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Portées par des acteurs avec des moyens financiers démesurés comme Google, Amazon ou encore Apple, les innovations dans la santé se sont multipliées ces dernières décennies. Les technologies sont devenues plus rapides, miniatures, moins chères et plus efficaces: un développement fulgurant pour une «médecine exponentielle».

 

La santé connectée regroupe l’e-santé (internet) mais aussi la m-santé (mobile) ainsi que la télémédecine (à distance) et lequantified-self (auto-mesure). Alors qu’il existe déjà près de 100 000 apps dédiées, BCC Research prédit que le marché de la santé connectée devrait peser 30 milliards de dollars d’ici à 2018. C’est un marché attractif car il est notamment porté par les pouvoirs publics: en France, les dépenses de santé de l’Etat représentent 220 milliards d'euros, soit 11,8% du PIB ou encore trois fois plus que le budget de l’Education nationale. L’enjeu est donc de réduire ces coûts en déléguant aux entreprises privées et en responsabilisant les individus.

 

La santé connectée, c’est l’empowerment du patient, qui devient « patron » de sa propre santé. Cela passe d’abord par un gain d’autonomie. Aujourd’hui, dans environ 20% des consultations, le médecin n’a pas besoin de toucher le patient. Un objectif donc: dématérialiser les rendez-vous. Pour cela, l’autodiagnostic va se généraliser avec, par exemple, des apps comme uChek qui permet d’analyser sa propre urine à partir d’une simple photo prise avec son smartphone.

 

Le patient va également beaucoup gagner en responsabilité. Lâchez vos boules de cristal, la médecine prédictive, en étudiant votre génome, vous dira tout sur votre avenir. Adapter son comportement en conséquence permettra de réduire les risques de développer la maladie car 30 à 50% du patrimoine santé dépendrait des habitudes de vie. C’est déjà une réalité pour la société uBiome qui, en analysant le microbiome, évalue l’influence du mode de vie sur la santé.

 

«Mieux vaut prévenir que guérir», déclaraient à l’unisson les mamies du monde entier, en glissant une cuillère d’huile de foie de morue dans le gosier d’enfants dégoutés. La santé connectée semble avoir érigé ce proverbe en règle d’or.

 

C’est aussi le quantified-self, à travers les objets connectés reliés à des apps, qui permet aux individus d’être aux manettes de leur santé: poids, rythme cardiaque, glycémie, sommeil, activité sportive, rien n’échappe aux «trackers». Alors, pourquoi pas imaginer, demain, un médecin prescrivant une app à son patient? Comme l’app Omada par exemple, programme de coaching aidant les diabétiques à perdre efficacement du poids en seize semaines.

 

Nous entrons dans l’ère de l’«ubi-médecine», avec la surveillance en continu de l’état de santé des patients: de la médecine ultra-personnalisée exercée en continu par le praticien qui accède aux données de son patient en temps réel.

 
Non content d’être l’acteur de son propre parcours santé, l’individu aura à cœur de s’impliquer. Sur les réseaux sociaux, par exemple, avec des plateformes de partage et d’entraide comme PatientsLikeMe. Les patients atteints des mêmes maladies s’y retrouvent pour échanger sur leur traitement et l’évolution de leur état de santé.

 

De plus, le financement de l’innovation médicale sera participatif et accessible à un plus grand nombre grâce à des plateformes de crowd-funding comme Wellfundr, le Kickstarter de la santé. Les patients, via toutes les apps qui leur seront proposées, contribueront aussi à la gigantesque collecte de données, enrichissant ainsi les programmes de recherche, volontairement ou non.

 

La santé connectée annoncerait donc l’avènement d’un patient autonome, responsable et impliqué. Est-ce bien réaliste? Un doute persiste sur l’adoption massive à cause de freins importants des acteurs. La protection des données en est le principal sujet. Les apps liées à la santé emmagasinent des quantités de données ultra-personnelles sur les individus: comment être alors certain de conserver le secret médical? Une banque ou une compagnie d’assurance pourraient, par exemple, utiliser la data contre leurs clients.

 

Transparence et réassurance devront être les mots d’ordre sur l’utilisation des données. Réassurance aussi pour le corps médical, qui a peur d’être laissé de côté. Pour remporter l’adhésion, il faudra informer sur les opportunités offertes par la santé connectée: celles qui permettent au médecin de consacrer du temps à son vrai métier, celui de conseil et de l’écoute.

 

Enfin, plusieurs questions sociétales se posent sur le modèle que nous voulons pour demain. Une société basée sur le culte de la performance, où tout est quantifiable, contrôlé? Ce monde-là ne serait-il pas trop culpabilisant? Quant à la médecine prédictive, a-t-on réellement envie d’apprendre à l’âge de 30 ans que l’on risque de développer un Alzheimer précoce d’ici vingt ns? La médecine soulève toujours des questions éthiques auxquelles il faudra répondre pour permettre l’adoption.

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