation et à la veille de l'annonce de la décision de Paris, les compétiteurs sont donc appelés à remettre leur ouvrage sur le métier. « Gagnant ou perdant, un tel appel d'offres permet d'améliorer de manière notable sa courbe d'expérience », confiait un afficheur, en marge du dernier Grand Prix de l'affichage, qui se tenait en octobre en Sardaigne. D'autant que les appels d'offres des municipalités ont définitivement changé de visage : les services à la ville constituent désormais, et de manière éclatante, le nerf de la guerre. Si on donnait Clear Channel gagnant sur ce marché parisien tant convoité, tout n'est pas joué, loin de là. « Les marchés publics ne connaissent ni notion de punition ni de vengeance, précise-t-on à la mairie de Paris. Si JCDecaux remplit les critères, il peut remporter le marché. » En attendant, Jean-François Decaux, directeur général de JCDecaux, a déclaré le 7 novembre au Wall Street Journal être « intéressé » par le rachat de Clear Channel Outdoor, mis en vente depuis les États-Unis par sa maison mère, Clear Channel Communications. Une façon pour JCDecaux d'assurer ses arrières ?


Delphine Le Goff, avec Bruno Fraioli
Information traitée dans Stratégies Magazine n°1434

Page 2/2
Vos commentaires

Réagissez à cet article
Merci de vous identifier afin de pouvoir publier un commentaire : Identifiez-vous

Pas encore d'identifiant ? Créez vos identifiants

STRATEGIES SERVICES