Passés les restaurants turcs et africains, on entre dans un univers plus imposant que chez Ségolène Royal : deux volées d'escalier encadrent une photo géante du chef. Sur la gauche, une boutique propose, entre autres des sacs à l'effigie du candidat, de 18 à 39 euros. Les deux étages de coursives rappellent que l'on est dans un ancien théâtre, transformé en bureaux pour l'architecte Ricardo Bofill, puis pour le couturier Paco Rabanne. Quand la tente d'accueil du PS est tout en couleurs fraîches, ici les tonalités sont noires, brunes et crèmes, avec une touche de bleu pour le bandeau « Ensemble tout devient possible ». Autre différence avec son adversaire socialiste, l'ensemble du dispositif de campagne est réuni dans ces 1 000 m², aux bureaux vitrés et où les collaborateurs s'interpellent d'un étage à l'autre. Si le maître mot de Ségolène Royal est « participatif », ici on est résolument « communicatif ».
Franck Louvrier, l'un des responsables de la communication, assure la visite guidée des lieux, y compris le bureau du candidat, où des paravents masquent la vue plongeante sur un atelier de confection. Dans l'atrium central, la projection de la page d'accueil du site sarkozy.fr égrène le compte à rebours jusqu'au second tour de la présidentielle. « Cela met la pression à tout le monde, reconnaît Franck Louvrier. C'est un lieu fatigant, mais très dynamisant. On aura un petit regret en partant. »
Nonobstant toute considération politique, Gérard Caron est impressionné : « J'y ferais bien mon agence. Le design est fonctionnel, sans parti pris de déco. On sent même une volonté assez autoritaire, c'est du design à la Andrée Puttman. On ne cherche pas à dire qu'on est moderne, comme au Parti socialiste. On a l'impression d'être chez des pros, tout est très organisé. Il y a de la solennité, malgré le quartier, là où Ségolène Royal fait tout pour casser la solennité du cadre avec une multitude de détails. Mais une accumulation de petites recettes ne fait pas un QG. Un grand papillon suspendu aurait fait l'affaire. Ici, le message est structurel. On est dans une fourmilière bien ordonnée. »
Force est de constater que chaque QG est cohérent avec l'image de son candidat : « une femme souriante, élégante, qui veut donner des signes de modernité », d'un côté ; un « pharaon » qui régit son monde, de l'autre, résume Gérard Caron. On ne les verrait vraiment pas échanger leurs adresses.
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