22/01/2009
Un homme et son chien devait être le retour tant attendu de Jean-Paul Belmondo sur les écrans, ses retrouvailles avec le public «qui ne l'a jamais oublié» depuis son grave accident vasculaire. La fausse bonne idée se met en route, mais le pire est à venir avec la promotion du film, promotion médiatique démesurée dont le marketing se positionne entre l'hommage de la Nation au grand comédien et le Téléthon.
Magazines people, news, télévisions et radios se sont donné rendez-vous, comme à Cannes, pour saluer le courage de Bébel, «icône du cinéma français» [...]. Et toutes et tous d'annoncer qu'il ne s'agit pas d'un film de complaisance pour l'ami Belmondo, d'un coup de pub, non, surtout pas, mais d'un «vrai film», un film de Francis Huster, avec de nombreux acteurs et un vrai scénario, remake d'un déjà célèbre film de Vittorio de Sica. Certains critiques s'en trouveront mal à l'aise, car si l'on ne tire pas sur une ambulance, on tire encore moins sur la promo et la couverture de son journal.
Francis Huster est sur tous les plateaux, les yeux mouillés, pour nous parler du courage extraordinaire de Belmondo et comment il a réussi à Le convaincre de revenir au cinéma, non dans un polar ou dans une comédie, mais dans un film grave qui colle à l'actualité des Sans domicile fixe, des personnes sans ressources… sorte de remake également d'Hiver 54, un vrai film! Le public «qui n'a pas oublié Belmondo» commence à se méfier. Mais le couronnement est à venir, le dimanche, sur le service public avec Drucker, l'ami de toujours de Belmondo, celui qui ne l'a jamais oublié, et qui nous annonce une «spéciale Belmondo» à l'occasion du «retour de Belmondo au cinéma» et une interview exclusive de l'acteur préféré des Français par le présentateur préféré des Français.
Pathétique
Belmondo n'est pas sur le plateau, il sera dans une interview spéciale […]. En attendant, les invités défilent avec un temps de parole minuté pour dire que Belmondo a été, oh pardon… est toujours… un immense acteur! La gêne s'installe, la promo est énorme, le public s'impatiente… Francis, les yeux toujours humides, nous raconte que Belmondo a été extraordinaire, il a même déjeuné à la cantine avec les autres comédiens, il plaisantait souvent, Drucker salue plusieurs fois le travail extraordinaire du fidèle maquilleur de Bébel, Huster nous raconte qu'il a même tourné, sans doublure, la scène où il est debout sur les rails au moment de l'arrivée du train! Vrai!
La gêne s'arrête avec «l'interview exclusive» de l'ami de toujours de Drucker par Drucker! On est dans le pathétique. Pour une fois, la promo ressemble au film. On est loin de certaines pubs mensongères. «Jean-Paul a travaillé avec les plus grands»… Parlez-nous de Gabin… «Ah oui! Un grand monsieur!» Et Lino Ventura ?... «Ah Ventura?... Il était pas facile, non...» Et Delon? «Avec moi, pas de problème...» Ainsi jusqu'à la deuxième partie – parce qu'il y a plusieurs parties dans ce spécial retour de Belmondo –, avec Charles Gérard (et là on touche le fond) qui nous raconte que cette histoire est vraie car Belmondo avait perdu son chien dans la vraie vie, comme dans le film. Il s'en souvient très bien, et l'avait retrouvé, grâce à sa ténacité et son courage... comme dans le film, une sorte de film un peu autobiographique aussi. L'émission se termine avec l'annonce d'une journée spéciale, le lendemain, sur Europe 1 sur le retour de Belmondo au cinéma. Mais il faut «absolument» aller mercredi voir ce film, ce «vrai» film.
Réagissez à cet article
Merci de vous identifier afin de pouvoir publier un commentaire :
Identifiez-vous

Formations et conférences Stratégies
• Techniques de rédaction en ligne
• E-Marketing et E-Communication
• Techniques de créativité pour imaginer un concept de communication
• Brand content
• Chef de projet en agence : savoir s'affirmer sur tous les fronts