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Sondage

La cote des traders au plus bas

03/09/2009 - par Marie Maudieu

50% des Français jugent leurs bonus très excessifs.

Les traders sont-ils les nouveaux boucs émissaires des Français? Le moins que l'on puisse dire, c'est que leur cote d'amour est au plus bas. Selon un sondage réalisé en août 2009 par TNS Sofres pour le compte de BNP Paribas et publié par Le Monde le 26 août 2009, 75% des 987 personnes interrogées considèrent que le métier de trader «consiste notamment à spéculer en Bourse».

Si 66% estiment justifié que les opérateurs financiers reçoivent une commission de 10 ou 20% sur les gains engrangés, plus de 50% jugent ces bonus très excessifs. Et 18% des personnes interrogées estiment qu'ils ne devraient rien toucher du tout. Un sondage publié au lendemain d'une réunion à l'Élysée où un Nicolas Sarkozy «très énervé» a exhorté les banquiers de la place de Paris à «mettre fin aux bonus exubérants» et annoncé dans la foulée une série de mesures pour mieux encadrer ces fameuses rémunérations variables.

La polémique dure depuis le 5 août. Ce jour-là, le quotidien Libération révèle que BNP Paribas a mis 1 milliard d'euros de côté au premier semestre 2009 pour payer les bonus de ses traders. Un chiffre à rapprocher des 5,1 milliards d'euros que le même BNP Paribas a reçu de l'État, donc du contribuable, dans le cadre du plan de soutien au secteur bancaire… Même si le groupe assure respecter scrupuleusement les règles établies par le G20, les Français ne cachent pas leur indignation.

Pour preuve, la prolifération des sondages mettant en cause les traders. Le 7 août, La Tribune prend la température sur son site Web: 44% des 700 votants qualifient de «scandaleuse» cette distribution de bonus. «La leçon n'a pas été retenue», constatent-ils. «Logique, car l'État n'a pas imposé de contraintes» analysent 44% des votants. Seuls 13% jugent normal de rémunérer ceux qui rapportent de l'argent.

Sentiment d'exaspération

Le 10 août, un nouveau sondage sur le site du quotidien économique confirme le mécontentement. Cette fois, les 1026 votants prônent une réglementation plus stricte, 66% se prononçant même pour une interdiction pure et simple des bonus.

Pendant que les sites d'information financière continuent d'alimenter la réflexion, le Journal du dimanche interroge les Français le 25 août, cette fois sur la crédibilité des mesures envisagées par Nicolas Sarkozy. Pour 46% des 470 répondants, «c'est de la démagogie car le système en place va perdurer». Et 14% de s'interroger: «Pourquoi ne pas supprimer les bonus, tout simplement?». Tandis que 12% pensent que «les traders trouveront un autre moyen d'arrondir leurs fins de mois».

L'association SOS Petits Porteurs a lancé le 5 août une pétition sur son site Internet, recueillant plus de 500 signatures dès le premier jour, exigeant que le «milliard des traders de la BNP soit remboursé à l'État».

Cette exaspération de l'opinion publique française devrait appuyer le discours de Nicolas Sarkozy lors du sommet du G20, les 24 et 25 septembre à Pittsburgh (États-Unis). Même si un rapide tour de la blogosphère américaine et britannique, effectué par lexpansion.com, suffit à constater que les diatribes antibonus du président français laissent sceptiques hors de nos frontières.

Et les traders, eux, qu'en pensent-ils? Ceux de la Société générale parlent stress, peur de perdre leur job et horaires impossibles, et surtout ils s'estiment sous-payés, révèle une étude réalisée à la demande de la banque par le cabinet d'experts Technologia et publiée le 28 août par Le Parisien. Près de 60% d'entre eux considèrent que les bonus «ne sont pas en rapport avec ce qu'ils font gagner à l'entreprise». À méditer.

 

(avis d'expert)

Jean de Belot, président du cabinet Aria Partners

«Le sujet cumule les thèmes du débat français classique: l’égalitarisme, l’argent facile, une méconnaissance des métiers et l’idée d’une caste de “toujours gagnants” contre les citoyens ordinaires, toujours perdants. Reste que cette “bulle” des traders est une hystérésis injustifiée dans l’écrasante majorité des cas. Mais les professionnels des marchés sont parvenus, contre les dirigeants, les actionnaires et les États, à fabriquer “leur” marché. Démonstration de plus, par le marché, que le marché n’est ni la raison ni la morale. Il y a un sujet de management pour les banques : comment garder sous une même marque le trader à 1 million d’euros de rémunération régulière et le guichetier chargé de chasser le découvert de 15 euros? Et une mutation sociétale profonde: le “combien du gagnes et pourquoi ?” va s’imposer partout. C’est le boomerang de la “transparence toc” des années passées. Certains s’y préparent déjà.»

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