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Relations publics

Philosophie de l’engagement et nouveaux challenges pour l’entreprise

26/04/2017 - par Christophe Berly, directeur général des opérations de Brainsonic

Au siècle dernier, le terme «engager» revêtait une forme d’entièreté, tout en induisant une notion de binarité. S’engager, c’était aller au bout de ses idées, au bout de sa passion. Cela signifiait l’engagement patriotique en s’enrôlant, l’engagement passionnel en se mariant. D’ailleurs, une des traductions anglaises de ce terme polysémique renvoie directement au mariage («to engage»).

En une quinzaine d’années, les nouvelles technologies ont permis d’atomiser (dans le sens désagréger) les formes d’engagement, précisément en leur faisant perdre leur unité en les divisant en une multitude d'éléments.

Recherche de sens

Prenons l’exemple de la politique. Les formes de l’engagement politique se limitaient à se présenter comme candidat à une élection, être militant d’un parti, voter pour son candidat ou s’adonner au prosélytisme idéologique dans les dîners familiaux. Il y a aujourd’hui mille et une façons de s’engager politiquement: le «like» d’une page d’un candidat, le micro-don, le «feedback» pour la construction d’un programme, le partage d’un contenu décrédibilisant le candidat adverse, le «community management» pro bono pour un candidat… La politique est un exemple parmi d’autres. Cela s’applique à quasiment tous les domaines de notre vie, de la relation amoureuse à celle avec l’entreprise.

Cette atomisation de l’engagement est salvatrice, car elle permet de répondre à un besoin impérieux de recherche de sens, de façon plus graduelle qu’auparaavant. Il y a une quinzaine d’années, «s’engager» nécessitait de franchir un mur très haut, aujourd’hui, nous montons progressivement les marches. 

Pourquoi ce besoin impérieux de recherche de sens? Notre culture et notre mode de pensée sont fondés sur une vision platonicienne du monde dans laquelle ce dernier peut être décrit uniquement à travers sa mathématisation, oubliant au passage le sens. Ces théories platoniciennes ont été reprises, intégrées et développées par Galilée, Descartes ou encore Henri Laborit, pour n’en citer que quelques-uns. Elles s’opposent aux théories aristotéliciennes, où le sens avait une place bien plus importante. Prenons l’exemple d’un livre: Platon l’aurait décrit comme un ensemble de feuilles de papier avec des lettres assemblées pour donner des mots, le tout relié à travers une couverture. Aristote, lui, y voyait un objet lui évoquant des sentiments, des souvenirs, éveillant des sensations…

Subjectivité

Mais un profond changement s’est enclenché et considérablement accéléré. Prenons l’exemple des algorithmes aujourd’hui: longtemps vus comme des modèles d’objectivité parce que mathématiques et idéalisés pour leur neutralité, ce sont finalement des objets fortement subjectifs. Subjectifs, car ils introduisent une certaine vision du monde, une croyance et donc une forme de sens. Il suffit de lire les articles sur la responsabilité du développeur pour son code, les articles sur les biais fatalement introduits par les développeurs dans les algorithmes d’intelligence artificielle. Et plus la science progresse, plus cette réalité de sa subjectivité devient visible.

Ainsi notre rapport à la science est en train d’être profondément modifié. D’autant plus que, concomitamment, les avancées scientifiques actuelles vont totalement bouleverser notre rapport au temps. Il suffit de lister les grandes thématiques du moment: les objets connectés (internet of things/IOT), le big data, l’intelligence artificielle (IA). L’IOT est un moyen, parmi d’autres, de générer de formidables quantités de données, le big data va agréger l’ensemble de ces données et l’intelligence artificielle va consommer ces données agrégées pour créer des algorithmes permettant d'automatiser beaucoup de métiers, notamment ceux des cols blancs. Nous aurons donc davantage de temps disponible. Mais qu’allons nous faire de notre temps dans un monde en pleine mutation où nous nous rendons compte que nous avons oublié le sens en cours de route? S’engager, c’est commencer à essayer de retrouver le sens.

Recruter, engager, communiquer

Et les entreprises dans tout cela? Leur challenge tient principalement dans leur capacité à recruter des talents, capables de s’intégrer dans un monde d’une formidable complexité et d’être complémentaires de l’IA. Des talents avec des capacités relationnelles fortes: le sens se trouve aussi beaucoup dans les relations. Et ces talents, il va falloir réussir à les engager, dans tous les sens du terme.

L’entreprise va donc plus que jamais devoir donner du sens, c'est-à-dire avoir des valeurs et les respecter, avoir sa place dans la société et la cité. L’entreprise va participer à se créer une place à part entière dans la cité et va in fine porter des attributions qui reviennent aujourd’hui à l’Etat, mais dans lequel il échoue partiellement faute de véritables leviers.
Mais cela ne suffira pas. La capacité à communiquer ces valeurs deviendra un facteur différenciant fort. Pour l’entreprise, cela induira une convergence encore plus forte entre la communication interne, la marque employeur et les autres communications avec ses audiences externes.
On pourrait alors imaginer créer le poste de chief engagement officer, mais, et cela tombe très bien, celui à qui ce poste incombe directement est bien le chief executive officer.

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