05/03/2009
La fin d'un fantasme ? Ce qui est vrai dans les affaires et la politique l'est aussi en matière de communication : l'Afrique n'est plus la chasse gardée des communicants français. Avec les années, et peut-être aussi quelques abus, la source miraculeuse s'est comme qui dirait tarie... Les contrats de conseil signés par les Français ne seraient plus aussi juteux qu'autrefois. Mieux formées, plus professionnelles, les élites locales ont repris la main. Surtout, nos experts en communication politique doivent désormais faire face à une concurrence accrue, notamment des Américains, des Chinois ou des Indiens. En tout cas, c'est ce qui ressort de l'enquête que nous publions cette semaine sur l'axe France-Afrique de la communication.
Bizarrement, si les Français ont un peu perdu de leur superbe en Afrique, le sujet reste «touchy», entouré d'un mystère que l'on ne s'explique pas toujours. Pour un Michel Bongrand, quatre-vingt-six ans et encore vert, qui s'exprime à visage découvert, nombre de gourous blancs préfèrent garder l'anonymat. Un peu comme si avouer que l'on prodiguait ses conseils à des hommes politiques africains était un peu honteux, comme l'argent que l'on encaisse. Vrais faux contrats, factures abusives, mélange des genres, financement des partis politiques, pots de vin... Avec l'Afrique, les liaisons ont toujours été sinon dangereuses, au moins compliquées ou, pour employer un terme à la mode, «borderline». Pour s'en convaincre, il n'y a qu'à voir le buzz qui a entouré la sortie du livre de Pierre Péan, Le Monde selon K, sur Bernard Kouchner, l'actuel ministre des Affaires étrangères. Un ministère qui, dès qu'il s'est agi de l'Afrique, a toujours, il faut le reconnaître, superbement porté son nom.
Réagissez à cet article
Merci de vous identifier afin de pouvoir publier un commentaire :
Identifiez-vous