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Ici New York

Quand le storytelling du féminisme américain devient fou en direct

28/01/2015 - par Clarisse Lacarrau

Chaque semaine, Clarisse Lacarrau, planneur stratégique installée à New York, décrypte l'envers du décor new-yorkais. Aujourd'hui, elle se souvient de son effroi et de son écœurement après avoir vu les MTV Music Awards l'été dernier. Et après ça, elle a mis un pull.

L'été dernier, en bonne planneuse que je suis, je me suis imposé de regarder les MTV Music Awards, histoire de faire le point sur la pop-culture américaine en 2014. En gros, pas un seul chanteur homme sur scène, des femmes à foison MAIS toutes en culotte-soutif, à mettre en avant leurs fesses, leurs seins et leurs jambes. Les hommes dans le public ne mouftaient pas, même Snoop Doggy Dog était au garde à vous. Si être féministe c’est simuler l’acte sexuel et n’utiliser que ce qui est censé exciter les hommes (en ce moment ici, c’est les fesses) pour dire sa force, j’étais déjà dubitative.

 

Et là, arrive la reine Beyonce à qui toute l’industrie voulait rendre hommage. Comme les autres elle était en slip-chaussettes, comme les autres elle simulait l’acte sexuel et pire que les autres elle avait fait de ses danseuses des femmes-tronc sans tête (enfin des femmes cul et jambes) qui dansaient derrière elle, la chef. Drôle de façon de rendre hommage à la gente féminine. Le clou du spectacle étant Beyonce dansant devant un écran sur lequel défilaient les mots «Power», «Freedom», «Kill all men». On ne peut pas appeler ça un féminisme pacifié.

 

Ok, Beyonce, elle ne rigole pas. Elle est là pour toutes nous défendre et toutes nous représenter (et toutes nous mettre en slip-chaussettes aussi). Mais Beyonce est avant tout une mère et une épouse (bah oui, c’est ça être une femme libérée!), et son show de femme libérée s’est terminé avec son époux Jay-Z amenant sa fille et la serrant dans ses bras. Et Beyonce de le remercier comme jamais pour tout ce qu’il a fait pour elle et pour l’avoir aidé à être ce qu’elle est. On est une femme libre mais avant tout fabriquée par un homme, bien sûr!

 

Je n’avais qu’une envie: qu’on dénonce cette manipulation des femmes faites par une femme et que Beyonce et toutes ses copines aillent se rhabiller vite fait bien fait. J’ai éteint la télé mais le pire était encore à venir. Le lendemain, toute la presse, la belle presse, le New York Times, etc., a encensé Beyonce comme le chantre du nouveau féminisme. Ecoeurement et incompréhension. Ô comme la route est longue et la manipulation médiatique est perverse. Le lendemain, j’ai mis un pull en plein été. Juste pour résister un peu.

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