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Les 10 ans qui ont tout changé

17/03/2016 - par Stéphane Distinguin, président de Fabernovel

Je vous aurai rebattu les oreilles des grands principes de la tragédie transition numérique. Unité de temps, de lieu et d’action. On aurait pu penser que cette grande transformation allait d’abord pulvériser ces trois dimensions, elle les a renforcées.Cap Digital, que je préside, fête ses 10 ans cette année. Le chemin parcouru est inouï. A sa création, c’était le pôle de compétitivité du «multimédia», aujourd’hui, fort de 1000 membres, c’est le premier cluster européen du numérique, à l’avant-garde du big data – ou plutôt du machine learning puisque nous sommes en 2016 et jamais en retard d’une tendance. Nous fêterons cet anniversaire le 24 mars.Mais revenons au temps, à l’action et au lieu. Le fonds qui porte bien son nom, First Round (premier tour), celui d’Uber, qui a investi très très tôt dans des dizaines de sociétés et de nombreuses licornes, du A d’App Nexus au Z de Zenefits, nous fait le cadeau de revenir sur ses dix premiers exercices. Passionnant et mieux: une invitation à l’optimisme. L’occasion de vous convaincre encore plus, de la dynamique et de l’intérêt du mouvement en cours, visible à l’échelle des start-up américaines sur ces dix années. J’en suis persuadé, cela vaut aussi pour les activités confrontées à leur transformation numérique.

Dix ans, neuf constats

1 - La Journée des droits des femmes vient de passer, celle de la femme numérique lui a succédé, force est de constater que la scène tech est loin de la parité. Quel dommage, car les start-up (co)fondées par des femmes surperforment de 63%!

2 - Deuxième enseignement, si l’âge moyen des créateurs soutenus par le fonds est de 35 ans, celui de ses dix premiers investissements en valeur est de 32… Et désolé pour nous, c’est plutôt chez les lecteurs de Mickey que de Stratégies qu’on trouvera les meilleurs demain: les fondateurs de moins de 25 ans ont en moyenne des résultats 30% supérieurs aux autres. C’est l’occasion de souligner un point essentiel du rapport à l’échec qu’on prête à la culture américaine et dont nous serions tellement dépourvus: l’échec n’est certainement pas une fin en soi, et d’ailleurs les meilleurs sont les nouveaux, vierges de toute défaite. L’échec n’est pas un préalable et encore moins une condition sine qua non de la réussite. Donc, le plus tôt… le mieux!

3 - Le troisième critère est encore plus décisif, c’est la formation. Les fondateurs sortis d’une grande université ont une performance plus de trois fois supérieure aux autres. Reste à espérer que ces écoles soient le plus ouvertes et accueillantes pour ceux qui le méritent, d’où qu’ils viennent.

4 - Autre ligne essentielle sur votre CV, votre précédent employeur. Cela va rester durablement un de nos handicaps en Europe, car le système a tendance à s’entretenir: pour filer la métaphore sportive, on oppose souvent deux types de «clubs», ceux qui ont les moyens et ceux qui forment. Les Etats-Unis et la Silicon Valley ont les deux qualités…

5 - Cinquième leçon de First Round: l’expérience se paie, trop cher - pour les investisseurs. Les «serial entrepreneurs» obtiennent des valorisations en moyenne 50% supérieures à celles de leurs collègues débutants - logique puisqu’on connaît déjà la valeur – mais cela pousse in fine la performance de l'investissement vers la moyenne. L’expérience représente donc bien un avantage - autant qu'un signal de qualité – mais, sur la décennie, ce sont les entrepreneurs qui en ont capté toute la valeur.

6 - Moins étonnant, la solitude n’est pas une qualité, bien au contraire: les entreprises créées en équipe atteignent des résultats 163% supérieurs aux fondateurs solo.

7 - Autre bonne surprise pour les nombreux candidats à la vie de startupper qui s’interdisent de se lancer sans un profil technique au sein de l’équipe: la présence d’un ingénieur est absolument critique dans le cas de projets B to B mais on constate que dans le cas de projets grand public, les équipes sans compétence technique, au départ, ont l’avantage.

8 - Un oracle qui nous fera du bien à tous, et partout: les meilleurs ne viennent pas forcément de San Francisco, de la Silicon Valley ou de New York. La réussite se trouve partout. Il n’y a in fine pas d’avantage à entreprendre au sein d’un des épicentres de la nouvelle économie… une fois que First Round vous a choisi.

9 - Pour conclure, un dernier enseignement qui sera comme un conseil: les bons projets sont partout et le piston ne marche pas! Les projets identifiés par les investisseurs, à leur initiative, sur Twitter, lors des demo days (journée de présentation aux capitaux-risqueurs), connaissent un destin sensiblement meilleur au sein du portefeuille de First Round. Si vous ne savez pas vous faire remarquer et sortir du lot, n’hésitez pas à tenter votre chance: là encore, un e-mail ou une sollicitation directe s’avère plus efficace qu’une recommandation.Si vous doutiez que la révolution numérique pousse fort, droit et dans le bon sens, j’espère que vous n’attendrez pas encore dix ans pour prendre son train. Mieux, avec plus de femmes, de jeunes, des équipes diverses, nombreuses et ailleurs que dans la Silicon Valley, formons le vœu d’être passé «devant» dans dix ans!

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