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Le syndrome NBA

02/04/2015 - par Stéphane Distinguin

Stéphane Distinguin, président de Fabernovel, le déplore: le système français forme des ingénieurs qui constituent le premier bataillon des développeurs... à San Francisco. Comme d'excellents basketteurs qui se retrouvent à disputer le championnat américain. A la France et à l'Europe de mettre en place une «ligue» suffisamment attractive. Cela passe le développement d'une culture de l'innovation et de l'entrepreneuriat.

Depuis déjà trois mois que nous nous fréquentons ici, j’ai chanté les louanges de la French Tech, essayé d’expliquer que les hirondelles feraient le printemps de la transformation numérique, parfois esquissé ses grands défis de fond, la formation et l’attractivité des talents en particulier. J’espère que vous m’aurez trouvé optimiste, parfois laudateur. Pour changer, il vaut encore mieux faire envie que pitié.

 

Mais nous avons un problème. Un gros. La culture du numérique et de l’entrepreneuriat qui en est un de ses principaux vecteurs est « en pente »: elle glisse inexorablement vers les Etats-Unis et la Californie. Un de ces inconnus pertinents qu’on croise sur Twitter me faisait remarquer il y a quelques jours que l’ambition de l’Europe avait évolué depuis Lisbonne et sa « stratégie » : d’être le leader de l’économie de la connaissance en 2000 à, ces jours-ci, « faire ch… la Californie »… Je ne souhaite pas apporter d’eau à ce moulin mais je vais tout de même prendre le temps de partager ce que j’appelle le « syndrome NBA ».

 

Le basket-ball est sans doute un des sports les plus exigeants au monde. Rapidité, agilité, dextérité… pour des corps hors norme de plus de 2 mètres et 120 kilos de muscle. La NBA est sa compétition reine, c’est le championnat professionnel américain. On joue au basket partout mais pas tout à fait dans les mêmes conditions : il y la NBA et le reste. Tous les enfants qui jouent et se passionnent pour ce sport rêvent de Los Angeles et ses Lakers, San Antonio et ses Spurs, Chicago et ses Bulls mais pas de Limoges, de Nanterre ou de Pau.

 

Vous voyez où je veux en venir. Pour les start-up, le soleil se lève à l’Ouest et le soft power est manifeste : les meilleurs doivent se confronter à la compétition de la Silicon Valley car les méthodes, les expressions, les références… les champions sont là-bas. Trop rarement ailleurs. D'ailleurs, nos plus belles histoires y passent forcément à un moment ou un autre : Business Objects ou Criteo, bien sûr, et même le fondateur de BlaBlaCar formé à Stanford. Et si l'on considère que ce qui vaut pour les entrepreneurs se réplique pour leurs entreprises, le problème prend une échelle inquiétante.

 

Le système français forme des ingénieurs qui constituent le premier bataillon des développeurs à San Francisco et investit (Bpifrance, subventions, statut Jeune Entreprise Innovante, Crédit Impôt Recherche, …) dans des entreprises dont les meilleures comme Sparrow, Lafourchette ou Dailymotion ne peuvent pas se faire acheter par des acteurs européens qui n’ont pas les mêmes moyens pour valoriser leurs cibles. Donc nous formons, investissons, et les marrons sont tirés du feu, ailleurs.

 

Alors que faire ? D’abord développer une culture, la nôtre, de l’innovation et de l’entrepreneuriat. Identifier des compétitions qui nous permettent de conserver les meilleurs championnats en Europe. Pour faire simple, répondre au syndrome NBA par l’invention de la Champions League avec Barcelone, Manchester, Paris et Munich ou la Formule 1 avec McLaren, Red Bull et Ferrari. J’espère ne pas vous avoir perdu avec cette métaphore filée et sportive. J’aurais pu aussi parler du Joueur de flûte de Hamelin. Mais la fin est bien plus triste…

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