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Tribune

Tweet de Polytechnique : le bad buzz aurait dû être évité

25/02/2019 - par Manuel Canévet - directeur agence Canévet et Associés.

Un tweet de Polytechnique comportant une photo d’hommes blancs en rang d’oignon a déclenché railleries et critiques. De Jacques Attali à Nathalie Rastoin (Ogilvy), en passant par Audrey PulvarAurore Bergé ou, encore, Thierry Mandon (ex-secrétaire d'État chargé de l'Enseignement supérieur), ils sont nombreux à s’être indignés et à contribuer à la mauvaise presse de ces responsables d’institutions.

Ces hommes sont des directeurs et présidents de grandes écoles, parmi les meilleures du pays. Ils tenaient une conférence de presse. Ce genre d’images nous en avons vu et en voyons des dizaines. Pourquoi celle-ci suscite-t-elle, soudain, de telles réactions ?

Nous passerons sur les indignations de ceux qui ont ou ont eu des responsabilités ces dernières années en évitant de nous demander : qu’ont-ils faits pour que cela change ? Nous noterons que, à quelques heures d’intervalles se tenait une autre conférence de presse, d’un projet universitaire concurrent et que la même mise en scène n’a pas suscité autant de réactions. Est-ce que le fait qu’une femme préside parmi ses hommes blancs a pu atténuer l’effet «Boys' club» ? Si oui, l’indignation tient à peu de choses car une autre femme dirigeante aurait pu être présente sur la photo incriminée (Xavier Gandiol à gauche sur la photo, représente Elisabeth Crépon directrice de l’Ensta Paristech qui ne pouvait être présente).

Comment un simple tweet peut-il soudain cristalliser toutes les critiques contre la surreprésentation des hommes blancs dans l’espace public, et en particulier à la tête des établissements d’enseignement supérieur français ?

La première explication tient au contexte : quelques jours après l’affaire Ligue du LOL, l’attention est très forte sur tout ce qui s’apparente à un «Boys’ club». La seconde explication c’est que ces écoles, parce qu’elles sont des marques synonymes d’excellence suscitent des attentes plus fortes. Elles renvoient une image qui dépasse leur simple institution, elles disent quelque chose de la façon dont collectivement nous avons construit notre système d’enseignement supérieur.

Ce tweet est la synthèse de deux erreurs : une faute de communication et un problème de fond. On ne peut inventer une représentation féminine qui n’existe pas ou peu parmi ces responsables, on peut en revanche atténuer cet effet massif en évitant une mise en scène surannée. Aligner autant de chefs à plume sur une tribune ne sert ni le propos de la conférence de presse ni l’image de l’institution. C’est un alignement qui ménage avant tout des susceptibilités diplomatiques.

Nous sommes persuadés que les responsables communication de ces structures (en grande majorité des femmes) le savent. Nous pensons en revanche qu’elles ne sont pas assez entendues. Or la communication et l’image contribuent à la lutte contre l’effet Boys’ club. S’assurer que la représentation de ces établissements renvoie une image de diversité aurait pu témoigner de leur volonté d’ouverture, aurait pu susciter plus de candidatures féminines dans ces écoles qui en manquent bien souvent.

Ce bad buzz aurait facilement du être évité. Il y a fort à craindre qu’il ne contribue qu’à changer l’écume des choses. Mais cela peut être aussi l’occasion pour les institutions mises en cause d’une réaction forte et décisive sur ces sujets importants.

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