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« Endemol ne se limite pas à la télé-réalité »

24/01/2008

Virginie Calmels a pris la suite de Stéphane Courbit à la présidence d'Endemol France en septembre 2007.Elle dévoile ses priorités : fiction, croissance externe et nouveaux médias.

La suppression de la publicité sur la télévision publique, c'est une bonne ou une mauvaise nouvelle pour Endemol ?

Virginie Calmels. Ce n'est ni bon ni mauvais, tout dépendra du cahier des charges. Si les chaînes se limitent au documentaire et à tout ce qui n'est pas notre corps de métier, ce sera une mauvaise nouvelle. Mais la vocation du service public est d'offrir de la ­diversité aux téléspectateurs, me semble-t-il. Supprimer le jeu, comme j'ai pu le lire, n'est pas de nature à assurer cette diversité. En tant que leader mondial du divertissement, nous avons des formats intéressants pour le service public. Nous travaillons d'ailleurs au Royaume-Uni avec la BBC (Un contre cent, Celebrity Fame Academy, The One and Only, Animal Park, par exemple). Pour l'heure, la part de notre activité réalisée avec France Télévisions est infinitésimale, mais je souhaite la ­développer.

Sur la fiction, notamment ?

V.C. En effet. Nous avons commencé à travailler sur la fiction en avril 2007. Nous nous sommes donné deux ans pour lancer cette activité, qui demande du temps. D'ores et déjà, nous avons signé avec France 3 une convention de développement pour une adaptation unitaire du livre L'Arbre de mai, d'Édouard Balladur, en docu-fiction. Au total, nous avons une quarantaine de projets en écriture (unitaires et « soaps »), avec une cellule consacrée à la création de bibles et de scénarios.

Vous voulez en finir avec l'image sulfureuse d'Endemol, née de Loft Story ?

V.C. Je veux simplement une image juste. La réalité, c'est qu'Endemol est très diversifiée en matière de contenus avec du jeu, de la fiction, de la télé-réalité, du divertissement, du magazine, du talk-show, etc. Ce qui m'importe, c'est que notre image reflète mieux la qualité des produits et la compétence des équipes, et ne soit pas résumée à un genre qui n'est qu'une facette de nos contenus, ne représentant que 15 à 20 % du temps de production et moins d'un tiers du chiffre d'affaires.

Votre accord d'exclusivité avec TF1 (Star Academy, Secret Story, etc.) arrive à échéance en juin prochain. Souhaitez-vous le renouveler ?

V.C. Oui. Nous sommes aujourd'hui un partenaire privilégié de TF1. Je ne vois pas pourquoi nous ne renouvellerions pas ce partenariat, tant que chaque partie s'adapte aux contraintes de l'autre. Je ne suis pas sûre que la clause d'exclusivité soit encore nécessaire : elle empêche d'aller se développer ailleurs, ce qui a un coût. L'accord avec TF1 avait été réduit à deux ans car il y avait des échéances au niveau d'Endemol Monde, avec des changements d'actionnariat et de management. Là, nous sommes dans une démarche qui pourrait être de plus long terme, avec une durée allongée.


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L'affaire 2M se termine en douceur

Endemol France a été en délicatesse fin 2007 avec son ancien patron, Stéphane Courbit. Motif : un joint-venture, 2M (Mazure et Métral), créée par deux de ses amis, par ailleurs licenciés d'Endemol, avait signé directement avec TF1 pour ­Secret Story. Endemol s'est plaint de devoir assurer 100 % des coûts de production alors que les recettes étaient perçues par 2M. Lorsque Endemol a exigé de 2M la moitié de la marge nette, les intéressés ont refusé. L'affaire s'est conclue en décembre par un rachat de la totalité des actions de 2M, ce qui a permis d'éviter tout préjudice.

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