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Nike/Adidas, le match dans le match

05/06/2008 - Les deux équipementiers ont fait de l'Euro 2008 de football un axe essentiel de leur communication cette année. Adidas veut conforter une place de numéro un mondial sur le secteur que Nike entend bien lui contester.

L'Euro de football, qui se disputera du 7 au 29 juin en Suisse et en Autriche, sera une nouvelle étape dans la guerre commerciale opposant Adidas et Nike. Une Coupe du monde et un championnat d'Europe des nations de football sont des enjeux économiques et commerciaux évidemment colossaux pour les équipementiers. Les deux géants mondiaux se disputent les parts de marché dont l'unité de mesure est la centaine de millions d'euros. En 2007, Nike a consolidé sa place de leader mondial du sport, devant Adidas. Mais, sur le marché du football, estimé à plus de 3,5 milliards d'euros, les positions sont inversées. Avec un volume d'activité de 1,2 milliard d'euros, la marque aux trois bandes distance son concurrent américain, qui affiche 900 millions de revenus dans le ballon rond. Mais « le chiffre d'affaires de Nike dans le football a été multiplié par deux depuis la Coupe du monde 2002, et par 35 depuis celle de 1994 », rappelle Éric Pierrejean, directeur marketing de Nike France.

Le terrain d'affrontement privilégié des deux équipementiers est celui de la communication. Premier support : les joueurs eux-mêmes. Adidas et Nike partent à armes égales dans l'Euro : chaque marque est en contrat avec cinq équipes nationales et, s'agissant de l'équipe de France, chacune a neuf joueurs dans son écurie. Mais si une Coupe du monde ou un Euro sont des périodes fortes de visibilité pour le football, « tout ne se joue pas à ces moments-là », souligne Éric Pierrejean, qui ajoute : « Ces compétitions sont des points de repère, mais il ne faut oublier le travail réalisé par les clubs. » Une observation partagée chez Adidas. D'autant qu'en janvier dernier, la marque aux trois bandes s'est fait chiper le maillot des Bleus. La marque au swoosh sera l'équipementier de l'équipe de France dès 2011, pour plus de 45 millions d'euros annuels. Une somme astronomique.

« Nous avons d'autres atouts et encore beaucoup d'avance en termes d'image et de part de marché, indique Emmanuelle Gaye, porte-parole d'Adidas France. Nous nous étions fixé un seuil financier maximum, surtout dans un marché français qui n'a plus un gros potentiel de développement. » Il n'empêche, le maillot des Bleus, le plus cher du monde donc, s'arrache bon an mal an à un demi-million d'exemplaires. « Les commandes sont cette année 15 % supérieures à celles de l'avant Coupe du monde 2006 », confie même Emmanuelle Gaye, très satisfaite des ventes du nouveau maillot « extérieur » des Bleus : une version inédite en rouge. Adidas préfère désormais mettre en avant ses contrats avec les clubs, notamment l'Olympique de Marseille, où les montants des droits payés sont autrement moins élevés et le retour sur investissement plus intéressant.


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Les autres duels de l'Euro

Coca/Pepsi. Le match des sodas au cola est aussi disputé que celui des équipementiers. Du moins ailleurs qu'en France, où Pepsi est quasiment inexistant face à un Coca-Cola qui truste plus des trois quarts du marché. Avec une notoriété au plus haut, Coca-Cola, partenaire à la fois de l'équipe de France et de l'Euro, construit sa communication sur le sens et l'esprit plus que sur la visibilité. Ainsi, le supporteur est au coeur de ses publicités. Il l'est également pour Pepsi, qui utilise pleinement ses nombreuses stars (Ronaldo, Henry, Beckham, etc.) dans un film international. Mais Coca-Cola et Pepsi doivent se méfier d'un troisième larron, Red Bull, à qui l'on prête de sérieuses ambitions.

Toyota /Hyundai. Le premier est partenaire de l'équipe de France de football, le second de l'Euro. Les deux constructeurs asiatiques se livrent un duel à distance avec des objectifs différents. Pour Toyota, qui a dépassé la barre des 100 000 véhicules vendus en France en 2007, il s'agit de construire une image « nationale ». Les nouveaux films publicitaires de Saatchi&Saatchi parient toujours sur l'humour et mettent en scène le supporteur français. Pour Huyndai et sa filiale Kia, il s'agit juste de se faire connaître. Une création corporate internationale est chargée de répondre à cet objectif. En 2006, pour la Coupe du monde de football, Toyota avait investi 4,8 millions brut dans les écrans publicitaires, selon Yacast, contre 1,9 million pour Hyundai.

TF1 /M6. Le partage des matchs d'un événement sportif majeur n'est pas nouveau. Mais c'est la première fois que TF1 a face à elle une chaîne privée directement concurrente. Pour M6, qui a déjà diffusé des rencontres du Mondial 2006, l'Euro 2008 constitue une nouvelle étape. La chaîne va, pour la première fois, programmer des matchs de l'équipe de France, et peut-être aussi la finale. Si l'Euro 2008 doit logiquement tirer vers le haut les audiences générales des deux chaînes sur le mois de juin, pour autant, aucune ne devrait rentabiliser l'investissement, qui représente 50 millions d'euros chacune.

Les partenaires de l'Euro 2008

Partenaires officiels : Carlsberg, Coca-Cola, JVC, Master Card, Hyundai-Kia, McDonald's - Sponsors Euro : Adidas, Canon, Castrol, Continental - Supporteurs nationaux Suisse : Ferrero, Hublot, Swisscom, UBS - Supporteurs nationaux Autriche : Austria Post, Hublot, Telekom Austria, Unicredit. Source : UEFA

Les partenaires officiels des Bleus

Parrains : Adidas, Carrefour, Crédit agricole, Suez, TF1 - Partenaires : Coca-Cola, Nutella, RTL, SFR, Toyota - Fournisseurs : Babyliss, Bigmat, Cadbury, Caprice des dieux, Garmin, Danette, Daniel Crémieux, McDonald's, Sport 2000, Stade de France. Source : Sportfive

Les équipementiers des sélections nationales

Adidas : Allemagne, Espagne, France, Grèce, Roumanie - Nike : Croatie, Pays-Bas, Portugal, Russie, Turquie - Puma : Autriche, Italie, Pologne, République tchèque, Suisse - Umbro : Suède.

Source : fédérations nationales

En image
La campagne Adidas, réalisée par l'agence néerlandaise 180 TBWA, envoie des vedettes rencontrer des jeunes de modestes fédérations européennes (ici, Steven Gerrard dans un club des îles Scilly) pour affirmer la primauté du collectif sur l'individuel.
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