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Tchat avec Frank Tapiro (Hemisphere droit)

25/01/2007

Le conseiller en charge de la communication de l'UMP, inventeur du slogan « la France d'après », était lundi 22 janvier l'invité du tchat de Stratégies, organisé en partenariat avec Canalchat. Texte intégral et vedo

Voir la vidéo du tchat

Bonjour à toutes et à tous, nous sommes très heureux de recevoir Frank Tapiro, coprésident de l'agence Hemisphere droit Bonjour à toutes et à tous. Je suis ravi d'inaugurer ce premier chat vidéo.

Maroni : Bonjour Frank, bravo pour « la France d'après ». « La rupture tranquille », c'était bien aussi. Maintenant « tout devient possible »... Ça fait pas un peu désordre ces slogans successifs qui disent l'incapacité de Sarkozy à trouver un cap?

Il faut dire que la France d'après, c'est celui de l'UMP lancé le 18 février 2006. C'est un peu plus qu'un slogan mais c'est la ligne stratégique suivie par l'UMP en 2006. Toutes les opérations se sont réalisées sous l'égide de la France d'après. Pourquoi ? Parce qu'il fallait fixer un cap et redonner du sens aux partis politiques. Le premier objectif d'un parti politique c'est d'être la boîte à idées du gouvernement et ensuite c'est lui qui doit anticiper toutes les actions et propositions à faire aux Français pour ne pas être verrouillé dans l'instant T à l'instar du gouvernement. L'UMP doit se focaliser sur le temps d'après. Il y a une volonté de vivre les deux rythmes.

Bonjour à toutes et à tous. Je suis ravi d'inaugurer ce premier chat vidéo.

Maroni : Bonjour Frank, bravo pour « la France d'après ». « La rupture tranquille », c'était bien aussi. Maintenant « tout devient possible »... Ça fait pas un peu désordre ces slogans successifs qui disent l'incapacité de Sarkozy à trouver un cap?

Il faut dire que la France d'après, c'est celui de l'UMP lancé le 18 février 2006. C'est un peu plus qu'un slogan mais c'est la ligne stratégique suivie par l'UMP en 2006. Toutes les opérations se sont réalisées sous l'égide de la France d'après. Pourquoi ? Parce qu'il fallait fixer un cap et redonner du sens aux partis politiques. Le premier objectif d'un parti politique c'est d'être la boîte à idées du gouvernement et ensuite c'est lui qui doit anticiper toutes les actions et propositions à faire aux Français pour ne pas être verrouillé dans l'instant T à l'instar du gouvernement. L'UMP doit se focaliser sur le temps d'après. Il y a une volonté de vivre les deux rythmes.

Varouna : Communique-t-on de la même manière pour les Mousquetaires et pour Nicolas Sarkozy ? Qui rapporte le plus à l'agence : Sarko ou Les Mousquetaires ?

Maeszozo : Pour vous, quelle est la différence entre vendre de la lessive et Sarkozy ?

Première réponse : je travaille pour Nicolas Sarkozy à titre amical et gracieux depuis 12 ans. Les hommes politiques ne sont pas des produits. Le parti politique est un distributeur, l'homme politique est une marque, et les idées politiques sont des produits.

Tolstoi : De La Brosse, Goudard, Tapiro et peut-être d'autres... Cela ne fait-il pas un peu trop de communicants autour de Sarkozy ?

RmiSfaire : Comment vous répartissez-vous les tâches entre De la Brosse et vous ?

Chacun a un rôle très particulier et complémentaire. François de la Brosse gère Sarkozy.fr, toute l'image de Sarkozy sur Internet. Jean-Michel Goudard s'occupe de la stratégie de communication globale de la campagne. Moi, je m'occupe toujours de l'UMP, de l'association des amis de Nicolas Sarkozy, et de la communication vis-à-vis des populations particulières comme les jeunes ou les femmes. Il y a une coordination entre nous orchestrée par Claude Guéant et Franck Louvrier.

DSF : Hulot finalement n'y va pas, qu'en pensez vous ?

Je pense que déjà il a fait un bruit très positif autour de son pacte et il a placé l'environnement dans le top 3 des thèmes prioritaires de la campagne 2007. Ensuite, il a décidé de ne pas y aller parce qu'il n'a pas de véritables ambitions présidentielles. En revanche, il aurait pu y aller pour enfoncer le clou définitivement sur la posture environnementale. Espérons qu'il ne le regrettera pas.

Balthazar : Comment analysez-vous les stratégies de communication opposées de Ségo et Sarko : La première efface sa communication tandis que le second expose sa tribu de consultants ?

KS : Ségolène Royal, dit-elle, n'est conseillée par aucune agence pour sa communication. Est-ce pour vous une nouvelle façon de faire de la politique ?

D'abord, KS, c'est faux, Ségolène Royal est conseillée par Nathalie Rastoin de l'agence Ogilvy depuis plus d'un an. Elle intervient notamment pour lancer des études d'opinion. La stratégie de com', c'est très simple : c'est l'image sans le son. Elle veut créer une sensation positive en insistant sur le fait d'être une femme qui donne un nouveau visage de la classe politique française. Elle sourit, elle ne dit rien ou peu de chose, elle crée donc une attente très forte, car le son doit être au niveau de l'image. Voilà qui explique les bugs de ces dernières semaines.

Balthazar : « Thatchériser la France », dites vous. Ça veut dire créer une rupture en portant une femme à la tête de l'Etat ?

Karchériser ce n'est pas le bon mot, il faut effectivement thatchériser la France. Pourquoi ? Tout le monde parle de Tony Blair aujourd'hui, mais sans Thatcher, pas de blairisme. En revanche, le plus à même de créer une véritable rupture positive est à mon sens Nicolas Sarkozy par sa volonté, son engagement et surtout son courage. Il a inventé le courage en politique, c'est ce qui manquait le plus aux hommes politiques de notre pays ces 30 dernières années. Les Français doivent donc s'habituer au courage politique pour accepter l'idée de rupture.

Kme kme : Etiez-vous déjà aux cotés de Sarkozy lors des « racailles » ou autre "karcher"?? Si oui, avez-vous travaillé par la suite à "adoucir" cette image ? Sinon qu'en pensez-vous (sans langue de bois) ?

Je suis aux côtés de Nicolas Sarkozy depuis plus de 20 ans dans les bons et surtout les mauvais moments. Le moment du karcher est un malentendu créé de toutes pièces par les médias. On sait désormais contrairement à ce qu'ont annoncé certains observateurs que Nicolas Sarkozy n'est pas venu provoquer les jeunes et encore moins les insulter.

Il n'a fait que reprendre le vocable d'une femme excédée qui lui demandait « quand allez-vous nous débarrasser de toutes ces racailles ? », pendant que plus d'une centaine de jeunes caillassaient le ministre et les forces de sécurité sur un territoire de la République. Pour moi, c'est ça le plus choquant. On a reproché pendant des années aux hommes politiques d'utiliser un langage plat et déconnecté de la vie réelle. On a assisté avec Nicolas Sarkozy à la mort de la langue de bois au profit du « parler vrai ».

Amigo : Vous avez souvent revendiqué vos liens quasi « filiaux » avec Jacques Séguéla, votre mentor dans le métier. Reste-t-il un modèle pour vous ? Etes-vous toujours aussi proches ?

jacq : Que vous a appris Séguéla?

Je suis toujours très proche de lui car j'ai un respect profond pour toutes les personnes que j'ai rencontrées dans ma vie et qui m'ont aidé à devenir ce que je suis : José Blanc, mon prof de français au lycée Pasteur de Neuilly qui est le prof du « cercle des poètes disparus » mais avant l'heure. Ensuite, il y a Nicolas Sarkozy qui m'a appris comment un jeune pouvait réussir dans un monde hostile à la jeunesse et à la nouveauté. Et Jacques Séguéla qui m'a tout simplement fait comprendre la force universelle et vitale des idées.

Julie : Vous pourriez nous improviser un petit slogan pour Ségolène, là comme ça, pour nous récompenser de tchater avec vous ? ;-)

« Ségolène, une voie Royal pour la France ». Un autre : « Allons enfants de la matrie ».

Jacq : Quel pourrait être le prochain slogan de Sarkozy, après le « tout est possible » ?

Si « Tout devient possible avec Nicolas Sarkozy », on n'aura pas besoin d'un deuxième slogan.

KS: Est-il vrai que le ralliement de Doc Gynéco s'est également fait avec le « cadeau » avec la pub Virgin Mobile dont votre agence s'occupe de la com' ?

Je suis vraiment choqué de lire et d'entendre ça. D'abord parce que ce n'est pas le genre de la maison (la mienne et celle du candidat), ensuite, parce que nous avons négocié avec Doc Gynéco en juin, et que le ralliement de Doc Gynéco à l'université d'été s'est fait en septembre. On ne gère pas un opérateur mobile qui, au passage, est le premier des opérateurs indépendants, en fonction d'une campagne politique quelconque. Tout cela veut dire que les fantasmes sont nombreux autour des connexions entre les mondes de la politique et du business.

Alice m : J'imagine que tout le monde doit vous poser la question mais, quand même, c'est un timing bizarre d'apparaître dans une émission de M6 un peu au ras des pâquerettes tout en travaillant à la campagne d'un présidentiable... Vous n'avez pas peur que ça vous fasse perdre en crédibilité ? Et Sarkozy ? Ça ne lui pose pas de problèmes cette double image ?

Première chose : Je revendique complètement le fait de participer au jury de « L'Inventeur de l'Année » sur M6. C'est une grande émission populaire qui a rassemblé 5,2 millions de téléspectateurs lors de sa première retransmission et 4,9 millions lors de sa deuxième. Quand nous avons tourné au mois d'août, nous n'avions pas encore les dates de diffusion. Quoi qu'il en soit, l'agrément de cette émission est tel, que les répercussions ne peuvent être que positives : Montrer que la France regorge de talents créatifs ne peut que redonner le moral aux Français et leur montrer que tout peut devenir possible ;-).

Maroni : Comment gérer, en communication, la schizophrénie du numéro deux du gouvernement et du numéro un du principal parti au pouvoir, l'UMP ? Cela amène-t-il forcément à parler de rupture nécessaire et de France d'après ? Pas très crédible non ?

Aujourd'hui, tout le monde compte sur Nicolas Sarkozy. Les Français et le gouvernement attendent des résultats en matière de sécurité. Les adhérents de l'UMP attendent de lui qu'il fasse du mouvement le premier parti de France par son nombre d'adhérents et par son dynamisme. Et « La France d'Après » attend de lui un projet « rupturiste » pour nous permettre à tous de tourner la page, rompre avec l'immobilisme et avec une certaine façon de faire de la politique. Mais, oui, c'est vrai, c'est compliqué.

Jacques Chirac : J'hésite beaucoup. A votre avis, je dois y aller ou pas ???

Quoi qu'il arrive, Jacques Chirac veut être la star du scrutin de 2007 d'une façon ou d'une autre. Soit, en décidant d'y aller de façon quasi-suicidaire pour son parti. Il suffirait d'une crise internationale majeure pour redonner à Jacques Chirac l'envie d'un troisième mandat. Sinon, il ne déclarera ne pas être candidat qu'au dernier moment pour peser sur le scrutin. La question reste : va-t-il dans ce cas adouber Nicolas Sarkozy ? Rappelons-nous juste qu'en politique, ce sont toujours les pères qui tuent les fils. Je n'ai jamais vu le contraire depuis Jules César.

Positif : Ségolène qui invente des mots, ça devrait vous plaire alors, non ? ;-)

C'est un des rares moments où j'ai trouvé Ségolène Royal amusante, c'est effectivement quand elle parle de « bravitude ». Elle a inventé un mot qui a créé un buzz phénoménal en quelques jours. Je pense qu'elle ne l'a pas fait exprès mais ça a pas mal marché ! ;-).

Tolstoi : Si Sarkozy est élu Président de la République, resterez-vous dans la pub ou bien vous lancerez-vous dans la politique ?

Pub3 : Question personnelle, si Nicolas est président, vous aurez un ministère ?

En toute sincérité, je ne me suis jamais engagé au côté de Nicolas Sarkozy en vue d'obtenir un ministère ou un mandat quelconque. Mon métier, c'est être communicant. La seule aventure politique qui pourrait m'intéresser dans une dizaine d'années, c'est d'être maire de ma ville. En effet, les maires sont les hommes politiques préférés des Français pour leur proximité et leur engagement au quotidien.

BB2007 : Et si Sarko n'est pas élu, le prendrez-vous comme un échec personnel ou bien vous remettrez-vous en selle pour 2012 ?

Ayant fait beaucoup de compétitions sportives, on ne peut commencer une campagne ou une compétition sans envisager l'échec. L'échec fait partie du jeu, seul le rebond est essentiel pour continuer l'action politique jusqu'à la victoire. Rappelons-nous du parcours de Mitterrand et Chirac, et, plus récemment, celui de Nicolas Sarkozy lui-même qui, il y a moins de 10 ans, se faisait siffler au congrès du RPR.

Kristof : Quel est le plus gros défaut de Nicolas Sarkozy ? Faites attention à ce que vous allez dire :-)

La gourmandise qui lui vient de sa grande générosité et de sa passion. Ses gourmandises alimentaires ou sémantiques sont célèbres et il a entamé un régime drastique « anti-gourmandises » il y a quelques années ;-).

Mélanie : Hemisphere est un petit groupe indépendant. Pour combien de temps encore ? Est-il possible de rester seul dans le concert des « très gros » (Publicis, Bolloré)?

Hemisphere droit a été élue « meilleure agence indépendante » depuis 3 ans. Le groupe Hemisphere s'est développé de manière considérable depuis 2005, nous savons aujourd'hui que notre force c'est l'indépendance et que pour rester indépendant, il faut d'abord l'être financièrement, ce que nous sommes. Avec mon associé Ary Ouaknine, nous avons férocement envie de prouver qu'un groupe de communication indépendant peut survivre et se développer en France comme à l'étranger (Bic, Marionnaud, ESPN etc...). Il y a de moins en moins d'indépendants sur le marché et nous voulons constituer une alternative.

Pleyx : Est-ce que le discours publicitaire n'agit pas sur le fait que les Français ne croient plus en la politique ?

Je pense que la communication c'est le passeport pour l'action politique. Ce ne sont pas les discours publicitaires qui sont la cause de cette désaffection, mais bien le manque d'action politique et la langue de bois. Le discours « communicant » n'est là que pour annoncer une action et dire ce que l'on va faire. C'est une forme d'engagement et de pacte avec les Français.

Cathy : Qu'est-ce qui selon vous pourrait faire perdre Nicolas Sarkozy ou autrement dit, faire gagner Ségolène Royal ?

D'abord, il faudrait considérer pour répondre à votre question que Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal se retrouveront forcément au second tour. Les deux candidats ont deux stratégies totalement différentes : Nicolas Sarkozy doit conquérir le coeur des Français dans une campagne émotionnelle. Ségolène Royal doit rassurer les Français dans une campagne rationnelle.

Anto : Peut-on aujourd'hui faire de la politique en utilisant les mêmes pratiques médias qu'il y a dix ans ?

Déjà, commençons par un scoop vieux de 15 ans : On ne peut plus faire de communication politique pour les élections présidentielles dans les grands médias français. C'est un scandale. On est passé d'un extrême à un autre, au lieu de régler la problématique des budgets de campagne, nous militons avec un collectif de communicants pour aménager cette loi. Les Français ont besoin de politique, ils souffrent de ne pas avoir assez de politique et on empêche les hommes politiques d'utiliser les médias (en tant qu'annonceurs) pour s'exprimer. Heureusement, le web est aujourd'hui l'arme fatale en communication politique. Car ce média appartient aux internautes, sans filtres, sans journalistes et sans spécialistes. Méfions-nous des manipulations !

Pub3 : En ce qui concerne Internet, que pensez-vous du Web 2.0 ?

C'est une appellation marketing qui définit, comme toujours, malheureusement en marketing, une réalité d'il y a un ou deux ans. C'est vrai que le web passe d'une réalité commerciale virtuelle à une réalité commerciale réelle. Plus rapide, plus sûr, plus interactif, plus dangereux aussi. Aujourd'hui, tout le monde peut être journaliste, réalisateur, producteur, reporter. Grâce au Web, le grand public se réapproprie son opinion. Les Français se sentent en rupture sémantique avec les grands médias.

JJ : Ne souhaiteriez-vous pas proposer à Nicolas Sarkozy de faire un chat ?

Il le fait sur son site Internet. Il répond aux questions des internautes pendant 2 heures, chaque semaine. Il n'a pas peur d'affronter des gens qui ne sont pas d'accord avec lui.

Merci Frank Tapiro. Le mot de la fin ?

Tout devient possible puisque, pour une première, « En Ligne Citoyens » marche bien. Les questions sont très pertinentes. Il y a une vraie demande : les questions ne sont pas toutes faites pour des réponses toutes faites. Maintenant, à moins de cent jours du scrutin, c'est la fin du temps des communicants pour rentrer dans le temps du candidat qui va à la rencontre des citoyens, en direct et en face à face : une rencontre émotionnelle. Celui qui sera le vainqueur sera celui qui remportera le coeur des Français et ce n'est pas celui (ou celle) que l'on croit.

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