08/09/2005
La proximité du 11 septembre, avec son tragique anniversaire des attentats de New York et de Washington, devrait nous inviter à une forme de compassion, un immense élan de sympathie pour les États-Unis. Or, c'est plutôt un sentiment d'exaspération pour ses dirigeants qui nous envahit, aussi sûrement que les eaux ont recouvert la Louisiane.
De la présidence de George W. Bush, on se souviendra, au moment de faire les comptes, qu'il a dû affronter deux crises majeures : les attentats du 11 septembre 2001, donc, et le cyclone Katrina. À l'arrivée, toutes les deux se sont soldées par un fiasco en matière de gestion de crise.
Si on les relie entre elles, c'est surtout parce que toutes deux ont abouti aux mêmes images sur nos écrans de télévision. Mêmes chars d'assaut sillonnant des quartiers dévastés, mêmes soldats harnachés et armés jusqu'aux dents, mêmes habitants pauvres démunis devant la catastrophe, même sentiment de peur devant les forces de l'ordre et, à l'arrivée, même impression de chaos et d'impuissance de la première puissance mondiale. Par une drôle de pirouette de l'histoire, les faubourgs de la Nouvelle-Orléans semblent vivre le même drame que ceux de Bagdad. Et, quand on apprend, au détour d'un commentaire TV, que les crédits qui auraient dû être affectés à la défense de la ville américaine ont servi à financer la guerre en Irak, on se dit que la boucle est bouclée et que la messe est dite. Comment imaginer une seule seconde que les États-Unis puissent gagner la guerre en Irak quand on voit comment ils gèrent la crise sur leur propre territoire ?
La gestion de crise est un exercice difficile dont les erreurs se paient cash. Elle ne se limite pas à embrasser quelques victimes devant des caméras.
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