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Tchat avec Bertrand Suchet: le texte intégral

24/11/2006

Le président de DDB Paris a répondu mardi 21 novembre aux questions des lecteurs de Stratégies, lors du tchat organisé en partenariat avec Canalchat

Bonjour à toutes et à tous, nous avons le plaisir d'accueillir Bertrand Suchet, président de DDB Paris

Bonjour à tous ! Je suis à votre disposition.

RepDom: Comment en tant que client peut-on avoir confiance dans tous ces teams qui changent de boites comme des joueurs de foot ? Style Fred et Farid qui se cassent de Publicis, etc. ????

Bertrand Suchet: Il faut dire que les clients ont une réponse saine sur ce sujet, ils sont très attachés aux équipes et pas seulement à une personne. Ils sont attachés à une culture de l'agence. En revanche, il est vrai que certaines personnes ont dû déstabiliser beaucoup de clients. Je ne parle pas de ceux qui étaient depuis 4 ou 5 ans en place bien sûr !

sandra dans la pub: DDB est peu concernée par le mercato des agences. Signe d'un manque d'attrait et de visibilité de DDB ?

Bertrand Suchet: Tout à fait, ou à l'inverse signe d'un attachement des gens à DDB, à sa culture et à son produit. Qui vous dit que des gens n'ont pas été appelés et n'ont pas décidé de rester ?

Roland: Bonjour, ces derniers temps, on assiste à une valse des Directeurs de Création dans les agences. Pensez vous que cela nuit à la créativité ? Les DC sont ils devenus trop mercantiles ?

Bertrand Suchet: La vague du mercato ne les concernent pas directement. En dehors de Fred et Farid, les mouvements ont concerné les mouvements commerciaux. Cela ne nuit pas à la créativité.

Tolstoï: Bonjour. C'est bientôt la semaine de la publicité. Franchement, vous croyez que ce type de manifestation sert à quelque chose ? Et à quoi ?

Bertrand Suchet: Comme toutes les professions, la publicité à bien le droit d'avoir son colloque annuel. Les sujets abordés sont très professionnels. Nous comprenons qu'ils n'intéressent pas forcément le grand public. C'est tout de même intéressant de voir que beaucoup de jeunes et d'étudiants sont intéressés par les métiers de la communication. Et c'est aussi intéressant de voir annonceurs et agences échanger en dehors d'une relation commerciale. C'est aussi l'opportunité pour les professionnels de défendre certains points de vue ("mal bouffe", communication politique... face aux institutionnels).

Bernu: Quel bilan faites-vous de la publicité française aujourd'hui ?

Bertrand Suchet: Les baromètres qui étalonnent la publicité mondiale situent la France en 3ème position derrière les deux grands leaders anglo-saxons. Et il y a trois agences françaises parmi les 15 meilleures au monde. Cela veut dire qu'elle n'est pas seulement de bonne qualité, mais qu'elle a aussi su s'asseoir sur sa "franchouillerie" et trouver des messages plus universels.

Tolstoï: Quel est le pays qui vous paraît aujourd'hui le plus à la pointe de la communication publicitaire ? Les Etats-Unis, l'Angleterre, le Bresil, la Thaïlande, la France... ?

Bertrand Suchet: Sur la masse, c'est évident que ce sont les anglo-saxons ? Au cas par cas, les Français peuvent revendiquer une très bonne place, voire la meilleure.

legrandalex: Pouvez-vous prendre une position claire à l'égard des campagnes françaises primées à Cannes que personne n'a jamais vues sorties ou parues ?

sandra dans la pub : Fausses campagnes alias ghosts : pour ou contre ?

Bertrand Suchet: Joker !

mado: Comment une agence de communication qui gère la publicité des ses clients gère sa propre publicité ?

Bertrand Suchet: Dans le cas de DDB pas très bien... Nous passons beaucoup d'énergie sur nos clients et nous oublions parfois de faire savoir ce que nous avons fait, ainsi que les innovations que nous avons mises à disposition pour eux. Certains sont très concentrés sur eux-mêmes plus que sur leurs clients. Ce cas est bien pire que le notre !

FreddyBoy: Pour l'élection présidentielle, on voit une vraie effervescence autour d'Internet et du participatif, qu'en pensez-vous ?

Bertrand Suchet: Historiquement, l'ancêtre du blog est la rue et le café. Dans certains cas, "le cercle". Le blog remplace naturellement ce que l'on appelait les salons du temps de la Révolution. C'est une source formidable pour tous les candidats, à condition de pouvoir les lire et les décoder.

Bernu: Que pensez-vous de l'augmentation constante des budget media web ? Concevez-vous vos campagnes pour que la partie web s'intègre aux pubs TV et affichage ?

Bertrand Suchet: L'augmentation des budgets web est nécessaire, naturelle et source d'efficacité. Oui, j'en veux pour preuve une campagne qui a maintenant deux ans faite chez DDB avec la participation de DDB Digital, pour voyages-sncf.com et son célèbre transatlantys, campagne qui avait scorée dans la presse et dans le public, mais qui avait profondément surpris le monde publicitaire resté figé. Pour être un peu nombriliste, nous faisons aujourd'hui au sein du groupe BBD, DDB pardon, et depuis maintenant plus de deux ans, ce que La Chose promet. Et ce à grande échelle.

lala: Bonjour. En tant que président d'agence mais aussi président de groupe, comment envisagez-vous dans les années qui viennent la publicité, sera-t-elle remise définitivement en question par les métiers du marketing relationnel ?

Bertrand Suchet: Tout le monde ne se lève pas pour Danette sur Internet ! La publicité traditionnelle existera toujours tant qu'il y aura des vecteurs qui distribueront des contenus qui intéresseront les gens. Le relationnel ne vient pas en remplacement, il vient en plus.

Bernu: Que pensez-vous de la vague des publicités "virales" lancées il y a quelques années par Budweiser ? Y a t'il un avenir dans ce créneau? Est il encore possible de créer la surprise ?

Bertrand Suchet: Oui ! Et plus que jamais. Avec la gloire particulière de se dire que ce genre de système fonctionne parce que la publicité est de très grande qualité et qu'elle plaît. Sinon le résultat serait néant. (DDB Chicago). D'autre part, ces publicités fonctionnent parce qu'elles sont adossées à de nombreuses agences, PR, événementiel, marketing relationnel, média traditionnel, web...

Felix: En tant que publicitaire, quelles sont vos marques favorites au niveau international et français ?

Bertrand Suchet: Marmite, le condiment au goût ignoble mais adoré par une partie des gens et que la publicité revendique avec bravoure et créativité. En France, Transilien et je ne parle volontairement pas des marques de DDB.

Roland: On voit de plus en plus de publicités au niveau de créativité proche de 0 (LCL, MAAF, etc.) Les résultats de ces pubs sont ils probants? Est ce une tendance qui se dégage réellement?

Bertrand Suchet: C'est de la publicité efficace à moyen terme. De mon point de vue, cela ne construit pas des marques à long terme.

gilbert: Comment ressentez vous le mercato actuel autour du départ de patrons d'agence ?

Bertrand Suchet: Il y a plusieurs enseignements : Le fait qu'un patron s'en aille et entraîne autant de mouvement prouve l'étroitesse de notre secteur. Le nombre des agences qui ont pignon sur rue s'est profondément réduit. Il a de moins en moins d'indépendantes. C'est la mer d'Aral, notre métier se rétrécit. Deuxième enseignement, le désoeuvrement des médias.

Ce sont pour moi des évènements assez anecdotiques qui ont anormalement alimenté les bavardages. Le parcours de certains des élus est plus ou moins sulfureux, ce qui ne les a pas empêcher des faire feu de tout bois. Au milieu de tout ça, j'ai beaucoup d'amitié pour Arthur Sadoun, et Christophe Lichtenstein. Troisième enseignement, la faiblesse de Publicis dans ce secteur. Pour renforcer son management, Publicis n'a personne en interne à faire monter, d'où l'appel à l'extérieur. Cela est étrange quand on constate par ailleurs sa puissance économique et financière. Cela s'explique peut-être par la personnalité de son patron emblématique.

tbwaaaaa: Vous étiez barman quand une rencontre vous a mis sur le chemin de la pub qui devait vous conduire à la tête de l'une des plus grandes agences... C'était le XXème siècle. Une telle saga serait elle possible aujourd'hui ?

Bertrand Suchet: C'est difficile pour un commercial, un DA, un développeur web de démarrer dans la vie professionnelle from scratch. Mais pour un rédacteur, tout est possible, encore aujourd'hui.

KL: Comment savoir quels postes sont à pourvoir au sein de votre agence?

Jog: Quels sont les formations que vous recherchez actuellement pour le developpement de vos agences?

tete:recrutez vous et pour quels types de postes ?

Bertrand Suchet: Il y a beaucoup de demandes. Malheureusement il n'y a pas assez de postes pour tous. Avant même la formation, la volonté, l'énergie, la persévérance et le talent sont les meilleurs atouts pour quelqu'un qui veut se lancer dans ce métier. Il n'empêche que des groupes comme le nôtre mettent à disposition des ressources vers l'embauche. Une DRH, animée par Pierre Le Gouvellot, des journées portes ouvertes dont le succès à dépassé nos prévisions, et des visites dans les écoles. Je ne peux pas répondre plus précisément, car il y a plus de 20 métiers différents chez nous.

jouly: Mais à DDB vous avez fait des Portes ouvertes pour les étudiants ? Quelles retombées y a t-il eu ?

Gaëlle: Que pensez-vous des contrats d'apprentissage dans la pub? N'est-il pas plus facile de fonctionner avec des apprentis à long terme qu'avec des stagiaires ?

Bertrand Suchet: Portes ouvertes, 600 visites ! Concernant l'apprentissage, c'est difficile d'impliquer à 150% sur des sujets quelqu'un qui est là à mi-temps. Le stage est une façon plus efficace de participer et d'être embauché.

jouly: Peut-on aujourd'hui mettre en place une stratégie sans y intégrer Internet ? L'avenir de le pub n'est-il pas dans la communication 360° ?

Bertrand Suchet: Dans l'idéal, oui! Dans la réalité tous nos clients ne sont pas encore prêts à communiquer à 360° comme vous dîtes. Mais nous le faisons systématiquement dès que nous sentons une ouverture d'esprit chez l'annonceur. Cela fait maintenant 3 ans que nous l'avons intégré.

John: Si vous rencontriez Bill Bernbach à la cantine, que lui diriez-vous?

Bertrand Suchet: Encore des carottes ! Plus sérieusement, que c'est formidable de pouvoir traiter d'égal à égal, de personne à personne, entre un publicitaire et un annonceur. Les yeux dans les yeux.

lala: Face aux "monstres" français comme Publicis et betc, quelle place souhaitez vous que DDB Paris occupe dans les prochaines années ? Quelle peut être sa différence sur le marché ?

Bertrand Suchet: Quand vous dites " monstruosité " vous parlez sûrement de taille et d'omniprésence. Il ne sera pas facile, disons-le, de les dépasser sur ces deux critères. La présence de budgets français internationaux coordonnés depuis la France et leur puissance de lobby leur donne un avantage structurel évident.

Patrick: Quelle est la partie de votre métier que vous préférez ? Et celle que vous détestez ?

Bertrand Suchet: Celle que je préfère c'est la feuille blanche. Celle que je déteste le plus c'est la lenteur d'un process avec 20 personnes concernées durant 2 ans, les tests, et un résultat moyen. En général, on adore travailler vite dans l'efficacité et dans la qualité.

MR: A votre niveau, est ce qu'on s'occupe encore personnellement de certains clients ?

Bertrand Suchet: Oui !

tolstoï: Bonjour Monsieur Suchet. Quelles sont aujourd'hui vos relations avec Hervé Brossard dont j'ai entendu dire qu'elles n'ont pas toujours été au beau fixe ? L'intégration de Louis XIV au sein de DDB n'en a-t-elle pas souffert ?

Bertrand Suchet: Mon cher Tolstoï, la bonne marche actuelle de DDB prouve l'harmonie qui règne entre ses dirigeants.

Abdel: Le racisme dans la pub, difficile de trouver un job avec mon prénom, non ? Même avec du talent. Pas de réponse? Sujet trop sensible? Je connais déjà votre réponse: on est pas raciste, tralala et tralala, et pourtant si!

Bertrand Suchet: A ma connaissance, notre métier n'a jamais encouragé ou découragé une quelconque appartenance à une ethnie. Ce qui compte c'est le talent. Quand on est bon, on est bon! Notre métier est trop à la recherche de gens talentueux pour s'en priver, d'où qu'ils viennent.

John: Comment vous répartissez-vous les rôles avec Jean-Luc Bravi ?

Bertrand Suchet: Mon associé et moi fonctionnons de façon empirique depuis plus de 10 ans.

Patrick: Comment analysez-vous le succès de Ségolène Royal sur le plan de sa communication ?

Bertrand Suchet: D'un point de vue général, le discours politique traditionnel s'est effondré devant la marée "populiste". Même si d'un point de vue idéologique, tous les candidats ne se ressemblent pas, 3 d'entre eux ont évidemment la même approche du public. Historiquement Jean-Marie Le Pen, qui n'a pas de programme mais qui a une voix. Et récemment, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy. Dans les cas des deux derniers, au delà ce cette phase de communication, j'espère qu'ils ont un programme et qu'ils auront le courage d'engager les réformes. En ce qui concerne Ségolène, elle a objectivement amené de l'eau fraîche dans un aquarium dans l'eau commençait à croupir. Un sexe différent, un discours différent, une attitude différente, une présence différente, et une profonde volonté d'être aimée. Qui aime Fabius ?

tolstoi: Joker sur les ghosts: avec cette non-réponse, vous êtes en dessous de votre réputation. Allez, une réponse, une vraie !

Bertrand Suchet: Je ne fais pas mon métier pour faire des ghosts.

John: Quelle est la campagne dont vous êtes le plus fier ? Et celle dont vous êtes le moins fier ?

Bertrand Suchet: Récemment, voyages-sncf.com. Une campagne que la profession n'a pas reconnue tout de suite, car trop moderne. Une campagne qui concrétise la nouvelle orientation de notre métier au delà des purs déclarations d'intention du marché. Je sais bien que nous serons rattrapés mais quelle fierté d'être les premiers! Le moins fier. Je n'en sais rien !

Patrick: Quel est votre livre de chevet ?

Bertrand Suchet: J'en ai plusieurs. En ce moment, une impressionnante biographie de Mao de 1 000 pages.

Merci beaucoup Bertrand Suchet, le mot de la fin ?

Bertrand Suchet: J'aurai bien aimé parler de la nouvelle tarification de l'achat en télévision, avec une forte pénalité pour les formats longs. De mon point de vue, c'est une énorme faute stratégique. On va encourager le bruit publicitaire, la quantité. Tout ce que nous reprochent parfois à juste raison les anti-pubs. Les chaînes doivent avoir conscience qu'aujourd'hui,

la publicité fait partie de leur contenu et donc de la qualité de leurs contenus. Cette mesure est contre-productive, ils se tirent une balle dans le pied. Une fois de plus, on réfléchit avec son porte monnaie... Merci pour vos questions !

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