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Quand les labos prennent rendez-vous chez docteur Google

26/02/2009

Mauvaise nouvelle pour les médecins : ce ne sont pas avec les prochaines générations qu'ils vont se refaire une santé... Les jeunes ont en effet une sévère tendance à déserter les salles d'attente et ne concèdent à en reprendre le chemin qu'en cas de pépin grave. Un seul praticien tire son épingle du jeu dans le «nouveau paysage médical» : docteur Google. De fait, on trouve tout aujourd'hui sur le Web : de l'information la plus pointue à la médecine de grand-mère, en passant par des contre-vérités dangereuses. Il suffit de taper ses symptômes dans un moteur de recherche pour faire son autodiagnostic. Avec bien sûr une chance non négligeable de se tromper.

Autant dire qu'Internet est devenu incontournable pour les laboratoires pharmaceutiques. À commencer par ceux qui ont une gamme de produits vendus en OTC [sans ordonnance]. Même si, souvent, «over the counter» est une dénomination théorique puisque les médicaments ainsi qualifiés sont très souvent situés... derrière le comptoir. À la fois pour une question de place dans l'officine mais aussi de volonté du pharmacien de ne pas «lâcher» son statut de conseil.

Ne pas négliger le patient-consommateur 

Cela tend à prouver que la communication des labos doit aujourd'hui respecter un savant dosage de B to C et de B to B (médecins, pharmaciens, etc.) sans oublier, bien sûr, les pouvoirs publics qui restent les bailleurs de fonds de l'industrie, via le remboursement des dépenses de santé - quand bien même l'époque est plus au déremboursement qu'au remboursement...

Or, si les labos connaissent parfaitement leur cible de professionnels, ils n'ont souvent qu'une vision imparfaite du patient-consommateur, longtemps négligé. À leur décharge, il faut dire qu'ils n'avaient, il y a quelques années encore, aucune raison de chercher à le séduire. Le patient, qui ne se savait pas encore consommateur, suivait plus ou moins avec discipline l'ordonnance du médecin. Et il ne se permettait pas encore de suggérer à son docteur de lui prescrire tel ou tel médicament.

À l'heure d'Internet, la situation est différente. Il n'est pas rare qu'un médecin apprenne l'existence d'un médicament par l'intermédiaire d'un de ses patients. La tâche est donc souvent rude pour le praticien, qui doit résister à la pression de son client. Car, malgré le principe du médecin référent, les patients n'hésitent plus à changer de médecin quand le leur ne leur donne plus satisfaction. Et les bonnes adresses de s'échanger sur certains sites spécialisés.

Garder la confiance des prescripteurs


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